Petites phrases, carrure présidentielle, dossiers... : on refait le match Trump/Clinton

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DECRYPTAGE - Hillary Clinton et Donald Trump se sont - enfin - affrontés lundi soir, le temps d'un débat. Carrure de présidentiable, attitude ou connaissance des dossiers... LCI "refait le match" avec Olivier Piton, avocat à Paris et Washington et auteur de "La Nouvelle Révolution américaine" (Plon).

Attitude : objectif atteint pour les deux candidats

La trêve n’aura duré qu’un instant : la première minute du débat, le temps qu’Hillary Clinton et Donald Trump se saluent. Curieusement, la démocrate était vêtue de rouge, la couleur du parti républicain alors que Trump affichait une cravate bleue, la couleur des démocrates. 


L'échange qui a alors débuté a alors été très vif, chacun cherchant à remplir des objectifs différents. "Chacun avait sa propre problématique, nous explique Olivier Piton. Hillary Clinton devait séduire pour donner l’image de quelqu’un qui n’est pas un "monstre froid", une calculatrice. Donald Trump, lui, devait convaincre qu’il n’était pas un "fou" capable d’appuyer sur tous les boutons nucléaires à la fois."


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Connaissance des dossiers : avantage pour Clinton

La démocrate,  bientôt 69 ans, était préparée, piochant notamment dans le passé de "Donald" pour l'attaquer. Sans oublier de profiter des questions internationales pour démontrer sa connaissance des dossiers. Mais il en fallait plus pour déstabiliser le magnat de l’immobilier, relativement – une fois n’est pas coutume - discipliné. "Donald Trump était extrêmement préparé. Surtout dans la première partie, consacrée à l’économie".



Carrure présidentielle : Trump relève le défi

L'ancienne secrétaire d'Etat (ndlr : ministre des Affaires étrangères) de Barack Obama, très à l'aise et consciente de son avantage, a adopté une posture résolument présidentielle. Une posture enviée par son rival : en multipliant les attaques contre les femmes, les musulmans ou les Mexicains ces derniers mois, Donald Trump avait en effet tâché son costume de "présidentiable".  Mais, selon Olivier Piton, l’homme a soigné son costume : "Il a été convaincant, il n’a pas dévissé. Plutôt une maitrise de ce qu’il veut faire."


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Temps forts : petite phrase contre surnom

Entre attaques, piques et esquives,  les 90 minutes d'échanges ont été animées. Des échanges durant lesquels Donald Trump s’est adressé à son adversaire d’une façon qui ne doit rien au hasard, relève Olivier Piton : "Il l’a appelé 'secretary' durant tout le débat pour la renvoyer à sa fonction, afin de lui faire porter la responsabilité des 30 dernières années, durant lesquelles elle a été au pouvoir d'une manière ou d'une autre. Il l'a ainsi placée sur une posture de candidate du système". 


Côté punchline, une phrase d’Hillary Clinton a marqué les esprits :  "Il cache quelque chose (...) Peut-être qu'il n'est pas aussi riche qu'il le dit", a lancé l'ancienne Première dame, rappelant que tous les candidats à la Maison-Blanche depuis 40 ans avaient diffusé leurs déclarations d'impôts. Réponse de l’intéressé : "Je publierai ma déclaration d'impôts quand elle aura publié les 33.000 mails qu'elle a supprimés", référence à l'affaire des courriers qui mine la campagne Clinton depuis le début de la campagne.


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En résumé, les télespectareurs américains ont assisté à un bataille au coude à coude à l'issue de laquelle les deux candidats semblent s'être neutralisés, estime Olivier Piton : "Il ressort du débat deux choses : il n’y a pas eu d’attaques frontales ou agressives qui resteront dans les annales. En outre, aucun des deux n’a perdu, il n’y pas eu de phrase lapidaire qui a laissé sans voix un candidat."  Prochain match le 9 octobre, pour le second débat.



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