Grèves : des organisations étudiantes veulent empêcher le maintien des partiels dans plusieurs universités

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Les grèves contre la réforme des retraites d'Emmanuel Macron

GRÈVE - Des étudiants ont bloqué plusieurs universités parisiennes afin de rendre impossible le bon déroulement des partiels. Tandis que les directions d'établissements ne veulent pas changer leur calendrier, les syndicats dénoncent des examens qui défavorisent ceux qui ne peuvent pas se déplacer en raison des grèves.

La lutte contre la réforme des retraites va-t-elle s’exporter jusqu’aux amphis ? Alors que doit débuter une semaine de partiels, des blocages étaient en cours dans plusieurs universités parisiennes, ce lundi 6 janvier. Les syndicats et les étudiants mobilisés ont d'ores et déjà prévu une action mardi afin d'alerter sur les difficultés pour certains d’entre eux de venir passer un examen en ces temps de grève dans la capitale.

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Des conditions d'examen jugées "inacceptables"

Parmi les usagers bloqués à cause du mouvement qui a débuté le 5 décembre à la RATP, certains sont évidemment des étudiants qui tentent de se rendre à des examens. Sur les réseaux sociaux, on témoigne de ce retard, du désespoir face à des gares engorgées mais aussi parfois de courses en VTC s'élevant à 60 euros afin de rejoindre le campus à tout prix. 

Si quatre facultés parisiennes ont choisi de reporter les examens, ce n’est pas le cas d’autres établissements, comme l’Université Paris X. Son président, Jean-François Balaudé, se justifie en se disant "contraint" à cette décision, expliquant qu’il ne pouvait reconduire à nouveau les examens, "sauf à rallonger l’année universitaire". "Nous faisons en sorte d’accompagner au mieux les étudiants dans cette situation", écrit le président de cette université située à Nanterre (92), plaidant une "tolérance pour les retards", une "absence justifiée pour les absents" et des examens ne se terminant pas tard dans la soirée. 

Dans un communiqué, les syndicats étudiants, qui plaident plutôt pour des "DM", comprendre des "devoirs maison", ou des partiels en ligne, n’ont pas tardé à réagir. "Nanterre est l’une des seules universités parisiennes qui maintient ses partiels dans ces conditions", dénoncent six d’entre eux. Une fermeté jugée "inacceptable" car "de nombreux étudiants ne seront pas en mesure de venir sur le campus". 

Ces organisations vont encore plus loin. Tandis qu'elles se mobilisent sur le thème de la précarité estudiantine depuis qu'un jeune s'est immolé à Lyon en novembre dernier, elles imputent même à la direction une volonté de creuser les inégalités entre les étudants. D’après le syndicat Solidaires, seuls ceux vivant à proximité du campus ou ayant les moyens de trouver une "mode de transport alternatif" pourront venir en partiel. Résultat, pour tous les autres, c’est un "rattrapage ou un zéro assuré". "Une tache indélébile dans leurs dossiers."

Quant aux solutions avancées par l’université pour répondre "aux besoins de solidarité", à savoir l’ouverture d’un gymnase "à compter de lundi soir, pour permettre aux étudiant.e.s qui le souhaitent d’y dormir", elles font évidemment polémiques. Décrites par les syndicats comme "aux mieux insuffisantes" - les places étant limitées à une cinquantaine de personnes sur 30.000 inscrits - ils les jugent "méprisantes". 

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Une AG pour reprendre les blocages mardi

La réaction des étudiants ne s’est donc pas faite attendre. Dès ce matin, des partiels étaient "délogés" ou boycottés, par des inscrits qui refusaient de composer. "Une majorité de la salle est sortie et ça a fini par marcher", écrit ainsi l’un d’eux." On comprend que vous n'osez pas vous lever par peur du zéro, mais pensez à vos camarades et levez-vous pour enfin pouvoir passer ces examens dans des conditions décentes !", somme un autre.

Au-delà de cette université française, d’autres se sont mobilisées et des pétitions ont été lancées. Comme à Paris I, où des examens étaient reportés, mais pas pour tous les étudiants : ceux en apprentissage, en formation continue et en seconde année de master. Les entrées de plusieurs sites de Panthéon-Sorbonne étaient donc obstruées par des barricades : celles de la Sorbonne, Michelet, Clignancourt et Malesherbes. 

Une situation qui risque de se détériorer. A Nanterre, après une entrevue avec la présidence, l’Unef, syndicat majoritaire, a estimé que la direction "ne fera aucun effort en plus" pour ceux qui ne peuvent se déplacer. En assemblée générale, la majorité des 300 personnes présentes sur le campus a voté le blocage de l'établissement ce mardi. Une réunion avec les autres facultés de la capitale est prévue cet après-midi. 

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