Les lycéens doivent choisir leurs spécialités, on vous explique tout sur la réforme du bac

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BAC POWER - Il en a fait du chemin depuis sa création en 1808, et ce n'est pas fini, le baccalauréat va connaître d'importantes modifications en 2021. Les élèves de seconde s'y préparent déjà avec le choix d'un programme "à la carte" et la fin des filières. Retour sur cette réforme qui s'étale sur trois ans.

Certains Français en sont restés aux bac A, B, C, D... et n'ont jamais réussi à retenir les filières actuelles (L, ES, S pour la filière générale). Mais voilà que déjà on passe à une nouvelle formule. Bien plus simple à retenir, il faut le reconnaître  : la fin des filières pour la voie générale ! Un bac commun pour tous les lycéens ? Non, bien sûr. 

Les élèves suivront un socle commun et pourront choisir en plus des spécialités selon leurs goûts et leurs envies. Pour la filière technologique, les filières existeront encore. Cette réforme du baccalauréat sera effective en 2021 et concerne donc les élèves qui sont actuellement en seconde générale. Pour eux, tout l'enseignement au lycée évolue, ils devront choisir d'ici le mois prochain leurs matières pour l'année prochaine. Pour la voie technologique, les filières demeurent mais l'organisation des cours sera également modifiée.

Autre changement : l'examen en lui-même. En plus du fond, la forme : le bac ne reposera plus que sur les seuls examens de fin d'année. Un contrôle continu sera mis en place et une nouvelle épreuve vient s'ajouter : le grand oral. LCI vous explique de quoi il en retourne.

Pas de filières, mais des "spécialités" à choisir

Le ministre de l'Éducation Nationale reprochait à l'ancien système d'instaurer des "cloisons" avec son système de filières. Avec sa réforme du bac, Jean-Michel Blanquer souhaite donner plus de liberté aux lycéens. "Jusqu'à maintenant, on s’enfermait dans un couloir à la fin de la classe de seconde",  a-t-il expliqué à des élèves concernés. "On choisissait en voie générale S, ES, ou L et parfois, on se trouvait après dans des situations où on vous disait, ‘vous n’avez pas fait S, donc vous ne pourrez pas réussir vos études’. Parfois on ne le disait pas, d’ailleurs, mais à la fin on avait de l’échec dans les études supérieures parce qu’on n’avait pas fait les bons choix entre les trois possibilités." Actuellement, 61% des étudiants échouent en licence, selon le ministère. "Ce que l’on veut avec cette nouvelle formule, c’est qu’il y ait plus de choix pour les lycéens", poursuit Michel Blanquer.

Cette nouvelle liberté n'empêche pas cependant l'existence d'un tronc commun, des cours que tous les élèves devront suivre sans exception. 

Un enseignement commun à tous les lycéens de France

Sept matières resteront obligatoires  :

- le français (en Première) / 4 heures

- l'histoire-géographie / 3 heures

- l'enseignement moral et civique / 30 min

- Deux langues vivantes / 4h30 en Première et 4h en terminale

- le sport / 2 heures

- la philosophie (en terminale seulement) / 4 heures

- l'enseignement scientifique (pour la voie générale) / 2 heures

Le ministère y inclut en plus des matières classiques, l'enseignement du code, de l'intelligence artificielle, de la bioéthique et des grands enjeux environnementaux.

- les mathématiques (pour la voie technologique)

Des spécialités à choisir parmi douze matières

En plus de ce tronc commun, les élèves devront choisir trois matières supplémentaires pour leur année de Première. Ils n'en garderont que deux en Terminale. Il existe douze spécialités dans lesquelles "piocher" :

- Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques

Cette spécialité propose des clés de compréhension du monde contemporain.

- Humanités, littérature et philosophie

Avec cet enseignement, les élèves étudieront la littérature et la philosophie de l'Antiquité à nos jours.

- Langues, littératures et cultures étrangères

Ici, les élèves qui le souhaitent pourront développer leur maîtrise d'une langue vivante.

- Littérature, langues et cultures de l’Antiquité

Plongée cette fois dans le monde des langues mortes, avec l'apprentissage de la langue et des civilisations grecque et romaine.

- Mathématiques

Pour aller plus loin autour des thèmes suivants :  Algèbre, Analyse, Géométrie, Probabilités et statistique et Algorithmique et programmation. 

- Numérique et sciences informatiques

De l'histoire de l'informatique au langage et à la programmation.

