L'arrêt des fermetures d’écoles n’empêchera pas les fermetures de classes

Education

NUANCE – Emmanuel Macron l’a annoncé jeudi lors de sa conférence de presse, Jean-Michel Blanquer l’a confirmé : si un maire s'y oppose, aucune école primaire ne sera fermée d'ici la fin du quinquennat. Toutefois, cela ne signifie pas que des classes ne pourront pas fermer, a précisé le ministre de l’Education, ce samedi matin sur France Info.

Invité de France Info samedi 27 avril, le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer est revenu sur les annonces faites jeudi par Emmanuel Macron. Et notamment sur une mesure forte qui concerne son périmètre : le ministre de l’Education nationale a ainsi confirmé la promesse du Président de ne plus fermer d’école primaire contre l’avis des maires : "Il n'y aura plus d'école qui ferme sans l'avis favorable du maire", a assuré le locataire de la rue de Grenelle. "Nous ne fermerons pas d'école primaire, c'est la première fois qu'un gouvernement s'engage à faire cela, c'est énorme", a-t-il insisté.

Pour autant, le ministre a apporté une nuance d’importance : "Pour les classes, c'est forcément différent. Personne, aucun ministre de l'Education ne pourrait vous dire qu'il n'y a jamais de fermetures de classes", a-t-il dit, mettant en avant des raisons "d'équité territoriale". "Si vous ne fermez pas une classe parfois, vous créez des inégalités puisque vous avez des gens qui bougent d'un endroit à l'autre", s'est-il justifié, en pointant de "grandes disparités" existantes, avec "14 élèves par classe en Lozère" contre "27 dans certains départements". 

Or, parmi les maires, certains estiment que c’est justement la fermeture des classes le véritable enjeu, plus que la fermeture des écoles, plus rares.

Lire aussi

Le quasi-arrêt des fermetures d'écoles primaires - sauf en cas d'accord du maire - entrera par ailleurs en vigueur "dès la rentrée prochaine", a indiqué Jean-Michel Blanquer. 

L'Education nationale prévoyait initialement de fermer "186 écoles", dont "80 écoles rurales" à l'automne, a-t-il détaillé. Mais après la promesse présidentielle, "même ce 186, nous allons revenir dessus. C'est-à-dire que nous allons, école par école, regarder avec les maires concernés si nous la fermons réellement."

Le ministre a également évoqué les autres promesses éducatives du chef de l'Etat, à savoir limiter à 24 le nombre d'enfants par classe en grande section de maternelle, CP et CE1, et étendre à la grande section de maternelle, dans les quartiers défavorisés, le dédoublement des classes déjà mis en oeuvre au CP et au CE1.

D’après Les Echos, ces mesures nécessiteraient 10.000 postes dédiés, entre créations et redéploiements. Un chiffre que n’a pas confirmé le ministre, qui a reconnu qu’"un minimum de 2.000 créations de postes par an (...) sera nécessaire". Quelque 2.300 postes seront créés dans cette optique "dès la rentrée prochaine", a-t-il déclaré, en expliquant que le ministère est actuellement "dans un travail d'évaluation".

Lire et commenter