Collèges, lycées : qui décide de ce qu'est une tenue correcte ?

Après le déconfinement, élèves et enseignants se sont retrouvés (masqués) en salle de classe
Education

ÉCOLE - Qui écrit les règlements intérieurs des établissements scolaires et décide des "tenues correctes" que doivent endosser les élèves à l'école ? Pourquoi sont-ils différents d'un établissement à un autre, et aussi peu précis ?

Mais qu'est-ce qu'une tenue "normale" ou "républicaine" ? Alors que les jeunes filles réclament le droit de s'habiller comme elles le souhaitent à l'école et dénoncent des règlements intérieurs sexistes, le ministre de l'Education nationale ne cesse de leur répéter qu'il suffit de s'habiller "normalement" et que "tout ira bien", sans préciser quelle est la norme en la matière. Jean-Michel Blanquer renvoie sans cesse aux chefs d'établissement, chargés de le préciser dans leurs règlements intérieurs. 

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En effet, aucun texte national ne précise de quelle façon les collégiens et lycéens doivent s’habiller. Seules les lois de mars 2004 et octobre 2010 interdisent de manifester ostensiblement une appartenance religieuse ou de se couvrir le visage dans l’enceinte d'un établissement scolaire. Ce sont aux directeurs et directrices d’établissement d’apporter plus de précisions s’ils le souhaitent. 

En effet, en vertu de l’autonomie dont disposent les établissements publics locaux d’enseignement, le ministère leur laisse la liberté d’instaurer leurs propres règles, via le règlement intérieur. Ce dernier "est préparé par la direction du collège ou du lycée, en concertation avec les représentants des personnels, des élèves et des parents d’élève de l’établissement. Il est examiné et voté par le conseil d’administration. Il est ensuite contrôlé par le recteur d’académie", indique le site du ministère. 

Des règlements flous

Il peut y être simplement spécifié qu’une "tenue correcte" est exigée pour pénétrer à l’intérieur de l’établissement, ou apporter plus de précisions, en interdisant spécifiquement les shorts, mini-jupes, tongs ou encore joggings. Mais peu d'établissements choisissent cette seconde option. 

"Il y a deux ans, nous avons eu un problème avec des shorts trop courts. Alors que la mention 'shorts trop courts interdits' figurait dans le règlement intérieur, nous avons fait le choix de l'enlever pour ne plus laisser que 'tenue correcte demandée'. Cela de manière à ne brider ni les jeunes filles ni les jeunes hommes", explique à LCI Audrey Chanonat, cheffe d'établissement, membre de l'exécutif national du Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale (SNPDEN).

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Pour les élèves, tenu incorrecte exigée

"Nous avons choisi de ne pas préciser davantage le règlement intérieur pour n’enfermer personne. Plus on le fait, moins on laisse de liberté à nos élèves", ajoute-t-elle. Audrey Chanonat concède que tout cela donne forcément lieu à "interprétation" mais qu'il "est très rare que ce qui n’est pas accepté dans un établissement le soit dans un autre". "Les interprétations que nous faisons de ce terme 'tenue correcte' sont relativement proches." 

La directrice de collège n'estime pas nécessaire un texte national sur le sujet. Mais selon elle, si "c’est un débat qui revient régulièrement, si c’est un thème sociétal qui interroge suffisamment pour que ça devienne un débat public sur le long terme, peut-être que le ministère devra se lancer dans un texte plus précis". En attendant, le ministre en appelle au "bon sens" de chacun.

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