La télé, l'entourage et les réseaux sociaux, sources d'information privilégiées chez les élèves français

La télé, l'entourage et les réseaux sociaux, sources d'information privilégiées chez les élèves français
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ÉDUCATION - Quelles sources d'informations les élèves français utilisent-ils le plus ? En laquelle ont-ils le plus confiance ? Dans sa dernière enquête publiée ce jeudi, le Conseil national d'évaluation du système scolaire (Cnesco) s'intéresse à la manière dont les élèves de 3e et de terminale s'informent.

Alors que la lutte contre les infox est de plus en plus prise au sérieux, le Conseil national d'évaluation du système scolaire (Cnesco) publie une enquête sur les jeunes et les médias intitulée "Education aux médias et à l'actualité : comment les élèves s'informent-ils ?" Selon le Cnesco, "l’accès à l’information est un préalable indispensable à la construction d’une opinion et à la compréhension des conséquences d’un choix politique pour les jeunes", et "la capacité des jeunes à agir en tant que citoyens informés dépend de leur capacité à maîtriser les différents médias". Voilà pourquoi le sujet est important. 


Dès la classe de 3e, 54% des élèves déclarent s’informer sur l’actualité. Ils sont 68% en terminale. Ils s'informent majoritairement sur l'actualité politique, économique et sociale française. Parmi les élèves déclarant s’informer sur l’actualité, les trois principales sources d’information sont : la télévision (92% des 3e et 89% des terminales), l’entourage (83% des 3e et 90% des terminales) et les réseaux sociaux (71% des 3e, 84% des terminales). Le rôle de l'entourage est prépondérant, il est même la première source d’information des élèves de terminale. La télévision est le seul média "classique" à résister aux "nouvelles" sources d’information. Elle est la principale source des élèves de 3e s’intéressant à l’actualité.


L'enquête révèle que les journaux papier (31% en 3e, 36% en terminale) et la radio (50% en 3e, 53% en terminale) sont moins utilisés par les jeunes. Et l’usage de ces médias ne progresse pas entre la 3e et la terminale, contrairement aux réseaux sociaux et aux journaux en ligne (43% en 3e, 66% en terminale). Les élèves ont une approche multi-usage des médias car 29% des élèves de 3e déclarent utiliser quatre médias ou plus, et 43% en terminale.

L'entourage : source d'information en laquelle les élèves ont le plus confiance

Parmi ces médias, en lesquels les jeunes ont-ils le plus confiance ? Si l’entourage est l’une des premières sources d’information, c'est également celle dans laquelle les élèves ont le plus confiance (82% en 3e, 77% en terminale). "La confiance dans les sources d’information médiatiques est plus faible que dans les informations véhiculées par l’entourage" constatent les auteurs de l'étude. Mais les médias traditionnels recueillent quand même une forte confiance : 71% des élèves ont foi en les journaux papier, 69 et 67% en la radio, alors qu’il s’agit de médias qu’ils utilisent peu. Seuls environ un quart des jeunes font confiance aux réseaux sociaux (27% en 3e et 24% en terminale, alors qu’il s’agit de leur 3e source d’information) et un tiers aux vidéos en ligne (36% en 3e, 30% en terminale). Ils ont en revanche tendance à faire confiance aux journaux en ligne (51% en 3e, 62% en terminale). Toutefois, les élèves sont peu nombreux à déclarer faire totalement confiance à un média : quelle que soit la source d’information médiatique, moins d’un élève sur cinq déclare lui faire "tout à fait confiance".

Le poids de l'origine sociale

L'enquête du Cnesco révèle également le poids de l’origine sociale dans l’intérêt que portent les élèves à l’actualité, mais aussi dans les usages et dans la confiance qu'ils accordent aux différentes sources d’information. Tout d'abord en 3e, 67% des élèves favorisés s’informent sur l’actualité, contre 46% des élèves défavorisés. En terminale, ces chiffres passent de 78% à 59%. Le rôle des parents dans l’intérêt à l’actualité a un rôle primordial puisque les élèves déclarant que leurs parents ne s’intéressent pas à l’actualité sont moins nombreux à s’informer eux-mêmes (en 3e, 26% contre 61% lorsque les parents s’y intéressent ; en terminale 42% contre 73%).


Des différences apparaissent également dans les choix des sources d’informations. "Parmi celles et ceux qui s’informent sur l’actualité, les élèves favorisés écoutent plus souvent la radio et s’informent moins via les réseaux sociaux que leurs camarades d’origine défavorisée" lit-on dans le rapport. Les élèves favorisés disent avoir davantage confiance dans les médias traditionnels comme la télévision, la radio et les journaux papier, quand les élèves défavorisés font plus confiance aux réseaux sociaux. Les auteurs constatent également que "les élèves scolarisés dans les collèges classés en éducation prioritaire, établissements socialement plus défavorisés, se caractérisent par un plus faible intérêt pour l’actualité, une plus faible confiance dans les médias traditionnels et une plus forte confiance envers les nouvelles sources d’information".

Une éducation aux médias trop absente des programmes scolaires

Enfin, le Cnesco relève des manquements dans l'éducation aux médias. Alors que l’éducation aux médias est inscrite dans les programmes d’Education morale et civique (EMC) depuis 2015, selon cette enquête les médias restent peu abordés au collège et au lycée. 52% des élèves de 3e déclarent que le sujet des médias a été abordé en EMC au cours de leurs années au collège, et 56% des lycéens. "La construction globale des cours d’EMC, même si elle ne semble pas toujours passer par l’éducation aux médias, permet tout de même, d’après les élèves, d’avoir une meilleure approche de l’actualité. Ainsi, 82% des élèves de 3e considèrent que ces cours permettent de mieux comprendre certains sujets politiques et sociaux d’actualité. Ils sont moins nombreux en terminale (70%)." Si l’actualité politique est moins débattue, les élèves considèrent que l’école leur a permis de s’intéresser à ce que se passe dans d’autres pays (76% en 3e et 75% en terminale) et dans une moindre mesure aux problèmes politiques et sociaux (59% en 3e, 62% en terminale).

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