3000 classes fermées : une rentrée sous Covid ordinaire ?

La réouverture des écoles est prévue pour le 11 mai.

MISE EN PERSPECTIVE - S'il ne représente que 0,5% des 540.000 classes du pays, le nombre de fermetures liées au Covid a néanmoins été multiplié par 5,5 en moins d'une semaine. Alarmant ou classique... comment interpréter ce bond à lumière des précédentes rentrées ?

Près de six fois plus en six jours. "Un peu plus de 3000" classes sont fermées en France à cause de l'épidémie de Covid-19 a indiqué Jean-Michel Blanquer ce lundi dans Le Parisien, soit onze jours après la rentrée des congés d'été. Mardi 7 septembre, on ne dénombrait que 545 fermetures, avait indiqué le ministre de l'Éducation nationale devant l'Assemblée nationale, en guise de premier état des lieux des contaminations en milieu scolaire.

Toute l'info sur

Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

"Nous nous attendons à ce que cela augmente ces prochains jours puis se stabilise, avant de redescendre, si cela suit la courbe que nous avons eue à chaque retour de vacances", a-t-il par ailleurs souligné dans un entretien accordé au Parisien-Aujourd'hui en France. De fait, à y regarder de plus près, les chiffres relatifs aux précédentes rentrées de l'année écoulée, se révèlent riches d'enseignements. Si une stabilisation, puis une baisse des fermetures, intervient en général entre trois semaines et un mois post-rentrée, chaque retour en classes ne se vaut pas. Que disent les statistiques de cette rentrée par rapport à celle des congés d'été 2020 notamment ? Et des suivantes ? Quid du variant Delta, plus contagieux que les souches précédentes ?

Quel bilan par rapport à la rentrée de septembre 2020 ?

À titre de comparaison, le 16 septembre 2020, soit précisément quinze jours après la rentrée, à un moment où de nombreux spécialistes alertaient déjà sur l'émergence d'une seconde vague, 2100 classes étaient fermées en France en raison de cas de Covid-19. Au total, quatre-vingt-un établissements scolaires sur quelque 60.000 étaient fermés. "Ce sont des chiffres qui restent quand même très limités (...) Quand vous avez 0,13%, c'est quand même une rentrée qui est bonne", "la meilleure possible eu égard à la crise sanitaire", avait alors commenté Jean-Michel Blanquer sur LCI, avant qu'une amélioration s'amorce en effet avec 1 152 fermetures recensées le 25 septembre 2020 et seulement 290 le 2 octobre 2020.

En d'autres termes, alors que moins de deux semaines séparent les dernières statistiques de cette rentrée 2021, près de 1000 classes de plus qu'il y a un an sont fermées. Cette mise en perspective mérite toutefois d'être nuancée puisque, en autres, le protocole n'était pas aussi strict il y a un an et la fermeture de classe moins automatique qu'aujourd'hui. Pour rappel, pour cette rentrée, le ministère a en effet retenu le protocole sanitaire de "niveau 2" (sur 4) qui autorise tous les élèves à être accueillis en présentiel et leur impose le port du masque en intérieur, sauf en maternelle. Un cas de Covid dans une classe en primaire entraîne une fermeture, comme en juin. En cas de contamination au collège ou au lycée, seuls les élèves cas contacts non vaccinés doivent s'isoler une semaine.

... et aux autres ?

Si le bond des fermetures de classes ces derniers jours peut interpeller, il n'a toutefois rien de comparable pour l'instant avec les chiffres relayés le 7 mai dernier au retour des vacances de printemps qui coïncidait avec l'arrivée progressive du variant Delta sur le territoire et en Europe. 4992 classes étaient alors fermées contre 1118 le 30 avril, soit 4,5 fois plus. Cet indicateur n'avait pas arrêté là sa progression puisque 5110 étaient recensées le 21 mai, avant de stabiliser (avec 5115 fermetures recensées le 28 mai) puis d'amorcer sa baisse (avec 2709 fermetures de classes recensées le 11 juin). Le 2 juillet dernier, dernier jour de l'année scolaire 2020-2021, on dénombrait 370 classes fermées, soit 0,07 %, selon les chiffres du ministère de l’Éducation nationale. 

