Rentrée mitigée pour les élèves des écoles publiques de Provins, invités à adopter l'uniforme

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OLD SCHOOL ? - Ce lundi 5 novembre, les élèves des écoles publiques de la ville de Provins étaient invités à se présenter en classe vêtus d'un uniforme. Mais la mesure, non-obligatoire, n'a convaincu qu'une poignée de parents.

Devant les écoles de Provins ce lundi 5 novembre, peu d'élèves des écoles publiques portaient un uniforme. Approuvé lors d'un vote de parents d'élèves en juin à 62%, le port de l'uniforme a été mis en place de façon non-obligatoire dans les six écoles élémentaires de la ville de Seine-et-Marne. Si le maire LR Olivier Lavenka avait estimé que la moitié des élèves allaient se présenter en uniforme, ils ont été beaucoup moins, a constaté l'AFP. 


Les parents qui souhaitaient faire porter l'uniforme à leurs enfants devaient débourser 137 euros, pour un trousseau de dix pièces comportant un pantalon coupe droite, un bermuda ou une jupe, un gilet bleu ciel, des polos brodés et de la devise républicaine et un blouson style aviateur. L'ensemble est fourni gratuitement aux familles les plus modestes. 

"Porter fièrement les couleurs de la ville"

"Tu seras en uniforme comme papa et maman", rassurait la maman de Noé ce lundi matin devant l'école des Marais. "Pour nous l'uniforme représente une forme de respect à l'institution" a expliqué à l'AFP Julie Hotin, qui  travaille dans un hôpital et dont le mari est sapeur-pompier. "Il permet également d'atténuer les discriminations sociales mais aussi de porter fièrement les couleurs de notre ville", a ajout" le père de Noé Etienne Hotin. Stéphanie Meiria, mère d'une fille en CP, trouve en revanche cela "ridicule". "Toute leur vie, ils seront confrontés aux différences sociales, et ma fille adore choisir ses habits, je n'ai pas envie de lui enlever ça".


"J'avais commandé l'uniforme pour ma fille, mais on n'est pas encore allé le récupérer", a expliqué Aktas Ayse, mère d'une élève en classe de CP. "Et quand je vois ce matin le peu d'enfants qui le portent, je me dis qu'on a bien fait d'attendre un peu". "Soit tout le monde le porte, soit personne. Je trouve ça complètement absurde", ajoute-t-elle. Comme elle, près de la moitié des parents de la ville avaient pourtant commandé leur trousseau. Mais certains ont renoncé à franchir le pas de peur que leurs enfants soient les seuls à le porter ou encore parce qu'ils viennent d'apprendre qu'en fait tout cela n'est pas obligatoire.

Une mesure "démagogique"

Si, pour le maire de Provins, l'uniforme participe à "un meilleur climat scolaire" et gomme les "différences sociales", le professeur de sciences de l'éducation à l'université Paris 8 Jean-Yves Rochex estime que "c'est de la poudre aux yeux" : "On peut mettre tous les uniformes que l'on veut ça ne réglera pas les inégalités dans le milieu scolaire." Il y voit une "mesure démagogique" proposée par certains politiques pour nourrir "une nostalgie réactionnaire d'une école qui n'a jamais existé". 


Selon l'historien de l'éducation Claude Lelièvre, "dans le primaire, il n'y a jamais eu d'uniforme". "On portait la blouse, et elles étaient pour la plupart différentes les unes des autres." Elle était utile pour protéger des taches d'encre, et "elle a disparu à la fin des années 60 avec l'apparition du stylo bic".


Pendant la campagne présidentielle de 2017, François Fillon et Marine Le Pen proposaient eux aussi le "retour à l'uniforme". Le maire de Provins avait lancé cette idée après que le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer s'était prononcé en faveur de l'uniforme dans les écoles qui le souhaitent.

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