Elections présidentielles américaines : le FBI veut-il la peau des Clinton ?

ÉLECTION AMÉRICAINE 2016
FRÉNÉTIQUE – Après Hillary et ses emails, le FBI s’attaque à Bill Clinton. La police fédérale américaine vient en effet d’exhumer le rapport d’une vieille enquête sur l’amnistie controversée d’un trader en 2001. De quoi alimenter le débat sur l’immixtion de l’agence dans la campagne présidentielle.

Le couple Clinton accapare manifestement toute l’attention du FBI. Après Hillary et l’affaire de ses emails, la police fédérale américaine a rendu public mardi un vieux rapport d’enquête sur l’amnistie très controversée par l’ancien locataire de la Maison-Blanche (1993-2001) du sulfureux trader Marc Rich, décédé en 2013.


Moins d’une semaine avant l'élection présidentielle, la publication de ce document de 129 pages a créé la surprise. Et de fait : alors que tout le pays est déjà suspendu aux avancées de l’affaire des emails de l’ex-secrétaire d’Etat, le camp démocrate s’interroge sur l’objectif de cette nouvelle révélation concernant une enquête pourtant close en 2005. 

Les proches de Clinton tout en sous-entendus

"À moins que cela corresponde à la date limite d'une procédure de FOIA (Loi sur la liberté d'information, ndlr), voilà qui est étrange", a ainsi réagi dans un tweet Brian Fallon, porte-parole de la candidate, sous-entendant que ces révélations ont été faites à dessein. 


Faisant référence à d’anciennes poursuites du département de la Justice contre Donald Trump, son père Fred et leur société immobilière (Trump Management), celui qui est aussi l’attaché de presse d’Hillary Clinton se demande également si "le FBI va publier des documents sur les discriminations au logement de Trump dans les années 1970". 

Cette révélation étiquette le FBI comme le Bureau fédéral de l'interventionDavid Axelrod, proche de Barack Obama, détournant ironiquement le nom du FBI, le Bureau fédéral d'investigation

Même son de cloche du côté de David Axelrod, un ancien conseiller de Barack Obama. "Quel que soit le raisonnement derrière, cette révélation étiquette le FBI comme le Bureau fédéral de l'intervention (Federal Bureau of Intervention, au lieu de Federal Bureau of Investigation, ndlr)", a-t-il ironiquement estimé. 

Une pure coïncidence selon le FBI

La police fédérale a-t-elle décidé de s’immiscer dans la campagne ? Interrogé sur le moment choisi pour la mise en ligne du rapport largement vidé de ses données jugées confidentielles, le FBI a assuré que la proximité du scrutin n'était qu'une pure coïncidence. "Selon la procédure FOIA en vigueur, ces documents ont été déclarés libres d'être publiés et ont été mis en ligne de façon automatique", a détaillé l’agence. 


Le 20 janvier 2001, au dernier jour de sa présidence, Bill Clinton avait amnistié toute une série de personnes dont Marc Rich, figure emblématique du négoce des matières premières connue pour ses accointances, ses transactions douteuses et ses trafics d'influence. Visé par un mandat d'arrêt pour fraude fiscale, Marc Rich s'était enfui en Suisse, sa tête étant mise à prix par le FBI. Son ex-épouse Denise avait soutenu financièrement les démocrates à l'élection présidentielle américaine et avait également versé des fonds à ce qui allait devenir la Fondation Clinton.


À noter que c’est l'actuel patron du FBI James Comey qui avait poursuivi Marc Rich en tant que procureur au tournant des années 1980 et 1990. Et c’est également lui qui avait enquêté sur les amnisties controversées de Bill Clinton.

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