Coup d'envoi du nouveau bac : des épreuves annulées, d’autres menacées

Coup d'envoi du nouveau bac : des épreuves annulées, d’autres menacées
Education

Toute L'info sur

LE WE 20H

BACCALAURÉAT - À partir de lundi, les classes de première doivent inaugurer la nouvelle formule de contrôle continu du bac. Certains enseignants redoutent des inégalités en fonction des établissements, car dorénavant tous n’auront pas le même sujet. D'autres ont déjà annoncé qu'ils ne s'y plieraient pas.

Cette année encore, les épreuves du baccalauréat risquent fort d’être perturbées. Et cette fois, pas besoin d’avoir à attendre le mois de juin : car les épreuves communes de contrôle continu, ou E3C, instaurées par la nouvelle formule du baccalauréat, débutent ce lundi 20 janvier. Les lycéens de 1ère sont appelés à composer sur les épreuves de langues, d’histoire-géographie et, pour la voie technologique, de mathématiques. Ces épreuves continues se dérouleront au cours de trois sessions (la dernière aura lieu pendant le troisième trimestre de Terminale) et compteront au final pour 30% de la note du bac. 

Sauf que la réforme est loin de faire l’unanimité. De nombreux professeurs y sont farouchement opposés, et le font savoir. Le ton a été donné dès samedi, à Clermont-Ferrand, où des épreuves du bac qui devaient avoir lieu au lycée Blaise-Pascal ont été annulées. En cause, l’intrusion d’opposants au nouveau bac dans les couloirs de l’établissement. Le recteur de l’académie a dénoncé "un grave incident", et a assuré que les épreuves à venir dans d’autres établissements se dérouleront bel et bien.

Fin des sujets nationaux et impréparation

Les enseignants hostiles à la réforme redoutent des inégalités en fonction des établissements. Avant, tous les élèves dans tout le pays étaient évalués sur le même sujet. Désormais, chaque lycée choisit son propre sujet, dans une banque de sujets. Ceux-ci présentent un niveau de difficulté comparable, assure le ministère de l’Education nationale, mais les professeurs ne sont pas convaincus : "On a vraiment l’impression d’un bac maison, d’un bac qui est plus national", déplore Sophie Davieu, professeure d’histoire-géographie. 

Voir aussi

Les menaces brandies rappellent celles de juin dernier, lorsque des professeurs avaient refusé de corriger les copies du bac. Au total, près de 4.000 enseignants auraient été sanctionnés. Le refus de correction n’est pas le seul levier aux mains du corps enseignant : certains professeurs comptent se mettre en grève le jour des E3C, d’autres refusent de choisir des sujets.

Outre le fond de la réforme, c’est aussi la forme qui est dénoncée. Pour beaucoup, la nouvelle mouture du bac n’a pas été assez préparée, et sa mise en œuvre arrive trop tôt. L’inquiétude est ici largement partagée par les élèves : nombre d’entre eux ont rejoint le mouvement de contestation. Parmi leurs craintes, celle d’être interrogés sur une partie du programme qu’ils n’ont pas encore étudiée. "Les professeurs n’ont pas les réponses à nos questions, ils sont autant dans le flou que nous", témoigne une lycéenne.

Voir aussi

Pour Blanquer, le fait "d'une petite minorité très vocale"

L’une des principales associations de parents d’élèves, la FCPE, réclame le report de la réforme. Face à ces critiques venues de toute part, le ministre de l’Education relativise : "C’est le fait d’une petite minorité qui est très vocale et que l’on entend beaucoup. Vous avez des régions entières où il n’y a aucun problème", assurait Jean-Michel Blanquer sur RTL le 16 janvier.

A Deauville par exemple, cet établissement est prêt. Certes les élèves seront corrigés par leur enseignant, mais la procédure est claire : impossible de savoir à qui appartiennent les copies, celles-ci étant rendues complètement anonymes une fois scannées.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent