N'y a-t-il vraiment aucune "explosion de la contagion" dans les écoles comme l'assure Blanquer ?

LES VERIFICATEURS : de plus en plus de classes fermées ?

SCOLARITÉ - Si les contaminations dans les écoles inquiètent, le ministre de l'Éducation nationale assure que la France n'observe pas "une situation d'explosion de la contagion", dans ce milieu. Qu'en est-il réellement ?

Pas de raison de s'affoler, répète Jean-Michel Blanquer. Si les médias se font l'écho de chaque fermeture de classe ou d'établissement scolaire, le ministre de l'Éducation l'assure : les chiffres sont "faibles". "Il y a une trentaine d'écoles qui sont fermées, et une centaine de classes", a ainsi rappelé le ministre de l'Éducation nationale mardi 19 janvier. Rien d'anormal à ses yeux : "On n'est pas dans une situation d'explosion de la contagion", a-t-il martelé sur Franceinfo ce matin.

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Le ministre s'appuie sur "deux courbes"

Pour son argumentaire, le ministre n'a pas fait l'erreur commise à la rentrée. Il a lui-même indiqué s'appuyer sur "deux courbes" de référence. D'une part, celle des "cas déclarés" à l'Éducation nationale, mise en ligne sur le site du ministère, qui est "forcément sous-estimée", comme nous vous l'expliquions ici en novembre dernier. D'autre part, celle de Santé publique France, qui est "un peu plus surestimée puisqu'elle concerne la tranche des 0 à 20 ans". Or, "ces deux courbes sont parallèles" et ne seraient pas si alarmantes.

S'il a précisé sa méthodologie, le ministre n'a pas explicité l'indice qu'il prenait en référence. Alors, prenons en premier le taux de positivité. Il est indéniablement plus fort chez les plus jeunes que sur l'ensemble de la population. En forte hausse depuis la rentrée scolaire, il tourne désormais autour de 10%, selon les chiffres communiqués par Santé publique France via son site Géodes. Or, ce chiffre chute à 6,4% en population générale. Mais ce phénomène est difficilement imputable à la rentrée scolaire de janvier étant donné qu'il n'est pas un bon indicateur chez les enfants. De fait, on teste très peu ce public quand il est asymptomatique. Un biais que la campagne de dépistage voulue par Olivier Véran pourrait amener à changer

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Que nous dit alors le taux d'incidence ? En prenant cet indicateur, la situation sanitaire dans les écoles est au contraire moins alarmante qu'en population générale. Toujours selon les chiffres de l'agence sanitaire, la première semaine de janvier, ce taux était de 184,1 pour 100.000 habitants chez les enfants âgés de 10 à 19 ans et de 50 chez les 0 à 14 ans. La moyenne nationale s'établit, elle, à 188,2 pour 100.000 habitants. Toutefois, dans son dernier bulletin épidémiologique daté du 14 janvier, Santé publique France notait que "la  hausse la plus marquée" de cet indicateur "était observée chez les 0-14 ans". Dans le détail, parmi les plus jeunes, les taux d'incidence étaient de +47% chez les 0-9 ans et +46% chez les 10-19 ans, précise l'agence. À titre de comparaison, cette augmentation est limitée à 27% chez les  45-64 ans.

Pas de hausse par rapport à la Toussaint

Cette croissance traduit-elle nécessairement une "explosion" ? Pour être plus précis, Jean-Michel Blanquer a argué que la courbe qu'il observait aujourd'hui était similaire à celle du retour des vacances de la Toussaint. Et ici, les choses sont claires : la situation est comparable à - voire meilleure que - celle de cet automne. Le taux d'incidence reste ainsi bien en deçà de celui observé en semaine 45, du 2 au 8 novembre. À l'époque, il était de 114,1 chez les enfants âgés de moins de neuf ans et de 438,1 pour ceux de 10 à 19 ans. 

Les chiffres de l'Éducation nationale témoigne du même phénomène. En cette deuxième semaine de cours, 22 structures scolaires et 138 classes ne donnaient plus de cours. Au même moment à l'automne, 21 établissements et 142 classes scolaires fermaient. 

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Reste que l'heure est à la vigilance tant on manque de données sur les contaminations et sur le rôle des nouveaux variants dans le milieu scolaire. De plus, les derniers chiffes de Santé publique France ne font pas encore état de la réalité du terrain. Avec une durée d'incubation de trois à cinq jours en moyenne et des tests dont le résultat sont rendus publics dans un délai de trois jours, un enfant infecté à la rentrée ne sera comptabilisé par Santé publique France que dans son prochain bulletin épidémiologique. De l'aveu même du ministre, les contaminations "risquent d'augmenter un petit peu ces prochains jours".

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