Précarité étudiante : Frédérique Vidal annonce le gel des droits d'inscription à l'université

Précarité étudiante : Frédérique Vidal annonce le gel des droits d'inscription à l'université

EDUCATION - La ministre de l'Enseignement supérieur a annoncé ce mercredi que les droits d'inscription à l'université seraient gelés à la rentrée prochaine afin d'aider les jeunes qui s'appauvrissent avec la crise sanitaire.

Dans le classement des grands perdants de la crise sanitaire, les étudiants sont bien placés. Pour y parer partiellement, la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé mercredi 10 mars que les droits d'inscription à l'université seraient gelés à la rentrée de septembre 2021. "Normalement? ils augmentent avec l'inflation", mais "nous allons les geler pour la deuxième année consécutive", a déclaré Frédérique Vidal sur Europe 1.

 À travers cette initiative, le gouvernement souhaite aider les étudiants à faire face à la précarité. Selon une enquête de la Fage, premier syndicat étudiant, commandée auprès de l'institut Ipsos à l’issue du confinement, 74% des jeunes interrogés ont estimé avoir rencontré des difficultés financières. Un tiers d’entre eux auraient même dû renoncer à des soins pour cette raison.

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Depuis le début de la crise sanitaire, les étudiants ont payé un lourd tribut. Alors qu'ils ont perdu leurs petits boulots (souvent dans la restauration ou le secteur du tourisme) les jeunes peinent à joindre les deux bouts.  "Nous voulons donner le plus de visibilité possible aux étudiants", assure la ministre au micro de Europe 1. Les loyers des résidences universitaires dans les Crous resteront également les mêmes, a-t-elle aussi indiqué, expliquant qu'il n'était pas certain que les jeunes puissent retrouver normalement des petits emplois cet été pour financer leurs études. 

La ministre en a profité pour rappeler d'autres mesures de soutien auxquelles peuvent se raccrocher les étudiants. Par exemple, la revalorisation des bourses sur critères sociaux et les aides financières du Crous pouvant être demandées par l'ensemble des étudiants. "Beaucoup de gens pensent que le Crous est réservé aux boursiers. Ce n'est pas le cas", souligne Frédérique Vidal. Si la question financière est primordiale, elle s'ajoute aux difficultés psychologiques rencontrées par les étudiants en faculté.

Vers une reprise plus forte "en présentiel"

Pendant la crise sanitaire, presque trois jeunes sur dix ont été traversé par des pensées suicidaires ou ont songé à se blesser, rapporte une étude réalisée en novembre par Ipsos et la fondation FondaMental. Parmi les réclamations des étudiants pour aller mieux : leur retour sur les bancs des amphithéâtres. En effet, la plupart des jeunes souffrent de l'isolement dû aux cours à distance. À ce sujet, la ministre a déclaré travailler à une reprise plus forte "en présentiel" à l'université. Actuellement, les étudiants peuvent retourner en cours une fois par semaine. "On a bon espoir" de pouvoir augmenter encore la jauge, a-t-elle dit sans fixer d'horizon.

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Alors que les étudiants rencontrent des difficultés, la situation sanitaire reste préoccupante sur le territoire. En effet, le nombre de malades du Covid-19 en réanimation est à son plus haut depuis le mois novembre et la proportion de jeunes patients atteints d'une forme grave du Covid-19 augmente dans les hôpitaux. Depuis janvier, le nombre de lits occupés par des malades de 20 à 34 ans a plus que doublé. "Il faut qu'on suive la situation sanitaire, qu'on atteigne un taux de vaccination des personnes les plus fragiles" pour "que nos hôpitaux ne soient plus engorgés", a précisé Frédérique Vidal. "C'est pour être prêt dès que possible que nous commençons à travailler en amont".

Interrogée par ailleurs sur la polémique à Sciences Po Grenoble, où le principal syndicat, l'Union syndicale de l'Institut d'études politiques (IEP), a exigé mardi des sanctions à l'encontre de deux professeurs qu'il soupçonne d'islamophobie, Frédérique Vidal a jugé "intolérable que nous vivions cette violence à l'université". La ministre a fustigé l'attitude du syndicat et affirmé "condamner les faits très fortement" soit "tous les faits qui conduisent à afficher des noms, donner en pâture sur les réseaux sociaux des enseignants".

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