Ce que l’élection de Donald Trump va changer à la diplomatie internationale

DIPLOMATIE – Avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, les complexes relations internationales pourraient bien prendre un virage à 180 degrés. Un tournant symbolisé par la possible coopération future entre la Russie de Vladimir Poutine et les Etats-Unis.

L’année 2017 sera-t-elle celle d’un nouvel ordre mondial ? Rien n’est moins sûr. Mais avec l’élection de Donald Trump, les complexes relations diplomatiques internationales semblent bien parties pour prendre un virage à 180 degrés. Car, si la politique étrangère du nouveau président américain s'apparente à un grand saut dans l'inconnu, certains facteurs tendent à montrer un changement, sinon un bouleversement, des règles établies. 


Premier symbole de ce tournant, la possible coopération à venir entre la Russie de Vladimir Poutine et les Etats-Unis, deux pays dont l’entente n’a jamais été aussi balbutiante depuis la fin de la guerre froide il y a 25 ans. "Cela serait bon à la fois pour le peuple russe et pour le peuple américain et cela aurait un impact positif sur le climat mondial des affaires", a souligné mercredi la présidence russe, affirmant être prête à "tout faire" pour relancer les relations entre Moscou et Washington. 

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À l’instar de la Russie, plusieurs autres dirigeants mondiaux, d’ordinaire très critiques envers l’Amérique, ont chaleureusement salué la victoire de Donald Trump. C’est le cas par exemple de l’outrancier président philippin Rodrigo Duterte, qui s’est dit "impatient" de travailler avec la prochaine administration américaine, après avoir affiché ces derniers mois une détestation absolue des Etats-Unis. Début septembre, il avait ainsi qualifié Barack Obama de "fils de p***".  


Idem du côté du président égyptien Abdel Fatah al-Sissi, lui aussi en froid avec Obama, qui a déclaré espérer "un nouveau souffle" dans les relations entre les deux pays, ajoutant que "la République arabe égyptienne [attendait] avec impatience la présidence de Donald Trump".

Avec Trump, la politique étrangère des Etats-Unis devrait fondamentalement dévier de tout ce que nous avons vu depuis la fin de la Seconde Guerre mondialeMatteo Garavoglia, chercheur à la Brookings Institution

Ces changements de discours des habituels pourfendeurs de la première puissance mondiale pourrait bien être la conséquence de le la volonté isolationniste assumée du futur président américain. Et de fait : aux yeux de Donald Trump, les Etats-Unis ne peuvent plus être les gendarmes du monde et doivent réduire leur aide internationale.


"Avec Trump à la Maison Blanche, la politique étrangère des Etats-Unis devrait fondamentalement dévier de tout ce que nous avons vu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale", estime Matteo Garavoglia, chercheur à la Brookings Institution. Un avis que partage son collègue Thomas Wright, qui craint que "les Etats-Unis n'abandonnent leur rôle de leader de l'ordre international". 

Pour Trump, la politique étrangère débute avec la sécurité intérieure et s'élabore en fonction de celaIan Lessler, chercheur à l'institut German Marshall Fund of the US à Bruxelles

"Donald Trump n'est pas tant un isolationniste qu'un parfait unilatéraliste", considère pour sa part Ian Lesser, de l'institut German Marshall Fund of the United States à Bruxelles. "Pour lui la politique étrangère débute avec la sécurité intérieure et s'élabore en fonction de cela."

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Un "abandon de poste" qui pourrait notamment s’illustrer par un rôle moindre des Etats-Unis au sein de l’Otan. Donald Trump avait en effet jugé "obsolète" l’Alliance nord-Atlantique, laissant par ailleurs entendre que la poursuite de l’engagement américain se ferait sous condition. Une prise de position qui suscite l’inquiétude en Europe, au moment où l'organisation renforce ses capacités militaires de manière inédite sur le continent depuis la fin de la Guerre froide.


Signe du malaise, le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a appelé le futur locataire du Bureau ovale à reconsidérer la situation. "Face à un nouvel environnement sécuritaire difficile (...) le leadership des Etats-Unis est plus important que jamais", a-t-il fait valoir. 


Elle aussi inquiète, la ministre allemande de la Défense Ursula von der Leyen a exhorté Donald Trump à clarifier sa vision des choses, lui conseillant en outre d’éviter un rapprochement trop étroit avec Vladimir Poutine : "Donald Trump doit dire clairement dans quel camp il est, s'il est du côté de la loi, de la paix et de la démocratie, ou s'il se fiche de tout ça et cherche plutôt un bon copain." 

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