Lire aussi

Au cours de l'année écoulée, d'autres retours de congés scolaires ont permis de confirmer cette tendance à la stabilisation, puis à la baisse dans les trois semaines à un mois post-rentrée. "Moi je constate qu'au retour des vacances de la Toussaint, comme aux vacances de Noël, vous avez une courbe épidémique qui monte dans les dix jours qui suivent", soulignait d'ailleurs dès la fin janvier, sur France 2, Jean-Michel Blanquer distinguant donc la période de congés de celle qui s’ensuit. Selon son analyse, les contaminations alors observées "sont venues du milieu familial, dans la vie sociale, beaucoup plus qu'à l'intérieur de l'école".

Ainsi, plus en détail, le 13 novembre 2020, soit deux semaines après la rentrée, 142 classes sur 528.400 étaient fermées, ce qui représentait quatre fois plus que la semaine précédente. 222 fermetures avaient été recensées le 20 novembre, après trois semaines de classes, avant qu'une baisse s'observe effectivement la semaine suivant (avec 135 fermetures recensées le 27 novembre). Même chronologie au retour des congés de fin d'année lorsque 371 classes étaient recensées le 22 janvier (contre 138 le 15) et 444 le 29 janvier. 

Le variant Delta peut-il changer la donne ?

S'il est acquis depuis le début de la pandémie que les plus jeunes sont moins susceptibles d'être contaminés que les adultes et qu'ils développent le plus souvent des formes légères ou asymptomatiques de la maladie, certaines données, en France et à l'étranger, ont invité cet été à s'interroger de nouveau. Aux États-Unis, les Centres de lutte et de prévention des maladies (CDC) recommandent par exemple désormais le port du masque dès l'âge de 2 ans dans des lieux publics fermés, dont les écoles, comme l'avait déjà fait quelques semaines plus tôt l'Académie américaine de pédiatrie (AAP) face à une augmentation des contaminations attribuée au variant Delta observée chez les enfants. Dans le cadre de nouvelles restrictions visant à endiguer la propagation du virus liée au variant Delta, Israël a de son côté décidé d'élargir le pass sanitaire aux plus de 3 ans. 

Si les statistiques relayées par ces deux pays durant l'été montrent que les enfants ne semblent pas épargnés par cette souche du virus, l’Organisation Mondiale de la Santé a eu l'occasion de préciser que le variant Delta, qui est plus contagieux, entraîne une augmentation importante du taux d’infection dans "tous les groupes d’âge". Cette hausse de l’incidence observée chez les plus jeunes suit en outre la hausse constatée au sein de la population générale, notamment dans les tranches d’âges les moins vaccinées. Ainsi, l’Institut Pasteur a d'ailleurs déjà prédit dans ses dernières études qu’en septembre, "dans un contexte où la majorité des adultes sont vaccinés", les mineurs représenteront 46% des infections, "alors qu’ils ne représentent que 22% de la population." À noter que dans leur scénario, 30% des 12-17 ans auraient reçu le vaccin contre la Covid-19, les enfants de moins de 12 ans n'étant pour l’heure, pas concernés par la vaccination.

Reste à savoir donc, si cette proportion d'infections chez les plus jeunes impactera les fermetures de classes ces prochaines semaines ou si les statistiques des contaminations en milieu scolaire continueront de suivre la tendance jusque-là observée depuis un an.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Le Covid-19 pourrait altérer la matière grise du cerveau même chez les cas bénins

Covid-19 : les tests deviendront payants le 15 octobre seulement pour les non-vaccinés, annonce Jean Castex

Taux d'incidence du Covid-19 : où en est l'épidémie en France ?

Ségolène Royal échoue à se faire élire au Sénat

Les filles de Barbès

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.