Élections américaines - Donald Trump président : pourquoi cela risque de coincer avec la France

DÉCRYPTAGE – Malgré son alliance historique avec les Etats-Unis, Paris a laissé transparaître mercredi des signes d'inquiétudes après l'élection de Donald Trump face à Hillary Clinton à la présidentielle américaine. Plusieurs sujets pourraient notamment crisper les relations entre la France et les Etats-Unis.

"Après Brexit et cette élection, tout est désormais possible. Un monde s’effondre devant nos yeux. Un vertige". Alors que Donald Trump s'apprêtait à ravir la Maison-Blanche à Hillary Clinton, Gérard Araud n'a pas pu résister ce mercredi matin : l'ambassadeur de France aux Etats-Unis a publié un tweet où il fait part de son inquiétude. Si le message a depuis été effacé, il aura au moins eu un mérite : dire tout haut ce que – certains – officiels semblent penser tout bas.


Il suffit de se pencher sur les propos de François Hollande à la mi-journée pour s'en convaincre. "Les Etats-Unis constituent un partenaire de tout premier plan pour la France. Ce qui est en jeu, c'est la paix, c'est la lutte contre le terrorisme, c'est la situation au Moyen-Orient, ce sont les relations économiques et c'est la préservation de la planète", a énuméré le chef de l'Etat français. Une liste qui ne doit rien au hasard, tant les points soulevés devraient susciter la crispation ces prochains mois entre Paris et Washington.

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"Les félicitations du bout des lèvres" de Hollande à Trump

L'accord de Paris sur le climat, scellé il y a un an et considéré comme historique ? Le candidat Trump a annoncé en mai son intention d'"annuler" un traité dont il n'était "pas grand fan" et a qualifié le réchauffement climatique de "canular". L'accord controversé sur le nucléaire iranien, trophée de la présidence Obama et fruit d'années d'efforts diplomatiques internationaux ? "Catastrophique" pour Donald Trump, qui a promis de le "démanteler". Sur la politique américaine au Moyen-Orient, ravagé par les guerres, et la lutte contre le terrorisme incarné par l'organisation djihadiste Etat islamique, le futur président est jusqu'à présent resté flou.


François Hollande l'a d'ailleurs reconnu lui-même durant son allocution : "une période d'incertitude" s'ouvre avec la victoire de Donald Trump. Son ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, avait un peu auparavant exprimé les mêmes craintes : "Il va falloir essayer de savoir ce que veut faire ce nouveau président. Ce qu'il a dit jusqu'à présent provoque bien des inquiétudes."

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Face aux interrogations suscitées par la politique étrangère du futur locataire de la Maison-Blanche, François Hollande et Jean-Marc Ayrault en ont tous deux appelé à l'Europe, pourtant déjà ébranlée par le séisme du Brexit. Une Europe qui, à en croire l'exécutif français, doit se serrer les coudes si elle veut continuer à peser face aux Etats-Unis : "Sachez bien qu'il ne faut plus attendre des États-Unis qu'ils défendent le continent européen, assurait le 15 octobre François Hollande. (Ils) vont demander aux Européens de se défendre par eux-mêmes".


"La doctrine Obama – ne pas recourir systématiquement à la force armée, partenariat avec d'autres pays, recours aux organisations internationales… - s'en ira avec lui. C'est pour cette raison que ces élections auront un impact sur la France", explique à LCI Nicholas Dungan, directeur de recherche à l'IRIS (Institut des relations internationales et stratégiques) et conseiller spécial l'Atlantic Council à Washington. Avant de rajouter : "Il va incomber à Paris d'assurer un rôle de leadership beaucoup plus robuste et cohérent pour que l'Europe soit mieux positionnée afin de défendre les valeurs occidentales."

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