Vivre avec 250 euros par mois : des étudiants précaires témoignent

Vivre avec 250 euros par mois : des étudiants précaires témoignent

GALÈRE - Avec la pandémie et la diminution du nombre de petits boulots, 7 étudiants sur 10 affirment connaitre des difficultés financières. Certains sont même obligés d'avoir recours à l'aide alimentaire. Plusieurs d'entre eux témoignent auprès de TF1.

Décrochage scolaire, détresse psychologique, ... En cette rentrée universitaire, jamais les indicateurs n'ont été aussi inquiétants. Plusieurs études évoquent ainsi une précarité étudiante qui s'accroît. À l'image de cette étudiante en droit que le JT de TF1 a rencontrée. Elle est boursière et a réussi à décrocher un petit logement en banlieue parisienne. Mais une fois le loyer de 400 euros payé, il ne lui reste que 90 euros pour vivre chaque mois. "Car il y a aussi les abonnements de transport ou de téléphone à payer", soupire-t-elle dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article. 

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En temps normal, un étudiant sur deux doit effectuer des petits boulots pour s’en sortir. Mais après plus d’un an et demi de pandémie et des secteurs entiers au ralenti, c’est l’embouteillage côté candidatures. "J'en ai fait une vingtaine et je n'ai reçu aucune réponse. J'espère que je vais trouver quelque chose pour m'aider sinon je ne sais pas ce que je vais faire", ajoute l'étudiante en droit. 

"Quatre ou cinq heures de transports par jour"

À la faculté de Jussieu, en plein centre de Paris, le JT de TF1 a rencontré trois autres étudiants boursiers. Ils vivent chacun avec seulement 250 euros par mois. Et même avec un petit boulot, trouver un logement leur est difficile. "Si vous voulez un logement décent ça commence à 700 euros et pour un étudiant, c’est impossible. On ne peut pas trouver 700 euros par mois même en demandant à ses parents. Certains le font, mais on est combien à pouvoir se l'offrir ?", interroge Arthur.

Ce dernier habite toujours chez ses parents. Tous les matins et soirs, il emprunte le métro, puis le TER pour rejoindre la campagne au bout d'un long périple. "Ça peut monter à quatre ou cinq heures de transports par jour. Parfois on rentre chez nous, il est tard, on se pose sur notre chaise pour manger et on se dit qu'on ne va pas pouvoir faire ça tout le temps. J'ai l'impression que je commence un peu à être détruit par ça. Ce n'est pas une vie de vivre comme ça, ce n'est pas possible", lâche-t-il.

Pour subvenir à ses besoins, Arthur donne des cours de soutien scolaire le soir, avant de rentrer chez lui. Mais la crise s’invitant dans sa propre famille, c’est la solidarité qui joue avec ses parents. "Quand on a trois enfants à charge, ce n’est pas toujours facile de terminer le mois correctement. On essaie de manger correctement, mais ça m'arrive de devoir aider mes parents. Et ce n'est pas une exception, ça arrive à beaucoup d'étudiants", dit-il.

Un jeune sur deux souffre de troubles anxieux

La précarité étudiante s'enracine, c'est aussi le constat dressé par deux infirmières scolaires. Études à l'appui, elles évoquent désormais un jeune sur deux souffrant de troubles anxieux. "Évidemment, un jeune est anxieux quand il approche d'une période d'examen ou qu'il a une incertitude, mais là, c’est une anxiété qui s'inscrit dans la durée ou qui devient nocive dans leur quotidien. Nocive pour leur estime d'eux-mêmes, nocive dans la capacité qu'ils ont à se construire ou à se projeter", explique Saphia Guereschi. Conséquence : dans tout le pays, les demandes d’aide psychologique s’accumulent dangereusement. "Ça peut être un à deux ans d'attente. On se sent démuni", ajoute Samia Bounouri. 

Et c'est sans compter sur l'aide alimentaire, plus nécessaire que jamais. Preuve en est, à travers la France, une vingtaine de villes étudiantes appellent l'association Solidaire Linkee à l'aide. À Paris, une petite distribution est organisée, et pourtant, dehors la file d’attente court sur plusieurs centaines de mètres. On y trouve tous les profils. Apolline est par exemple étudiante en master à la prestigieuse école Sciences Po de Paris. Et bat en brèche les idées reçues : "Ce n'est pas parce qu'on est à Sciences Po qu'on a tous des sous. L'année dernière, c'était aussi la galère. Je n'ai pas eu de bourse alors que je suis totalement indépendante financièrement. Je ne reçois pas d'aide de mes parents. Se poser des questions sur ce qu'on va manger le soir, c'est une charge en plus qui s'ajoute et qui est lourde à porter", estime-t-elle. 

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Linkee sollicite des dizaines d’entreprises pour poursuivre son action, alors que la demande explose. Ici,  90% des bénéficiaires disent ne pas manger à tous les repas. "Sauter des repas quand on est déjà stressé, en challenge quotidiennement, c'est quelque chose qui n'est pas envisageable", admet Kimberley Paluschka, une bénévole. Chaque mois, rien qu'à Paris, ce sont dorénavant 200.000 repas qui sont distribués par cette association. Julien Meimon, son fondateur ne s'attendait pas à une telle demande. "Maintenant on est là donc on assure", avance-t-il, avant de conclure : "ces étudiants, c'est l'avenir du pays, les abandonner, c'est abandonner une partie très importante du pays parce que c'est abandonner notre propre avenir, et ce n'est pas possible".

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