Le Parlement réfléchit à l'amélioration de la situation des directeurs d'école

Le Parlement réfléchit à l'amélioration de la situation des directeurs d'école
Education

ECOLE - Pour améliorer le quotidien des directeurs d'école, le Parlement examine une proposition de loi LaREM visant à leur faciliter la tâche et leur déléguer plus de pouvoir.

Pour améliorer le quotidien des directeurs d'école et mieux définir leurs fonctions, le groupe La République en marche a déposé une proposition de loi à l'Assemblée nationale. Discutée dans la nuit de mercredi à jeudi, elle a été adoptée en première lecture par 55 voix contre 6 et 11 abstentions.

Son étude intervient trois jours après la reprise des cours obligatoire à l'école, où ces enseignants aux nombreuses responsabilités ont été en première ligne. Sur les bancs de l'Assemblée nationale, les députés ont également rappelé le suicide à l'automne dernier de Christine Renon, en Seine-Saint-Denis. Elle avait expliqué son geste en raison de son "épuisement", sa "solitude" dans la fonction.

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"Nous leur devons dans la loi la reconnaissance des spécificités de leurs missions et (...) dans la pratique l'amélioration de leurs conditions d'exercice", a déclaré le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, en voyant dans la proposition de loi "une première pierre". Il a mis en avant la nécessité de "recentrer" leurs missions sur "leur cœur de métier", via un réexamen du "régime des décharges" des heures d'enseignement, d'accroître leur autonomie et encore de "renforcer l'accompagnement humain" via ce texte "mais aussi au travers de mesures administratives" pour la rentrée prochaine.

"Pas un enseignant comme les autres"

Le texte prévoit notamment que les directeurs disposent d’un "emploi de direction" et bénéficient "d’une délégation de compétences de l’autorité académique pour le bon fonctionnement de l’école". Il s'agit de reconnaître qu'un directeur n'est "pas un enseignant comme les autres", selon la rapporteure Cécile Rilhac. Mais pas de créer de statut dédié, dont ne veut pas la profession, attachée au collectif de l'école, a-t-elle assuré, ni d'instaurer "un lien hiérarchique" avec ses collègues enseignants.

La version initiale du texte prévoyait un seuil au-delà de huit classes où la "décharge" des heures d'enseignement devait être totale, ce seuil a été retiré dans l'hémicycle au motif qu'il risquait d'être "inconstitutionnel", le sujet étant renvoyé à un décret. Jean-Michel Blanquer s'est aussi engagé à un "allègement" des charges administratives. Via un amendement, il a prévu qu'Etat et collectivités puissent fournir une "assistance administrative et matérielle", un "signal", selon le ministre, mais dénoncé comme "flou" dans l'opposition.

En effet, si le texte a reçu l'appui des LaREM, MoDem, Agir et Ecologie, démocratie, solidarité (EDS), les autres groupes se sont abstenus, mettant en doute son efficacité. Il "ne sert pas à grand chose" a tranché Valérie Bazin-Malgras (LR) car "tout relève du réglementaire". Sylvie Tolmont (PS) a fait part d'un sentiment "vertigineux" à voir un texte de la majorité subir le même sort que ceux de l'opposition en étant "vidé de sa substance". "Il ne reste rien" a aussi déploré Elsa Faucillon (PCF) tandis que Michel Larive a raillé "un hara kiri de la majorité sur son propre texte" qui porte la volonté, selon lui, de créer "des managers d'école".

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