Covid-19 : comment réduire de moitié le nombre des étudiants dans les universités ?

Covid-19 : comment réduire de moitié le nombre des étudiants dans les universités ?
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ALERTE MAXIMALE - Dès le mardi 6 octobre, les universités parisiennes devront mettre en place de nouvelles mesures sanitaires. En priorité : réduire de moitié le nombre d'étudiants en présentiel, a annoncé le gouvernement dans ce qui doit faire l'objet d'une directive. Avec quelle traduction concrète ?

Le coronavirus est à ses aises dans les amphithéâtres. Selon les données de Santé publique France, plus d'un tiers des clusters où circule le virus en Île-de-France, ont été recensés dans l'enseignement supérieur. Appuyant le constat, la maire de Paris Anne Hidalgo a parlé d'une situation "catastrophique dans les facs", avec des amphithéâtres bondés ne respectant pas la distanciation physique. Des scènes qu'on ne devrait plus revoir de sitôt. 

Les universités, à l'instar des restaurants, sont concernées par l'alerte maximale à Paris et sa petite couronne. Elles ne sont pas vouées à la fermeture, mais à l'application stricte de mesures sanitaires. A savoir : réduire de moitié le nombre d'étudiants en présentiel, dès mardi 6 octobre.

Du côté des étudiants, la réponse ne s'est pas faite attendre. "Nous sommes étonnés par cette consigne, commente Mélanie Luce, présidente de l'Union nationale des étudiants de France (Unef). En août, le gouvernement voulait déjà qu'un seul siège sur deux soit occupé dans les amphithéâtres. Mais, dès le départ, nous leur avons expliqué que c'était impossible à mettre en oeuvre." La solution est, donc, ailleurs. 

Pour la responsable syndicale, les mesures à prendre au 6 octobre restent floues. "Pour le moment, nous ne savons pas, nous supposons", dit-elle. L'hypothèse la plus probable serait de proposer aux étudiants une présence alternée à l'université. Une semaine en présentiel et une semaine à distance, ou bien, un jour à l'université et un jour au domicile. Les universités Paris 1, Pathéon-Sorbonne, et Paris 3, Sorbonne-Nouvelle, ont déjà mis en place ce système de présence alternée, avec deux groupes par classe scindés par ordre alphabétique. D'autres universités comptent utiliser le numéro des étudiants pour former deux groupes en fonction des nombres pairs et impairs. 

C'est la piste que suggère également la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, sur LCI cet après-midi, en précisant que cela "dépendra des établissements, des formations, qui parfois demandent plus de présentiel que d'autres." Elle tient à rappeler à plusieurs reprises que le "présentiel reste très important."  Du côté de l'Unef, on adresse un petit satisfecit à l'idée : "C'est mieux que le tout-distanciel, mais ce n'est pas la réponse parfaite".

20% des étudiants n'ont pas accès à un ordinateur ou à une connexion Internet stable.- Mélanie Luce, présidente de l'Unef

En effet, cette option pose un problème majeur : celui de la fracture numérique. "20% des étudiants n'ont pas accès à un ordinateur ou à une connexion Internet stable", alerte Mélanie Luce. Qui demande au gouvernement de débloquer des fonds afin qu'une transition vers l'enseignement en ligne puisse se faire de manière rapide et efficace. A quoi la ministre répond que "les personnes en situation de handicap ou de fracture numérique pourront accéder à la totalité des plages horaires", sur LCI.

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Une autre alternative est-elle envisageable ? Là encore, l'Unef réclame des investissements, notamment pour dédoubler les classes et recruter des enseignants dans le but de maintenir la totalité des cours en présentiel. "De nombreux professeurs attendent d'être titularisés, nous n'en manquons pas", souligne la présidente, qui craint qu'en l'absence de recrutements, les universités ne pourront pas "assurer une éducation de qualité" aux futurs étudiants. 

Faute de consignes claires, "tout va reposer sur les établissements et les enseignants qui vont devoir adapter leurs cours dans la précipitation", prévient l'étudiante. Pour Frédérique Vidal, cela va demander, certes, "une organisation à mettre en place d'ici demain" mais c'était "un scénario préparé et anticipé depuis cet été." Elle espère que cette période sera "transitoire" afin qu'elle n'affecte pas durablement les étudiants. Et appelle à leur "responsabilité"

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