Les étudiants s'infectent-ils réellement dans des soirées ?

Les étudiants s'infectent-ils réellement dans des soirées ?
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VIE ÉTUDIANTE – Le ministère de l'Enseignement supérieur de la recherche et de l'innovation a appelé ce dimanche les étudiants à être "responsables", accusant notamment les soirées étudiantes d'être au cœur de la propagation du Covid-19, sans toutefois pouvoir en préciser le poids.

Alors que le coronavirus s'invite sur les campus, avec "une dizaine" de foyers relevé dans les universités, Frédérique Vidal a appelé ce dimanche 13 septembre à la "responsabilité de chacun" afin de limiter la propagation de la maladie. Une phrase qui fait bondir certains professeurs et élèves, qui pointent quant à eux du doigt le manque de préparation de l'enseignement supérieur. 

De nombreux foyers dans des soirées étudiantes

Dans son communiqué, le ministère de l'Enseignement supérieur fait en effet le lien entre cette dizaine de foyers recensés et  "les dernières données" qui "confirment que la multiplication de nouvelles contaminations est majoritairement liée à des rassemblements privés", citant en autres des "soirées étudiantes" ou la "privatisation de bars". Pourtant, selon Santé publique France, seuls 15% des foyers épidémiques en France ont été détectés dans des "événements publics ou privés",  on est donc loin d'une majorité. S'agit-il donc de chiffres propres aux contaminations dans les universités? Interrogée par LCI.fr, Santé publique France n'a pas été en mesure de nous confirmer cette information. Le ministère concerné n'a quant à lui pas su nous donner l'origine de ces données, nous renvoyant simplement aux informations diffusées dans les médias locaux. 

Et de fait, de Strasbourg à Amiens en passant par Toulouse, la presse quotidienne régionale se fait l'écho de nombreux cas de foyers détectés dans des établissements obligés de fermer leur portes. C'est par exemple le cas à Montpellier, où un quart des étudiants en deuxième année de médecine ont été contaminés. Interrogé par LCI, le doyen de la faculté indique qu'il s'agit de "contaminations en dehors des cours". "On parle d'une soirée dans le centre de la ville, où étaient réunis 90 étudiants", a ainsi précisé Michel Mondain. Même ton du côté de Toulouse, où une école a basculé "l'intégralité de ses enseignements à distance" à compter de ce mardi pour une durée de deux semaines. En cause, selon un communiqué de l'INSA, "des négligences de gestes barrière en dehors du contexte des études".

Du côté des Agences régionale de santé (ARS) aussi on s'inquiète de ces retrouvailles festives. A Nantes, neuf cas positifs ont été trouvés "sur une centaine d'étudiants concernés par des soirées d'intégration qui ont eu lieu entre le 24 et 27 août" dans des bars de la ville, comme l'affirme l'ARS des Pays de la Loire. Ceux ayant participé à ces rassemblements privés vont donc devoir se mettre en quatorzaine, selon les propos rapportés par 20 Minutes. Idem du coté de l'ARS Bretagne, qui fait état auprès de LCI de "54 cas confirmés au total" sur les campus de la région précisant que "les enquêtes sanitaires concluent que ces contaminations ont eu lieu notamment lors de soirées dans des débits de boissons". Encore une fois, l'agence sanitaire donne une tendance sans préciser de données chiffrées. 

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Il semble donc que, sur les récents foyers détectés en lien avec la vie estudiantine, une bonne partie soit liée à des événements extérieurs, sans toutefois qu'on puisse en déduire qu'il s'agit d'une "majorité". Reste que, comme le résume l'école d'ingénieure Télécom Physique Strasbourg auprès des Dernières Nouvelles d'Alsace, avec une rentrée qui vient d'avoir lieu, il est normal de privilégier la thèse de "contaminations antérieures" à la reprise des cours. En attendant, si le protocole sanitaire du ministère prévoit, "dans la mesure du possible", le maintien d'une distanciation physique d'un mètre ou d'un siège d'écart, les amphis restent, comme chaque rentrée, bondés. 

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