Donald Trump et l’immigration : une affaire de revirements

USA 2016 - Alors qu’il prononcera mercredi un discours majeur sur la question de l’immigration clandestine, Donald Trump espère, comme souvent, faire taire les dernières polémiques après de nouvelles déclarations fracassantes.

Stratégie, inconstance ou incertitude ? Alors qu’il prononcera mercredi un grand discours sur l’immigration clandestine, Donald Trump a multiplié ces derniers mois les revirements de position sur le sujet. 


De sa volonté de construire un mur de séparation à la frontière mexicaine à son intention de refuser l’accès aux Etats-Unis aux musulmans du monde entier, le milliardaire américain a en effet souvent lâché des propos fracassants avant de les atténuer une fois l’onde de choc passée. 

S’assurer des coups médiatiques

Objectif : assurer de jolis coups médiatiques tout en se garantissant le soutien sans faille de ses supporters, souvent très critiques envers ce qu’ils nomment volontiers "la pensée dominante". Même si, de peur de se priver des voix d’une large partie de l’électorat rétif à toutes prises de position trop tranchées, Trump finit quasi-systématiquement par arrondir les angles. 

Depuis son entrée dans la course à la Maison-Blanche, voici les trois propositions les plus versatiles du candidat républicain concernant l’immigration :

1. Le mur anti-mexicains

Je vais bâtir le plus grand mur que vous ayez jamais vu. Ce sera un mur Trump, un mur magnifique. Juin 2015

Question déclaration fracassante, le candidat républicain a rarement fait "mieux". En suggérant la construction d’un mur de séparation sur la totalité (3200 kilomètres) de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, Donald Trump s’était alors assuré une hyper présence médiatique partout à travers le monde. 


Mais il a fini par changer son fusil d’épaule. Le candidat estime désormais que la moitié (1600 kilomètres) suffira, en raison des reliefs faisant office de barrière naturelle. Mais si la longueur est connue, la hauteur reste elle à géométrie variable. Suivant les jours, Trump a parlé de 35 pieds (10,5 m), 40 pieds (12 m), 55 pieds (16,5 m), voire... 90 pieds (27 m). "Le mur vient de prendre trois mètres de plus !", lance-t-il d’ailleurs à chaque fois qu'un officiel mexicain redit que son pays ne versera pas un centime pour sa construction.


Sur la question du coût de l'ouvrage, le même flou règne. Après  avoir évoqué 4 milliards de dollars, le candidat a parlé de "6 ou 7", "probablement 8", "10, peut-être 12", pour finalement se stabiliser "environ 10" milliards de dollars. Architectes et ingénieurs jugent toutefois ce budget intenable.


Dernier revirement en date, Donald Trump a annoncé qu'il se rendrait jeudi au Mexique pour y rencontrer le président Enrique Peña Nieto, qu'il a pourtant critiqué à de nombreuses reprises ces derniers mois. 

2. Le refoulement des musulmans

Donald J. Trump demande l’arrêt total et complet de l’entrée des musulmans aux Etats-Unis. Décembre 2015

Moins d’un mois après les attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, celui qui n'était alors qu'un candidat à l'investiture républicaines parmi d'autres avait affirmé vouloir barrer l’entrée du sol américain aux musulmans. Le titre de son texte était  sans équivoque : "Communiqué de Donald Trump pour empêcher l’immigration musulmane". Là-encore, il avait bénéficié d’une reprise massive de ses propos dans les médias du monde entier. 


La polémique est récemment repartie lorsqu’il s’en est pris à la famille d’un soldat de confession musulmane mort en Irak. Un faux-pas vivement critiqué, y compris dans son propre camp. 


Bien qu’il continuait de parler de "filtrage extrême" aux frontières, il a depuis atténué quelque peu ces propos. N'évoquant plus la question de la religion, il a parlé de "suspendre temporairement l'immigration de certaines des régions les plus dangereuses et instables du monde qui sont connues pour exporter le terrorisme".

3. L’expulsion des sans-papiers

Nous ne séparerons pas les familles mais elles devront partir. Août 2015

Après avoir promis d’expulser les quelque 11 millions de sans-papiers présents aux Etats-Unis, évoquant même une force dédiée à cette tâche, le candidat à la présidentielle a ensuite semé le trouble dans son camp en déclarant qu'il pouvait "y avoir un assouplissement car nous ne voulons pas faire de mal aux gens". Une déclaration qui a jeté un froid dans les milieux conservateurs où la moindre tentative d’ouverture sur la question est frappée d'anathème. 


Puis, nouveau virage, il a tout fait pour les rassurer. Samedi Trump a en effet certifié qu’il expulserait des clandestins dès le début de son éventuelle prise de fonction. "Le premier jour, je commencerai à expulser rapidement les immigrés criminels illégaux de ce pays, notamment les centaines de milliers qui ont été remis en liberté sous l'administration Obama-Clinton", a-t-il lancé.

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