Elections américaines J-2 : fin de campagne angoissante pour une page d'histoire

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La présidence Donald Trump

EDITO. A quelques heures du vote, les sondages sur l'élection présidentielle américaines ne disent finalement rien de plus que "Tout est possible". Michel Scott, éditorialiste et spécialiste de l’actualité internationale à TF1, vous propose son analyse des dernières heures avant la présidentielle américaine.

En 18 mois de course présidentielle l’Amérique aura bel et bien stupéfié le monde. Saisi d’un effroi incrédule, ce dernier a suivi le parcours imprévisible de Donald Trump, au fur et à mesure qu’il pulvérisait tous les augures, imposant  aux yeux de tous la gravité des tensions qui traversent nos sociétés. Car le "phénomène Trump" n’est pas seulement l’équivalent des discours anti-systèmes qui ont conduit les Britanniques au Brexit, ou mèneront sans doute Marine Le Pen au 2ème tour de l’élection présidentielle chez nous. Il illustre de manière démultipliée cette colère explosive et vengeresse d’une partie du peuple contre ses propres institutions démocratiques. Et non pas à l’échelle d’une petite expérience de laboratoire, mais à celle redoutablement plus puissante d’un pays-continent capable de se réinventer en un tournemain, pour le meilleur comme pour le pire.

Tout est possible. C’est ce qui est fascinant et effrayant à la fois, chez les Américains. Il est possible de voir un magnat aventurier conquérir le parti de Lincoln, et faire sauter ce pilier de la République américaine dont il n’incarne ni les valeurs morales (Trump est un libéral sur les questions de société), ni les canons économiques (son isolationnisme commercial foule aux pieds tous les crédos du libre-échange). Il est possible de voir ce même candidat mettre en doute les résultats de l’élection à venir si le vent ne tourne pas en sa faveur, sans que  cela le disqualifie dans la seconde. Il est possible enfin, qu’à la face du monde, il accède au pouvoir suprême. C’est ce qu’ont dit les sondages cette semaine.

La " surprise d’octobre" est née d’une improbable intervention de James Comey, le patron du FBI relançant le soupçon sur l’affaire des e-mails clintoniens. Les courbes se sont subitement rapprochées, la bourse s’est affolée, le camp démocrate a été pris de panique marquant cet Halloween 2016 d’une peur authentique. En ce dernier week-end de campagne, les prédictions se situent, comme rarement auparavant, dans la marge d’erreur. 

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En 50 ans d’élections, l’écart sur le vote populaire national entre les sondages publiés à une semaine du scrutin et le résultat réel a été de deux points en moyenne, avec un maximum de 7 en 1980. Dans un cas, en 2000, la tendance s’est même inversée. Le républicain Bush crédité d’une avance de 2,9% sur le démocrate Gore avait alors finit avec un retard de 0,5%, ce qui ne l’empêcha certes pas de remporter le collège électoral, on s’en souvient, à la faveur d’un recomptage controversé en Floride. Or la moyenne des instituts donne ici un écart de moins de 3 points. A l’échelle nationale comme dans les principaux "Swing States".

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Et c’est dans la conquête des Etats indécis que se jouera comme toujours le sort des urnes. Sur ce terrain, Hillary Clinton a l’avantage. Son réservoir d’Etats acquis ou favorables est plus important. L’inconnu pour elle porte sur une trentaine de grands électeurs supplémentaires à conquérir afin d’atteindre la barre des 270, là où Trump doit en gagner le triple. La Floride, l’Ohio, la Pennsylvanie, la Caroline du Nord, notamment, seront décisifs.


Si parmi les statisticiens qui ne se sont jamais trompé on donne à H. Clinton une probabilité de gagner à 66%, beaucoup dépendra en fait de la capacité de l’un et l’autre camps à mobiliser dans les dernières heures la fraction encore indécise de l’électorat. Elle n’est pas énorme. Barack Obama en a bien conscience, lui qui s’est jeté à corps perdu dans la bataille, trahissant par là même l’extrême angoisse qui étreint soudain toute une partie de la Nation américaine. 

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