Instituteur entièrement tatoué : des règles spécifiques sont-elles appliquées aux enseignants ?

Instituteur entièrement tatoué : des règles spécifiques sont-elles appliquées aux enseignants ?
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ATYPIQUE - Tatoué de la tête aux pieds, un enseignant a accepté de ne plus intervenir auprès d'élèves de maternelle, potentiellement intimidés par son apparence. Pour autant, il n'enfreint à ce jour aucun règlement en vigueur au sein de l'Éducation nationale.

Il est généralement considéré comme l'homme le plus tatoué de France. Surnommé "Freaky Hoody", l'instituteur Sylvain Helaine a témoigné à de multiples reprises ces derniers jours pour évoquer sa frustration. L'inspection académique lui a en effet retiré la charge de classes de maternelle. Une décision prise suite à des plaintes émanant de parents d'élèves. "Qu'on nous laisse faire notre travail tranquillement", plaide-t-il, interrogé par LCI. 

Cette décision a suscité de nombreuses réactions, alors même que le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a déclenché une polémique en invitant les élèves à porter des tenues "républicaines" pour se rendre à l'école.

Pas d'infraction relevée

Si les habits portés par les élèves prêtent à débat, qu'en est-il de l'apparence des enseignants ? Des règles spécifiques sont-elles édictées pour encadrer les tatouages et autres modifications corporelles ? Sollicité par LCI, le ministère de l'Éducation nationale glisse qu'il n'existe aujourd'hui "aucun texte législatif ou réglementaire encadrant spécifiquement la tenue des personnels enseignants ou leur apparence physique".

La seule obligation pour les enseignants, "comme tout un chacun sur son lieu de travail", est de "porter une tenue correcte et adaptée à son activité". Dès lors, "ils ne peuvent pas, en tout état de cause, porter atteinte au bon fonctionnement du service public de l’éducation ou méconnaître leur obligation de neutralité"

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Dans le cas présent de l'enseignant entièrement tatoué, "il semble que ses tatouages ne constituent pas  un manquement à l’obligation de neutralité politique et religieuse", ajoute le ministère. "Un dialogue est instauré entre le rectorat et le professeur et un accord a été trouvé  pour qu’il effectue ses remplacements devant des élèves de primaire et non de maternelle, qui pourraient en être effrayés." Des échanges, précise-t-on, qui ont été gérés "en bonne intelligence".

Si rien ne permet sur le  papier d'imposer à un enseignant de travailler auprès d'une catégorie spécifique d'élèves (en l'occurrence ici des maternelles), le ministère reconnaît que le cas de Sylvain, alias "Freaky Hoody" pouvait poser des problèmes vis-à-vis des plus jeunes enfants. Dès lors, face à rareté de ces situations, il s'agit avant tout "de favoriser le dialogue" et de réagir "au cas par cas". Si ces cas de figure venaient à se multiplier, l'Éducation nationale concède qu'elle "pourrait s'emparer de la question".

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"Tenue républicaine" : pourquoi les propos de Jean-Michel Blanquer font polémique ?

En résumé, rien ne peut en théorie empêcher un enseignant d'arborer de multiples tatouages, y compris lorsqu'il travaille avec de jeunes enfants. Devant le caractère très singulier d'une telle situation, le ministère n'a pas jugé utile de mettre en place des règles spécifiques et indique privilégier le dialogue. Si l'apparence physique n'est donc pas visée par les règlements, il convient cependant d'adopter une tenue adaptée et de n'afficher aucun signe religieux.

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