Facebook a-t-il favorisé l'élection de Donald Trump ?

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INTERNET - Après le choc de l’élection de Donald Trump, l’heure est à la recherche de coupables. Le rôle de Facebook, qui aurait laissé se propager de fausses informations du fait de son algorithme de diffusion des articles, est pointé du doigt. Une idée "complètement dingue" pour son patron.

Après la victoire de Donald Trump, un nouveau coupable fait son chemin dans l'esprit des déçus du scrutin présidentiel américain : Facebook. Plusieurs tribunes ont ainsi été publiées sur le sujet, outre-Atlantique. 


“Donald Trump a gagné à cause de Facebook”, titrait, par exemple, le New York Magazine mercredi 9 novembre. “La liste des responsabilités dans la victoire de Donald Trump est longue, mais Facebook est tout en haut”, assure, de son côté le site du laboratoire de recherche journalistique de l’université d’Harvard Nieman Lab. Pour Mashable, “Facebook devrait avoir honte de ce que leur plateforme est devenue" durant cette année électorale.

Le réseau social est accusé d’avoir favorisé l’élection de Donald Trump en laissant se propager, voire en mettant en avant, de fausses nouvelles sans distinction avec des informations véridiques provenant de médias fiables, de manière à générer le plus grand trafic possible. Le tout basé sur un principe de base du célèbre réseau : plus un post est lu, "liké", commenté, partagé... plus son "reach" - le nombre de personnes qui voient passer ce même post - sera élevé.


"Il lui est devenu possible de construire un discours alternatif, je dirais même une réalité alternative", estime Gabriel Kahn, professeur à l'Annenberg School of Journalism de l'université d'USC. "De cette façon vous avez des contre-vérités et des mensonges qui se sont mis à transiter dans l'écosystème médiatique pour devenir une lame de fond", poursuit-il.

Facebook, seule source d'information des supporters de Trump ?

Ignorant les médias traditionnels, beaucoup de supporteurs de Trump ont utilisé Facebook et d'autres réseaux sociaux comme leur seule source d'information, laquelle était souvent mise en forme par d'autres partisans du candidat républicain. Souvent biaisé, le flux comprenait également de fausses informations. 


"Hillary Clinton appelle à la guerre civile si Trump est élu", "le pape François surprend tout le monde et apporte son soutien à Donald Trump" sont deux exemples de titres fallacieux relevé par Joshua Benton, directeur du Nieman Journalism Lab de l'université d'Harvard. "Facebook a bâti une plateforme qui permet de diffuser ces mensonges, en partie parce qu'ils circulent très très bien", a-t-il dénoncé.

  

"La manière la plus évidente avec laquelle Facebook a permis la victoire de Trump a été son incapacité (ou son refus) de traiter le problème des canulars ou des fausses infos", a écrit l'éditorialiste du New York Magazine, Max Read. "Les mensonges et les exagérations ont toujours été un élément central des vraies campagnes politiques", a-t-il reconnu. "Facebook les a simplement rendus plus faciles à diffuser".

Si vous croyez ça, alors vous n'avez pas intégré le message que les supporteurs de Trump ont essayé d'envoyer à travers cette électionMark Zuckerberg

Placé devant ses responsabilités, Facebook a assuré, dans un premier temps, qu'il menait actuellement une réflexion sur le sujet, dans une déclaration au site TechCrunch


Mais jeudi 10 novembre, son directeur général et fondateur, Mark Zuckerberg, a contre-attaqué, estimant "assez dingue" l'idée que les fausses informations publiées sur Facebook aient pu influencer le résultat du scrutin présidentiel. "Si vous croyez ça", a-t-il ajouté lors d'une conférence en Californie, "alors je pense que vous n'avez pas intégré le message que les supporteurs de Trump ont essayé d'envoyer à travers cette élection".

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