Election américaine - Clinton attaque Trump : "Il veut une économie qui lui profite"

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ETATS-UNIS - Les idées protectionnistes de Donald Trump ont de quoi ravir un électorat le plus souvent en mal d'emploi, délocalisations obligent. Problème, son propre empire financier ne respecte pas vraiment ce qu'il promet pour son pays.

"Donald Trump veut une économie qui lui profite." C'était le leitmotiv anti-Trump de Hillary Clinton, ce vendredi en Pennsylvanie. Une manière pour la démocrate de décrédibiliser un adversaire dont les propositions vont à l'encontre de son propre comportement sur les marchés tout le temps où ce dernier a fait fortune.


Il y a évidemment les baisses d'impôts que promet le milliardaire, notamment pour les familles plus riches (l'étude d'une association de contribuables a démontré qu'elle permettrait aux 1% les plus fortunés d'économiser presque 90.000 dollars par an), alors que lui-même aurait réussi à éviter de payer des impôts fédéraux pendant 18 ans. 


Mais il y a aussi les attaques qui lui sont faites sur la sincérité de ses propositions en matière d'économie et de diplomatie. Et notamment la Chine, qualifiée à longueur de discours d'"ennemie" par le milliardaire, mais qui n'en reste pas moins un de ses partenaires de taille préférés pour ses propres affaires. A la mi-octobre, l'AFP nous apprenait que la société Trump Hotel Collection (THC) avait en effet tenté de conclure un accord avec la State Grid Corporation, qui n'est rien d'autre que le plus gros groupe d'Etat chinois. L'objectif était ainsi de gérer un immense projet immobilier dans l'Est de Pékin. 


Les pourparlers débutés en 2014 avaient même abouti à un protocole d'accord en prévision d'un contrat allant de 100 à 150 millions de dollars en 15 ans, soit l'équivalent de 90 à 136 millions d'euros, comme l'a indiqué à l'AFP Robby Qiu, l'ancien directeur des bureaux de Trump en Chine.

De luxueux dîners pour les cadres chinois

Mais le deal financier ne s'arrêtait pas à de simples réunions de travail. Lorsque des cadres State Grid se rendaient à New York, ils étaient hébergés gratuitement au Trump International Hotel et invités par THC à de luxueux dîners valant "plusieurs milliers de dollars", raconte Robby Qiu.


Donald Trump chercherait depuis 2006 à s'implanter dans le pays qu'il aime tant critiquer. Et depuis, au moins neuf de ses sociétés ont entretenu des relations avec le géant asiatique, comme le précise des documents financiers transmis à la Commission électorale américaine.


Ce qui représente un véritable contraste avec les propos tenus par le milliardaire. "Que dire d'autre de gens qui détruisent l'avenir de nos enfants, qui gâchent notre mode de vie ?", demandait-il en 2011. "Nous ne devons pas supplier les communistes pour quelques menus contrats", avait-il ajouté. Lors de sa campagne, il avait même annoncé qu'il pourrait taxer à 45% les exportations chinoises en direction des Etats-Unis, comme le rapporte le New York Times.

Plus de 1200 travailleurs immigrés employés par Trump

Mais l'hypocrisie ne s'arrête pas là. Le candidat républicain n'est jamais le dernier à fanfaronner pour ramener aux Etats-Unis la production de multinationales produisant leurs célèbres objets à l'étranger. Ainsi clame-t-il qu'il forcera Apple et d'autres entreprises américaines à relocaliser leurs probductions. Pourtant, il devrait se sentir tout autant concerné par sa propre mesure.


Les T-shirt, cravates et costumes de sa marque sont fabriqués en Chine, au Honduras et au Bangladesh. Selon les informations de CNN , sa compagnie emploierait même plus de 1200 travailleurs immigrés aux Etat-Unis, qui sont payés moins cher. Pas vraiment de quoi favoriser l'emploi des Américains dans la première économie mondiale... 

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