Élections américaines : à l'exception du FN, la classe politique française s'indigne ou se résigne à la victoire de Donald Trump

ÉLECTION AMÉRICAINE 2016
RÉACTIONS - Après l'élection de Donald Trump à la tête des Etats-Unis après sa victoire sur Hillary Clinton, la classe politique française n'a pas manqué de réagir, à droite comme à gauche. En ayant l'élection présidentielle de 2017 en ligne de mire.

La classe politique française n'a pas pu rester indifférente à l'élection de Donald Trump à la tête de la première puissance mondiale. Beaucoup y voient un message à prendre en compte pour 2017, et appellent,  à l'instar de Jean-Christophe Cambadélis, les politiques à arrêter leur "enfantillages". Certains demandent aussi aux électeurs de se mobiliser et d'aller voter en avril et mai prochains. D'autres acceptent le choix des électeurs américains sans grand enthousiasme mais avec réalisme, puisqu'il faudra dorénavant composer avec Donald Trump pendant les quatre prochaines années. Seul le FN se réjouit ouvertement du résultat.

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Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du Parti socialiste, veut responsabiliser son camp : "Continuons nos enfantillages irresponsables et ça sera Marine Le Pen". Il met en garde contre l'élection présidentielle française qui approche, et qui pourrait connaître un scénario sembable.


L'ancienne ministre Cécile Duflot est un peu dans la même approche. Pour elle il faut "comprendre", "réfléchir" car "le pire, jamais certain, reste possible".

Sur LCI, Pierre Laurent a lui aussi estimé que l'élection de Trump montrait que la "perspective de l'élection de Marine Le Pen" était réelle.

Le porte-parole du Parti communiste Olivier Dartignolles a estimé qu'il s'agissait d'un "véritable séisme avec une Amérique et le reste du monde en état de choc. (...) Pour ceux qui en doutent, ce qui vient de se passer aux USA doit les faire réfléchir. Les peuples sont en colère, rejettent le système. Sans le rassemblement d'une gauche de progrès, anti austérité, c'est le populisme de droite qui s'imposera en 2017 ou après."

Gilles Boyer, directeur de campagne d'Alain Juppé, insiste sur le fait qu'il faudra aller voter. D'autant plus que si les électeurs français souhaitaient eux aussi élire un candidat nationaliste et protectionniste, cela serait défavorable au maire de Bordeaux.

Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre et également soutien d'Alain Juppé à la primaire de la droite, a déclaré sur RTL : "La ligne de front de la raison depuis le Brexit n'existe plus. Ca veut dire que l'information principale pour nous Français, c'est que Marine Le Pen peut gagner en France." "Ca veut dire que le populisme extrême peut gagner" a-t-il ajouté. "Ca veut dire que Mme Le Pen, avec des réponses simples, peut gagner en France." 


Dans un communiqué, le fondateur d'En Marche, Emmanuel Macron, probable candidat à la présidentielle, a jugé que "rien n'est jamais écrit à l'avance". "Il faut toujours écouter ce que le peuple a à dire et non ce qu'il aimerait qu'il dise". L'ancien ministre de l'Economie y voit "l'expression d'un rejet du système profond et sous-estimé", appelant à la transformer "non pas en rejet du présent mais en espoir de changement". Ajoutant : "c'est l'enjeu des six prochains mois". 

Ceux qui respectent le choix des Américains, sans grand enthousiasme

Alain Juppé, candidat à la primaire de la droite et du centre et favori des sondages, a indiqué dans un communiqué : "Le peuple américain s’est prononcé démocratiquement et je prends acte de sa décision souveraine." "Je veux ce matin adresser à M. Trump, qui aura demain la charge de conduire la démocratie américaine, un message fort, le message d’un pays ami du peuple américain. Le monde a besoin d’une démocratie américaine apaisée et qui contribue à l’équilibre du monde, aujourd’hui gravement menacé" a-t-il continué. "C’est à la France et à l’Europe de se mettre en situation de défendre leurs intérêts dans leur dialogue avec l’administration américaine. Plus que jamais, les Français ont besoin d’une France forte et d’un Président de la République qui puisse être entendu et respecté par ses partenaires".

François Fillon, ancien Premier ministre, a réagi par communiqué. "Le peuple américain a choisi Donald Trump pour présider ses destinées. La démocratie américaine doit être respectée" écrit-il. "Mr Trump devra être jugé sur ses actes. Guerre au Moyen Orient, paix au Proche Orient, réconciliation avec la Russie, tensions en Asie, régulation du commerce international : les défis du monde sont immenses. Alliée des Etats-Unis, la France devra faire entendre sa voix amicale mais indépendante."

Le Premier ministre Manuel Valls a estimé sur Twitter qu'il fallait accepter cette "nouvelle donne mondiale" et la "regarder en face". 

Les nostalgiques de Bernie Sanders

A la gauche de la gauche, les politiques se demandent si le scénario aurait été le même avec Bernie Sanders à la place d'Hillary Clinton pour représenter les démocrates, à l'instar de Jean-Luc Mélenchon.

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Au FN, la satisfaction

Du côté du Front national, qui soutenait ouvertement Donald Trump, l'élection du milliardaire est une victoire. La présidente du parti Marine Le Pen a réagi sur son compte officiel, avant même l'annonce concréte de la victoire de Trump.

En début d'après-midi, elle a affirmé, lors d'une allocution, que cette victoire de Trump était "une bonne nouvelle pour la France".

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