Trump élu, quelle marge d'action Obama aura-t-il jusqu'à la fin de son mandat ?

Trump élu, quelle marge d'action Obama aura-t-il jusqu'à la fin de son mandat ?

DÉCRYPTAGE - Barack Obama ne cédera son fauteuil dans le Bureau ovale que le 20 janvier. D'ici à la passation officielle du pouvoir à Donald Trump, le président en sursis continue d'avoir la main sur tous ses dossiers. En théorie seulement.

Barack Obama parviendra-t-il à échapper à la règle du "lame duck" ? Signifiant littéralement "canard boiteux", cette expression affuble les présidents américains qui, durant les deux derniers mois de leur mandat, ont un pouvoir d'action limité. D'une part car ils n'expédient plus que les affaires courantes, mais aussi et surtout car ils doivent travailler avec leur successeur, élu en novembre mais investi en janvier. 

Durant cette période, la marge de manœuvre pour effectuer une dernière réforme semble inexistante. Les présidents toujours en exercice en sont alors réduits à multiplier les symboles, en particulier sur le plan diplomatique. Et c'est bien ce qui semble se profiler pour Barack Obama si l'on regarde son agenda : pour son prochain déplacement à l'étranger qui débute ce mardi, le démocrate est tout d'abord attendu en Grèce - avant l'Allemagne -, où il ne s'est jamais rendu durant ses deux mandats. Objectif, exprimer sa reconnaissance pour "la remarquable générosité" du pays vis-à-vis des réfugiés et des migrants. Un message à Donald Trump et son "mur" à la frontière mexicaine ? A Athènes, le président américain abordera également les défis de la mondialisation. Là aussi, certains ne manqueront pas d'y voir un clin d'œil à la campagne de son successeur, axée sur un discours virulent contre le libre-échange.  

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    Mais au-delà des discours, le toujours hôte de la Maison-Blanche ne devrait prendre aucune décision fondamentale sur le plan extérieur jusqu'à son départ. Concernant la Syrie notamment, Barack Obama est l'impasse. Il l'a avoué lui-même en septembre, avouant une forme d'impuissance en jugeant qu'il ne disposait d'aucune solution satisfaisante.

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    La promesse vaine de Guantanamo

    Sur le plan intérieur, la politique du président devrait elle aussi maintenir le statu quo, tant il semble avoir les pieds et poings liés. C'est par exemple le cas concernant la fermeture de Guantanamo, qu'il avait pourtant promise en 2008. Certes, le nombre de détenus est passé de 272 à 76 sous ses deux mandats. Mais la base cubaine, elle, existe toujours. "Les négociations tendues avec des dignitaires étrangers, des prises de bec dans la 'Situation Room' de la Maison Blanche et une longue bataille avec le Pentagone [qui abrite le ministère de la Défense]" ont sans cesse repoussé l'échéance, explique ainsi le New Yorker. Sans parler du Congrès à majorité républicaine, inflexible sur le sujet. Face à lui, la seule possibilité dont aurait disposé le président pour tenir coûte que coûte sa promesse aurait été de recourir à des décrets. Mais il ne peut évidemment plus le faire alors que Trump, lui, veut maintenir Guantanamo.

    Le calendrier dans la dernière ligne droite semble par ailleurs "parasité" par les rendez-vous constitutionnels aboutissant à l'investiture de Donald Trump le 20 janvier. Ainsi, le 19 décembre, les grands électeurs se réuniront dans les capitales de leurs Etats respectifs afin de désigner officiellement le président et son vice-président. Puis, le 6 janvier, les votes du collège électoral seront formellement présentés lors d'une session jointe du Congrès, et le président du Sénat proclamera les résultats. En parallèle, l'administration Obama devra, en bonne intelligence avec le staff de Donald Trump,  préparer l'arrivée du nouveau gouvernement, mais aussi de 4.000 hauts fonctionnaires. De quoi lui donner du pain sur la planche, à défaut d'avoir une  réelle marge d'action.

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