Élections américaines 2016 - Hollande, Sarkozy, Juppé... : ce que disent les politiques français de Trump et Clinton

ÉLECTION AMÉRICAINE 2016

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La candidature de Hillary Clinton

BEST OF - Pendant toute la campagne américaine, les responsables politiques français ont adoré commenter le débat public outre-Atlantique. A quelques heures du vote des Américains, en voici un florilège, avec un net avantage pour Hillary Clinton.

Comme de nombreux Français, les responsables politiques hexagonaux auront probablement un oeil rivé la nuit de mardi à mercredi sur les résultats de l'élection présidentielle aux Etats-Unis. Car si, en théorie, elle n'aime pas s'ingérer dans les affaires des autres, dans les faits, la classe politique française aura passé la campagne électorale américaine à commenter, juger et prendre parti pour la démocrate Hillary Clinton (souvent) ou le républicain Donald Trump (rarement).  Une passion d'autant plus dévorante que nos propres échéances nationales sont prévues dans six mois.  A quelques heures du vote et du résultat, petit recueil des principales déclarations sur les rivaux américains. 

François Hollande et "la présidente"

Mi-octobre, le chef de l'Etat a émis un pronostic à propos de la présidentielle américaine. Entre deux réflexions, François Hollande a glissé ceci : "Il y a des élections qui vont se produire aux Etats-Unis, une présidente va être élue". Un clin d'oeil pas du tout voilé à Hillary Clinton.

 Au micro de l'émission "Quotidien", quelques jours plus tard, le président a dénoncé chez Donald Trump "une dérive du discours", "cette confusion permanente entre l'immigration et le terrorisme", et ce qu'il qualifie de "populisme". 

Nicolas Sarkozy : "Les gens veulent de l'épicé"

Dans des confidences publiées en avril 2016 par Le Parisien, Nicolas Sarkozy avait montré son intérêt pour le phénomène Trump. "Les gens veulent de l'épicé, des idées fortes", avait-il estimé. "Ce monsieur Trump, qui est consternant, il réussit parce qu'il ne se refuse aucune outrance". 

L'ex-chef de l'Etat ne cache toutefois pas sa proximité avec Hillary Clinton, qu'il cotoyait durant son mandat. "Je souhaite sa victoire", confiait-il en septembre sur Europe 1. "Ce n'est pas mon problème, je ne suis pas américain, mais j'ai travaillé avec elle, j'ai mesuré qu'on pouvait lui faire confiance, qu'elle avait du courage".

Alain Juppé : "Ses outrances sont insupportables"

Rebuté par la méthode Trump, Alain Juppé a pour sa part jugé ses outrances "insupportables" il y a quelques mois. Il rééditait le 17 octobre, encore plus sévère : "Quand j'entends Monsieur Trump, quand je vois son ignorance de l'état du monde, quand je vois le jugement qu'il porte sur l'Europe et la France, j'appelle mes amis américains à bien réfléchir à ce qu'ils vont faire".

Bruno Le Maire : "Trump, un homme dangereux"

Parmi les candidats à la primaire de la droite, le député Bruno Le Maire a également montré une grande défiance à l'égard du milliardaire américain. "Donald Trump est un homme dangereux, qui divise", a-t-il lancé. "Je préfère voir Hillary Clinton gagner", a-t-il ajouté, au diapason des 86% de Français qui préféreraient la candidate démocrate, selon un récent sondage Odoxa pour Le Parisien.

Dans la même veine, l'autre candidat à la primaire, François Fillon, a estimé que Donald Trump n'était "absolument pas un motif de fascination". 

Marine Le Pen : "Tout sauf Hillary"

Marine Le Pen ne chante pas louanges de Donald Trump... sauf pour critiquer Hillary Clinton. Lors de son interview à CNN en septembre, la candidate FN appelait les Américains à ne pas voter pour la démocrate. "Tout sauf Hillary Clinton, dans l'intérêt de la France", lançait-elle. "Clinton, c'est la guerre, la dévastation, le déséquilibre du monde. Ce sont des choix économiques ravageurs pour le bonheur de mon peuple."  Quant à Trump, "le fait qu'il ne soit pas du sérail, c'est probablement ce qui a fait son succès". 

Son numéro 2 au FN, Florian Philippot, a toutefois réaffirmé plusieurs fois son peu d'enthousiasme pour le milliardaire républicain. "Je ne suis pas fana du personnage. Il a ses outrances", disait-il encore ce dimanche sur France 2. 

Jean-Marie Le Pen : le candidat "de ses rêves"

En février 2016, Jean-Marie Le Pen avait flairé le potentiel iconoclaste de Donald Trump, lui adressant tous ses compliments. Le fondateur du FN affirmait qu'il voterait pour lui s'il était américain, assurant qu'il était "le candidat de ses rêves". Comme lui, le député du Gard, Gilbert Collard, a assuré que son élection serait "un grand moment de joie". 

Jean-Frédéric Poisson : "Ma préférence irait vers M. Trump"

Le candidat chrétien-démocrate à la primaire de la droite s'est illustré récemment par des propos où il fustigeait la soumission présumée d'Hillary Clinton aux "superfinanciers de Wall Street" et "aux lobbies sionistes". Après s'être excusé pour ces propos, Jean-Frédéric Poisson s'est malgré tout distingué de ses concurrents en manifestant son intérêt pour Donald Trump.

"Du point de vue français et européen, ma préférence irait vers M. Trump qui n'entend pas s'occuper des affaires du monde entier mais s'occuper d'abord des Américains et moi, comme Français, ça me va très bien", disait-il le 2 novembre à "Questions d'info". Tout en nuançant ainsi : “Si j’étais américain, je me poserais beaucoup de questions”.

Jean-Luc Mélenchon : "Un dingo fascisant"

A propos du prétendant républicain, le candidat de "La France insoumise" à la présidentielle n'a pas de mots assez durs : "Trump est un con, ça, c'est prouvé", tweetait-il début 2016. Plus récemment, il accusait le candidat américain d'être "un dingo fascisant".

Jean-Luc Mélenchon n'a pas fait le choix d'Hillary Clinton, mais de Bernie Sanders, le candidat démocrate battu lors de la primaire. Il avait même crû ce dernier capable de s'imposer, y voyant une promesse d'avenir pour lui-même en France. 

Pierre Laurent : "Dieu merci, je ne suis pas américain"

Le patron du Parti communiste français, Pierre Laurent, avait lui aussi une passion pour Bernie Sanders. Face aux deux candidats américains, il est dubitatif. D'un côté, "l'élection de Trump serait un drame pour le monde parce que cet homme est proprement irresponsable et dangereux". Voterait-il Clinton ? "Dieu merci, je ne suis pas américain", éludait-il lundi matin sur BFMTV. 

Laurent Wauquiez : Trump, un "révélateur"

Le président par interim des Républicains, contrairement à de nombreux collègues de son parti, regarde avec intérêt le parcours du milliardaire américain. "Il est révélateur", dit-il, "du fait que les citoyens ne veulent plus avoir des gens qui leur disent ce qu'ils ont le droit de penser ou de dire". 

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