Donald Trump devrait être beaucoup plus riche qu'il ne l'est en réalité

GÉNIE OR NOT GÉNIE ? - Présenté comme un président businessman, Donald Trump aurait toutefois pu amasser plus d'argent qu'il n'en affiche aujourd'hui. Comment ? En étant tout simplement plus... modéré dans ses affaires.

Un des (multiples) arguments de campagne de Donald Trump fut sa fortune. En tant que milliardaire et businessman fort bien pourvu en biens immatériels, il pouvait "réparer l'économie". Le magnat de l'immobilier a donc clamé à qui voulait l'entendre qu'il allait créer 25 millions d'emplois pendant son mandat. Et l'argument a fait florès, en particulier chez un électorat rendu économiquement exsangue par la crise des subprimes et la désindustrialisation massive qui a frappé les Etats du centre du pays.


L'argument est-il bien valable ? Nombreuses ont été les voix qui ont rappelé que Trump ne partait pas non plus de nulle part, attendu qu'il avait bénéficié d'un prêt d'un million de dollars de la part de son père (certes remboursé avec intérêts), lui-même promoteur immobilier à succès dans la gestion des logements bon marché. "Cet argent, il a bien fallu le faire fructifier", contre-argumente Donald Trump, surnommé par les médias conservateurs "le milliardaire à col bleu". 

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Election US : qui est vraiment Donald Trump ?

Huit milliards plutôt que deux ou trois

Mais le sens des affaires du milliardaire est-il si affûté que ça ? A la fin de l'été 2015, alors que le milliardaire secouait dans tous les sens la course à l'investiture républicaine pour l'élection, une information est apparue dans les médias financiers au sujet de la fortune présidentielle, rapidement relayée dans les médias moins spécialisés. Il apparaissait que, mieux investie, sa fortune aurait dû croître bien plus fortement qu'elle ne l'aurait fait.


Comment ? Mais tout simplement en investissant la fortune que lui a laissée son père dans le S&P 500, un indice boursier tenu par l'agence de notation Standard & Poor's. "L'un des marchés développés les plus fructueux depuis 2007", confirme à LCI Christopher Dembik, économiste à Saxo Bank. Comme le démontre le National Journal, si Donald Trump y avait placé les 200 millions qu'il racontait posséder en 1982, il serait aujourd'hui à la tête d'une fortune huit milliards de dollars. Soit autour de deux à trois fois plus que la fortune que lui attribuent les spécialistes en la matière que sont Forbes ou Bloomberg. Et pas huit à dix comme le nouveau président élu, très susceptible sur le sujet de sa fortune, le prétend régulièrement.

L'Etat, un business comme un autre ?

Mais Donald Trump n'est pas un boursicoteur normal. "Tout au long de sa carrière, il a fait des investissements très hasardeux, notamment dans les domaines de l'aéronautique et des casinos. Des secteurs soumis à la conjoncture", poursuit Christopher Dembik. Mais ces risques et ces échecs lui ont permis de s'assurer une notoriété qui ont rassuré les banques au moment de lui accorder des prêts pour se relancer, comme le rappelle Libération.


Reste que la figure du businessman avisé a beau avoir séduit les électeurs, la gestion d'un pays se compare-t-elle à celle d'une entreprise, fut-elle multinationale ? Un voeu martelé à longueur de campagnes et de mandats par les plus libéraux des membres du personnel politique, qui voit l'Etat comme un appareil compétitif, mais lourdement critiqué par ses contempteurs en ce qu'elle générerait un retrait de l'Etat dans ses missions les plus fondamentales.

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