Élections américaines : en pleine COP22, climat d’incertitudes autour de la politique écologique de Donald Trump

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La présidence Donald Trump

GREEN – Depuis une semaine, les défenseurs de l’environnement s’inquiètent d’un possible désintérêt de la future administration Trump pour l’écologie. Des inquiétudes justifiées par l’indifférence, sinon la défiance, du président élu sur ces questions. Alors que de nombreux chefs d'Etat, dont François Hollande, sont à Marrakech pour la COP22, LCI fait le point.

"Un canular" : voilà comment Donald Trump avait qualifié le réchauffement climatique durant sa campagne. Et de fait : le vainqueur de l’élection présidentielle américaine n’a jamais caché une certaine indifférence, sinon une défiance, pour les questions environnementales. Après avoir promis çà et là de revenir sur l’accord de Paris obtenu durant la COP21, le futur locataire de la Maison-Blanche a maintes fois assuré vouloir relancer les énergies fossiles (gaz de schiste, charbon, pétrole...) aux Etats-Unis ou encore supprimer tous les financements américains aux programmes des Nations unies sur le climat. 

Preuve, selon ses détracteurs, d’un mépris total pour l’écologie, Donald Trump devrait vraisemblablement nommer Myron Ebell, un climato-sceptique notoire, à la tête de l’Agence de Protection de l’Environnement (Environmental Protection Agency, EPA), le principal outil avec lequel Barack Obama a réussi à imposer par voie réglementaire une réduction des émissions de carbone. Et alors que la COP22 se tient jusqu'au 18 novembre à Marrakech (Maroc) -François Hollande est arrivé sur place ce mardi pour défendre l'accord de Paris-, cette probable nomination est vécue comme un affront .

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    "On ne sait pas vraiment ce que pense M. Trump sur le réchauffement climatique", déplore aussi Rush Holt, directeur de l'Association américaine pour l'avancement de la science (AAAS), qui publie la prestigieuse revue Science, en pointant l’ambiguïté du président élu sur le sujet. 

    Clairement M. Trump n'est pas informé sur beaucoup de choses et, concernant le climat, il ne fait aucun doute que c'est grave- Rush Holt, directeur de l’Association américaine pour l’avancement de la science

    Malgré son aversion assumée pour la défense de l’environnement, Donald Trump a ainsi demandé en mai dernier un permis afin de construire un mur côtier pour protéger son terrain de golf irlandais des effets du réchauffement. "Clairement M. Trump n'est pas informé sur beaucoup de choses et, concernant le climat, il ne fait aucun doute que c'est grave", souligne le scientifique. 

    "Si Trump tient ses promesses de campagne et retire le pays de l'accord de Paris, il est difficile de voir comment on pourra maintenir la hausse de la température du globe au-dessous des niveaux dangereux, à savoir moins de deux degrés", abonde le climatologue Michael Mann, directeur du Centre des sciences de la Terre (ESSC) à l'Université de Pennsylvanie. 

    L’accord de Paris sur le climat rapidement en danger ?

    Un tel retrait des Etats-Unis est-il juridiquement envisageable ? Difficile à dire. Le délai de sortie théorique prévu par le texte est de quatre ans après l’entrée en vigueur de l’accord. Cela repousse donc l’échéance au 4 novembre 2020, soit peu ou prou la date de la prochaine élection présidentielle américaine. Mais des juristes spécialisés ont fait savoir que Donald Trump pouvait, s’il le souhaitait, revenir en un an seulement sur l’engagement américain. 

    Pour ce faire, il lui faudrait annuler la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques signée en 1992 par George H.W. Bush et approuvée par le Sénat. Une telle décision entrainerait une sortie pure et simple des Etats-Unis de toutes les négociations environnementales. Un scénario jugé peu probable par les observateurs. Mais improbable ne veut pas dire impossible.   

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      La communauté internationale le presse de revoir son jugement

      Signe de l’inquiétude ambiante, la communauté internationale ne cesse de rappeler l’importance de la participation américaine aux discussions sur l’écologie. Présent à Marrakech pour la COP22, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a par exemple exprimé mardi son "espoir" que le futur président américain "comprendra l'urgence" de l'action contre le réchauffement planétaire.

      "Si de telles décisions sont prises (une sortie de l’accord, ndlr), ce serait absolument catastrophique", a pour sa part jugé Ségolène Royal. La ministre de l’Écologie ose toutefois "croire que ce genre de choses sont des promesses de campagne pour satisfaire un certain électorat qui n'a pas compris que le réchauffement climatique est une réalité". Comme elle, les défenseurs de l’environnement du monde entier espère que les prises de position de Donald Trump n’étaient rien d’autre qu’un canular. 

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