Écoles "laboratoire" à Marseille : Macron veut laisser aux directeurs la liberté du choix des enseignants

Emmanuel Macron poursuit sa visite de trois jours à Marseille. Ce jeudi matin, il était dans une école où les enfants lui ont posé beaucoup de questions.

ÉDUCATION - Le chef de l'État a déclaré ce jeudi vouloir tester dans la deuxième ville de France la liberté du choix des enseignants par les directeurs d'école. Une annonce qui a déclenché l'ire des syndicats enseignants.

Sécurité, éducation, économie... En visite pendant trois jours, Emmanuel Macron s'attelle aux différents chantiers afin de redonner un nouveau souffle à la ville de Marseille. Ce jeudi, le chef de l'Etat a annoncé vouloir expérimenter dans 50 écoles "laboratoire" de la cité phocéenne, et ce, dès la rentrée 2022, la liberté du choix des enseignants par les directeurs. 

Le président de la République a insisté sur le fait de "pouvoir d'abord choisir les enseignants, pour être sûr qu'ils sont pleinement motivés, qu'ils adhèrent au projet", en reconnaissant dire "plein de gros mots pour beaucoup de gens". Signe d'un climat déjà tendu, le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, a été sifflé dans la matinée à son arrivée dans un établissement scolaire du XIIIe arrondissement

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Macron à Marseille pour redonner "un souffle" à la ville

Les syndicats d'enseignants en colère

Et du côté des syndicats enseignants, les déclarations d'Emmanuel Macron ne passent pas. "C'est quoi cette histoire ? On a des rats dans les écoles, on n'a pas envie de devenir des rats de laboratoires", a vivement réagi le secrétaire départemental du syndicat d'enseignants Snuipp Sébastien Fournier. Très déçu par ces annonces, cet enseignant marseillais note : "On nous annonce 200 policiers supplémentaires, mais aucun enseignant supplémentaire".  Au niveau national, Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa, a dénoncé des mesures "hors-sol".

"Jamais il n'y a eu de remontées, que ce soit à Marseille ou ailleurs, que nous sommes face à des écoles où les enseignants seraient inadaptés aux projets d'écoles." Selon lui, cette annonce intervient dans "une période où nous discutons, tous les syndicats, avec le ministère sur la question des directeurs d'école, qui a été soulevée durant le Grenelle de l'Éducation (qui a duré trois mois, ndlr)", a insisté Stéphane Crochet. Sur Twitter, le responsable syndical a tenu à rappeler que les enseignants de Marseille étaient "très engagés" malgré de "très mauvaises conditions". 

Pas d'autre territoire où il y a autant de difficultés sur le bâti scolaire- Emmanuel Macron, président de la République

Pour expliquer cette "innovation", le président a développé : "Les parents me disent : 'À tel endroit les profs ne viennent plus', ça arrive parce qu'il y a des gens qui sont fatigués de travailler trop longtemps dans les quartiers difficiles". "On doit permettre à nos enseignants de choisir ces quartiers et les projets pédagogiques qui vont avec, ce n’est pas le cas aujourd’hui", a-t-il déploré.

Mais les syndicats s'attendaient à des annonces sur le bâti, alors que 174 écoles marseillaises, "indignes de la République" selon le maire de gauche Benoît Payan, ont besoin de travaux lourds de rénovation. Il faut dire que l'état des établissements marseillais est régulièrement pointé du doigt. "Certaines sont dans un état pitoyable", reconnaît le recteur de l'académie Aix-Marseille. Sur ce sujet, le président a annoncé "une société avec un pilotage de l'État" pour financer notamment ces travaux, sans préciser le montant que le gouvernement est prêt à mettre, assurant qu'il n'y avait "pas d'autre territoire où il y a autant de difficultés sur le bâti scolaire".

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"Je veux ici qu'on puisse en quelque sorte innover et mettre en place à côté de ces investissements dans les bâtiments, une méthode radicalement nouvelle pour l'éducation de nos enfants", a insisté Emmanuel Macron, estimant que cette école, "elle n'existe pas en France aujourd'hui".

Le président a esquissé des aspects de cette "école du futur", qu'il veut expérimenter à Marseille, évoquant notamment beaucoup d'élèves "qui sont allophones" : "Et bien on doit permettre peut-être d'avoir des aides" ou encore "d'adapter les rythmes scolaires". Il a évoqué son souhait, si cette expérience est concluante, de la généraliser "dans d'autres territoires de la République".

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