217 euros d'économie pour les étudiants : le calcul un brin réducteur d'Emmanuel Macron

Macron : "Les 5 euros d'APL, je les traîne comme un boulet"
Education

Toute L'info sur

À la loupe

À LA LOUPE – Devant les jeunes qui l'interrogaient sur la précarité étudiante, Emmanuel Macron a insisté sur la suppression de la sécurité sociale étudiante, actée depuis la rentrée 2018. A-t-elle pour autant constitué une économie nette de 217 euros ?

Jeudi, Emmanuel Macron s'est rendu à Amiens. Une visite dans sa ville natale durant laquelle il a inauguré l’Université de Picardie Jules-Verne et répondu aux questions de 200 étudiants. Le président de la République en a profité pour s'exprimer sur le sujet délicat de la précarité étudiante, mis en lumière par l'immolation par le feu d'un jeune de 22 ans à Lyon le 8 novembre. 

Interpellé par une jeune femme qui lui a énuméré les hausses multiples qui grèvent la pouvoir d'achat des étudiants, le chef de l'État est intervenu : "Si vous êtes honnête et que vous citez des chiffres, vous devez citer ce qu'il y a en positif", a-t-il rétorqué. "Vous avez dit que l'APL a été baissée de 5 euros, c'est vrai, mais il y a aussi par exemple le coût de la sécurité sociale étudiante qui a été supprimée." 

Emmanuel Macron lui demande alors : "De combien d'euros par an ? De combien ?", insiste-t-il. L'étudiante, prise de court, glisse : "Oui bien sûr, une grosse somme de 230…". Le président s'exprime alors sans son micro et conclut : "Si on dit les chiffres, faut être honnête."

Les étudiants invités à prendre "deux pas de recul"

Au cours de son intervention, le chef de l'État a souhaité que les étudiants prennent "deux pas de recul", et comparent leur situation à celle vécue par leurs homologues d'autres pays. Il a enjoint son auditoire à se montrer "positif". En revenant sur la suppression de la sécurité sociale étudiante, qui représentait une dépense annuelle de 217 euros, il s'est montré ferme : "C’est nettement supérieur à la baisse de cinq euros des APL", a-t-il lancé. 

Les étudiants ont-ils pour autant réalisé une économie égale à ce montant ? Pas tout à fait. Pour y voir plus clair, LCI a pris sa calculatrice et a observé qu'Emmanuel Macron s'est en effet gardé de souligner qu'en marge de cette mesure, le gouvernement a aussi mis en place à la rentrée 2018 une "contribution de vie étudiante et de campus" (CVEC) obligatoire. Son but ? Financer "des projets de vie de campus portés par une liste d’établissements fixée par la loi (les universités, un certain nombre d’écoles, les Crous, etc.)". Une circulaire précise les conditions d'usage de cette contribution, qui doit "exclusivement servir à l’amélioration des conditions de vie des étudiants".

Lire aussi

Pour les étudiants, la CVEC représente une somme annuelle de 90 euros. Un montant réévalué à la rentrée 2019, et qui est désormais de 91 euros. Si l'on fait les calculs, l'abandon de la sécurité sociale étudiante n'a donc pas permis aux étudiants d'économiser 217 euros, mais plutôt 126. Pour celles et ceux qui bénéficient des APL, il convient par ailleurs de retrancher jusqu'à 60 euros (5 euros de baisse multipliée par 12 mois dans le cas où le logement est conservé l'été), soit 66 euros. 

Si les économies réalisées ne sont pas à la hauteur selon les étudiants, il faut néanmoins rappeler qu'en marge de l'instauration de la CVEC, les frais d'inscription à l'université ont baissé à la rentrée 2018, d'une quinzaine d'euros environ. En conclusion, on peut observer une baisse des dépenses pour les étudiants liée aux mesures du gouvernement, même si celle-ci reste moins avantageuse que ne la présente le chef de l'État. 

Vous souhaitez réagir à cet article, nous poser des questions ou nous soumettre une information qui ne vous paraît pas fiable ? N'hésitez pas à nous écrire à l'adresse alaloupe@tf1.fr

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter