Comment les politiques Français tentent de récupérer la victoire de Trump

OPPORTUNISME - Alors que Donald Trump vient d'être élu mercredi président des Etats-Unis, les candidats potentiels à la présidentielle en France, essayent à leur manière, de tourner cet événement politique majeur à leur avantage.

Depuis l'élection de Donald Trump à la tête des Etats-Unis mercredi 9 novembre, tous les espoirs sont permis pour les candidats supposés ou avérés à la présidentielle de 2017 en France. Sa victoire surprise qui a déjoué les derniers sondages, permet à la classe politique française de se positionner en interprétant, de différentes manières le vote des Américains.

Nicolas Sarkozy et le "refus de la pensée unique"

Candidat à la primaire de la droite et du centre, Nicolas Sarkozy a vu dans cette victoire le "refus d'une pensée unique", en particulier au sujet du "commerce mondial qui n'est ni loyal, ni équitable", et qui ne voit pas" l'exigence des peuples quant à la maîtrise de l'immigration et au respect des frontières".


"Cette pensée unique, insiste-t-il, qui ignore la nécessité des mesures difficiles qu'il y a à prendre pour protéger les citoyens du terrorisme islamiste." Par ces termes, l'ancien chef de l'Etat tend à ramener vers ses propositions fortes sur le sujet, comme par exemple la rétention administrative des fichés S . Nicolas Sarkozy, "ami" d'Hillary Clinton, demandait toutefois en septembre sur BFMTV : "Qu'est ce que j'ai avoir avec Monsieur Trump ?"...

Alain Juppé, le favori des sondages, met en garde les électeurs

De son côté, le favori des sondages Alain Juppé a tenu à mettre en garde les électeurs concernant "tous les risques que la démagogie et l'extrémisme font courir à la démocratie et le caractère vital des choix qu'ils ont à faire". "Plus que jamais, les Français ont besoin d'une France forte et d'un président de la République qui puisse être entendu et respecté par ses partenaires". Une manière de se présenter comme tel... et d'associer l'effroi de l'élection de Donald Trump à celle de Nicolas Sarkozy.

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Emmanuel Macron, une réponse au "rejet du système" ?

Pour l'ancien ministre de l'Economie, cette élection semble "être l’expression d’un rejet du système profond, et sous-estimé". Avec ces quelques mots, difficile de ne pas penser à son propre parcours. Par son passé dans le milieu des affaires, Emmanuel Macron n'a en effet rien de l'homme politique traditionnel. "Il faut toujours écouter ce que le peuple a à dire et non ce qu'on aimerait qu'il dise", poursuit-il. De fait, "ce rejet rend impossible de demeurer dans le statu quo dans lequel notre pays s’est englué depuis trente ans", a-t-il poursuivi alors que l'annonce de sa candidature ou non pour la présidentielle de 2017 est attendue avant le 10 décembre. 

Une "bonne nouvelle" pour Marine Le Pen

Le camp Le Pen a de quoi profiter de la victoire de Donald Trump, alors qu'il était largement opposé à Hillary Clinton pendant la campagne. Selon la présidente du Front National le "refus du Tafta, et plus généralement d'une mondialisation sauvage, la pacification des relations internationales notamment avec la Russie, le désengagement des expéditions belliqueuses à l'origine des grandes vagues migratoires dont nous sommes les victimes", seraient "bénéfiques" pour la France "s'ils sont tenus". Mais au-dela de ça, cette élection peut donner de l'espoir à la candidate, puisque selon elle "rien n'est immuable" malgré les "tentatives infructueuses de conditionnement de l'opinion".


Marion Maréchal Le Pen a ainsi estimé que "l'élection de Donald Trump est révélateur d'un tournant historique", parce que selon elle, "les peuples ont envie d’être entendus, d’être protégés par des frontières économiques et humaines. Ils veulent que l’on contrôle et que l’on limite l’immigration". Ce qui rappelle étrangement le programme du parti. 

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François Hollande sur le front

Après avoir félicité formellement Donald Trump, François Hollande a tout de même assuré qu'une période d'incertitude s'ouvrait. "Ce qui est en jeu c'est la paix, c'est la lutte contre le terrorisme, c'est la situation au Moyen-Orient, ce sont les relations économiques et c'est la préservation de la planète". Et sur ces sujets, l'actuel président de la République a souhaité se montrer en pleine action, réaffirmer sa stature de président. "J'engagerai sans tarder une discussion avec la nouvelle administration américaine" qui "entrera en fonction le 20 janvier", a-t-il indiqué. En attendant l'annonce ou non de sa candidature d'ici la fin de l'année, il tente d'affirmer son poids sur la scène internationale.

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