Plus de fermetures d'écoles sans accord du maire : les élus ruraux pas rassurés par les annonces de Macron et Blanquer

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EDUCATION NATIONALE - Le ministre de l'Education nationale a nuancé samedi 27 avril la promesse d'Emmanuel Macron. S'il n'y aura plus de fermetures d'écoles primaires contre l'avis des maires, des classes pourraient continuer à fermer en fonction des besoins, tandis que des dédoublements de classes vont être instaurés en grande section de maternelle dans les quartiers défavorisés. De quoi inquiéter les maires ruraux de France.

Pour le vice-président des maires ruraux de France, c'est une "entourloupe" et il se dit "inquiet". De quoi ? Samedi 27 avril sur France Info, Jean-Michel Blanquer a annoncé qu'il tiendrait la promesse d'Emmanuel Macron : les écoles primaires ne seraient plus fermées contre l'avis des maires mais la fermeture de certaines classes en fonction des besoins va se poursuivre. "Il n'y aura plus d'école qui ferme sans l'avis favorable du maire", a martelé l'ancien recteur sur France Info. "Nous ne fermerons pas d'école primaire, c'est la première fois qu'un gouvernement s'engage à faire cela, c'est énorme", a-t-il dit. 

"Pour les classes c'est forcément différent. Personne, aucun ministre de l'Education ne pourrait vous dire qu'il n'y a jamais de fermetures de classes", et ce pour des raisons "d'équité territoriale", a-t-il précisé. Une nuance de taille qui a inquiété Dominique Dhumeaux, vice-président des maires ruraux de France. Pour lui, le véritable enjeu ne réside pas dans la fermeture des écoles, assez rare, mais celle des classes. Et surtout, la mesure sur le dédoublement des classes en grande sections de maternelle, dans les quartiers défavorisés.

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Des mesures qui suscitent l'inquiétude dans les régions rurales

"Que le maire doive donner son accord pour la fermeture d'une école, c'est déjà d'actualité. Il n'y a rien de nouveau", rappelle Dominique Dhumeaux au micro d'Europe 1 qui indique être "inquiet". Ce qui l'inquiète, c'est l'extension du dédoublement des classes de la grande section de maternelle dans les quartiers défavorisés. Le dédoublement des classes déjà mis en oeuvre au CP et au CE1. Des mesures qui, d'après le journal Les Echos, nécessiteraient 10.000 postes dédiés, entre créations et redéploiements.

Et Dominique Dhumeaux d'expliquer que ses craintes dans le fait que, pour poursuivre cette politique, l'Education nationale se trouve dans l'obligation d'aller chercher les enseignants dans les zones rurales : "Dans le département de la Sarthe, nous avons depuis trois ou quatre ans un nombre important de fermeture de classes en milieu rural, pour la simple et bonne raison que le directeur académique doit trouver des postes pour les dédoublements de CP et CE1 qui sont en zones prioritaires". "Alors quand j'entends le ministre dire que le dédoublement va se poursuivre en grande section, je me dis qu'on va encore devoir souffrir, et subir des fermetures de classes. Forcément, je suis inquiet", dit-il. 

Pour Jean-Michel Blanquer, "un minimum de 2.000 créations de postes par an (...) sera nécessaire" et "2.300" postes seront créés dans cette optique "dès la rentrée prochaine". Le ministère est actuellement "dans un travail d'évaluation" a-t-il expliqué, sans confirmer le chiffre des Echos. 

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