- Sciences et Vie de la Terre

Cette enseignement propose "une meilleure compréhension du fonctionnement de son organisme, une approche réfléchie des enjeux de santé publique et une réflexion éthique et civique sur la société et l’environnement", détaille le ministère.

- Sciences de l’ingénieur

Une spécialité pour découvrir la mécanique, l'électricité, l'informatique et le numérique.

- Sciences économiques et sociales

Au programme : sociologie, économie et science politique pour mieux appréhender les enjeux des sociétés contemporaines.

- Physique chimie

Pour ceux à qui les expériences scientifiques sur la paillasse manqueraient.

- Arts

Cette spécialité concerne différentes sous-spécialités disponibles selon les établissements : histoire des arts, théâtre, musique, danse, arts plastiques, arts du spectacle ou cinéma-audiovisuel.

- Biologie écologie (uniquement dans les lycées agricoles) 

En vidéo

Réforme du Bac : les lycéens doivent choisir leurs spécialités

Comment choisir parmi tout ça ? Il faut "suivre la pente de son désir", répond Jean-Michel Blanquer, à l'initiative de ce projet. Conscient que la majorité des élèves ne sait pas encore, en Seconde, ce qu'il voudra faire plus tard, il assure que des modifications seront possibles. "Il est normal à l’âge du lycée qu’on puisse faire des essais, qu’on fuisse aussi faire des erreurs, changer d’avis". Pour aider les élèves, 54 heures seront dédiées chaque année à l'orientation et à l'accompagnement.

Pour ceux qui ont, à l'inverse, "des idées très claires sur le métier, les études", qu'il veulent faire, autant se renseigner sur les pré-requis et adapter ses spécialités pour se donner toutes les chances de réussir dans le supérieur.

Un choix plus limité qu'il ne le parait

Déjà, de nombreuses voix s'élèvent contre ce système. Ils lui opposent la réalité du terrain : tous les lycées ne sont pas en capacité de proposer ces 12 spécialités ou plutôt 11, "biologie écologie" n'étant disponible que dans les lycées agricoles. Les arts, la géopolitique ou encore le numérique ne seront pas disponibles partout. Les élèves se retrouveront face à des inégalités géographiques, seuls 7 matières seront assurées partout. 

A Ribérac, en Dordogne, les lycéens regrettent par exemple que la spécialité "Arts" ne soit pas disponible. Pour suivre cette spécialité, il faudra faire une heure de route. "Sans un maximum de spécialités, on va perdre en rayonnement", regrette au micro de TF1 Denis Ferrand, un des enseignants. Il craint que de nombreux élèves n'aillent voir ailleurs, et se rapprochent des grandes villes pour avoir un plus large choix.

L'arrivée du contrôle continu

Si l'enseignement au lycée va singulièrement changer, l'examen du bac aussi. Pour la première fois, il ne reposera pas uniquement sur le fameux examen final. 

40% de contrôle continu

Le contrôle continu comptera à hauteur de 40% dans la note finale du baccalauréat. Mais pour assurer l'anonymat des élèves et assurer une égalité entre les différences de notation entre établissements, ce contrôle continu sera réalisé sous la forme d'épreuves communes : deux en Première et une en Terminale. Les sujets seront choisis dans une base nationale et ces devoirs surveillés, corrigés par d'autres professeurs. Seront évalués : tous les cours communs, plus une des spécialités choisies.

Les bulletins scolaires ne compteront de leur côté que pour 10% de la note finale.

60% pour les épreuves terminales, dont un Grand oral

Comme c'est le cas actuellement, les lycéens passeront le bac français en fin de Première. Une épreuve écrite et une épreuve orale sont programmées. Il s'agit du seul examen à passer cette année-là.

Les autres épreuves se dérouleront en fin de Terminale. Là aussi moins d'épreuves : celle de philosophie est maintenue fin juin. À cela s'ajoutent deux examens écrits sur les deux spécialités choisies, au printemps. Les examens sont ainsi limités et étalés dans le temps. But affiché : créer moins de stress.

Mais c'est surtout l'instauration d'une toute nouvelle épreuve qui est la cause de tensions dans les rangs des lycéens : le Grand oral, autrement dit un oral de 20 minutes consacré à la présentation d’un projet préparé en Première et Terminale. Dans un premier temps, les élèves présenteront leur projet puis échangeront avec le jury. Une sorte de TPE ++ .

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