Réunifier une Amérique coupée en deux : le défi de Trump

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La présidence Donald Trump

DONALD TRUMP J+4. Comment retrouver l’unité perdue du peuple américain ? Celle qui fait se réunir sous un même drapeau et des valeurs communes les héritiers de Lincoln et de Roosevelt ? Comme chaque semaine, Michel Scott, éditorialiste à TF1, vous livre son regard sur l'actualité internationale.

Pendant des mois, il a clivé, divisé les Etats-Unis. Donald Trump est désormais élu mais sera-t-il le président d'une Amérique irréconciliable ? Rassembler une patrie désormais à ce point fracturée sera difficile. Deux mondes s’opposent : celui du "melting pot" d’une part, composé d’une partie des minorités, des blancs diplômés, des habitants des zones con-urbaines de la côte Est ou de la Californie, presse et establishment compris ; et d’autre part, l’Amérique assiégée, celle des plaines et des petites villes, des cols bleus et du stetson, des déclassés de la mondialisation moqués des médias, ceux-là mêmes qui assistent aux mutations de leur pays avec un sentiment d’impuissance silencieux.


Cette dernière vient de prendre sa revanche, infligeant aux instituts de sondages une gifle monumentale. Son champion s’installera à la Maison Blanche le 20 janvier dans la plus spectaculaire des accessions au pouvoir qu’un pays démocratique ait connu. 

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JT WE - Comment les instituts de sondages américains ont-ils pu autant se tromper ?

Comment Donald Trump va-t-il opérer cette transformation du candidat au président ? Du tribun clivant au chef d’Etat rassembleur ? Le protocole impose une longue période de transition pour faciliter cette mue qui exige une qualité : transcender les rancunes passées pour tendre la main à l’ensemble de ses concitoyens. Sans renier ses promesses de campagne, bien sûr, mais en se plaçant au-dessus de la mêlée. 


Les manifestations de refus (petites, mais nombreuses) qui ont émaillé ses premières journées de président-élu sont un test pour Donald Trump. En deux tweets successifs il a offert, comme Janus, deux visages préfigurant peut-être la variété de ses postures à venir. L’un appelle à la pacification des cœurs, l’autre pourfend "ces manifestants professionnels encouragés par les médias".

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Les journalistes, avatars fantasmés de cette opposition réelle, seront-ils les ennemis désignés du président Trump ? Le nom de Stephen Bannon est évoqué pour diriger son cabinet. Cet ancien commentateur de Fox, patron du très radical Breitbart News Network, conseiller politique le plus virulent de l’ex-candidat, conspue les médias « mainstream ». Sous son influence, le pool presse de la Maison Blanche pourrait être carrément supprimé. Comme une revanche, là aussi, de la communication directe avec le peuple, sans passer par le filtre des journalistes. Est-ce la meilleure manière de tendre la main à l’autre moitié de l’Amérique ? Pas sûr…

De même que les futurs partenaires étrangers de Donald Trump, au-delà des tonitruances de sa campagne, s’inquiètent d’abord de son imprévisibilité, de même est imprévisible  sa volonté de se métamorphoser en père de la Nation, rassurant et protecteur, que les institutions lui demandent de devenir. 


L’imprévisibilité est une vertu cardinale face à l’ennemi, disait-il à propos de Daech. "Tout est possible" disions-nous la semaine dernière ? Oui, en effet…

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JT WE - Donald Trump : une opération séduction complexe à Washington

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