Président et milliardaire : gros conflits d'intérêts en vue pour Donald Trump

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ETATS-UNIS – Donald Trump a été reçu jeudi par Barack Obama à la Maison-Blanche, où il posera ses valises le 20 janvier. D'ici là, le magnat de l'immobilier devra faire du ménage dans ses affaires pour éviter les critiques sur les risques de conflits d'intérêts avec ses nouvelles fonctions.

Gare au mélange des genres. A peine élu à la tête des Etats-Unis, Donald Trump pourrait voir surgir une flopée de critiques sur les conflits d'intérêts entre sa nouvelle fonction et ses affaires, en particulier à l'étranger. Un cas sans précédent dans l'histoire des Etats-Unis.

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    Le businessman a en effet fait fortune en bâtissant un vaste réseau d'hôtels et d'immeubles de luxe à la tête de la Trump Organization. Problème : ce holding qui chapeaute ses activités est composé de ramifications qui restent entourées de mystère. Notamment sur leurs "frontières" : d'après les informations publiques, cet empire immobilier s'étend à des pays alliés (Corée du Sud, Turquie...) avec lesquels sa future administration devra continuer d'entretenir des liens diplomatiques. Au risque d'alimenter un curieux mélange des genres, pour l'instant peu évoqué tant la victoire du candidat républicain paraissait improbable il y a encore deux jours.

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    "J'ai zéro intérêt financier en Russie"

    Par ailleurs, la Trump Organization n'étant pas cotée en Bourse, beaucoup de ses activités restent dans l'ombre. Des médias américains ont en particulier fait état de liens financiers étroits avec des proches du président russe Vladimir Poutine, dont le candidat républicain a loué le leadership pendant sa campagne. "Que ce soit clair, j'ai zéro intérêt financier en Russie", avait rétorqué Donald Trump en juillet.

    Mais les zones grises sont loin de se limiter à la Russie. Selon le Wall Street Journal, le milliardaire new-yorkais a ainsi reçu, depuis 1998, pour 2,5 milliards de dollars de prêts de la Deutsche Bank dans le cadre du financement de ses activités économiques. Or la banque allemande, mise en cause aux Etats-Unis pour son rôle dans la crise financière de 2008, va bientôt se voir infliger une très lourde amende dont le montant est encore débattu à Washington. Si elle hérite de ce dossier, l'administration Trump aura-t-elle la main moins lourde en pensant aux intérêts personnels du président ?

    Législation clémente

    Pour sa défense, Donald Trump dispose d'une législation plutôt clémente en la matière. Le président ou le vice-président des Etats-Unis peuvent ainsi combiner leurs mandats avec des activités économiques, alors que les obligations pesant sur les membres non-élus de l'exécutif sont bien plus contraignantes. La Constitution interdit certes à tout responsable politique d'accepter le moindre "émolument" d'une puissance étrangère, mais cette disposition n'interdit en rien d'entrer en affaires avec des partenaires privés à l'étranger.

    En outre, les accusations de conflits d'intérêts ne sont pas inédites aux Etats-Unis : elles avaient ainsi pollué l'administration de George W. Bush, dont le vice-président Dick Cheney dirigeait, jusqu'à sa désignation en 2000, le groupe pétrolier Halliburton, qui a hérité de juteux contrats en Irak après l'invasion américaine de 2003. Sa double casquette étant lourde à porter, le nouvel hôte de la Maison Blanche pourra toujours déléguer ses pouvoirs sur son empire, comme le fit Silvio Berlusconi en Italie : après sa première élection à la tête du gouvernement en 1994, il avait confié la direction de son empire audiovisuel à des membres de sa famille. Sans toutefois échapper à de tenaces soupçons de conflits d'intérêts.

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