Élections américaines : Donald Trump élu, un camouflet pour Barack Obama

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DÉCRYPTAGE – L'élection de Donald Trump a fait l'effet d'une bombe, ce mercredi. En particulier auprès de Barack Obama, fortement impliqué dans la campagne contre celui qui incarne selon lui un risque pour la démocratie. Cela n'aura pas suffi.

"Nous ne pouvons pas nous permettre d'élire ce type ! Ce n'est pas possible !". Dans la dernière ligne, Barack Obama avait laissé au vestiaire son costume de président calme et raisonné pour endosser celui du défenseur d'un idéal démocratique américain face au risque populiste incarné, selon lui, par Donald Trump. Multipliant les meetings en soutien à Hillary Clinton, le locataire de la Maison-Blanche avait mouillé la chemise jusqu'à la veille du scrutin. En vain : quelques heures plus tard, il a été obligé de décrocher son téléphone pour féliciter son successeur.


"Barack Obama ? C'est désormais de l'histoire antique", s'emporte auprès de LCI Nicholas Dungan. Selon le directeur de recherche à l'IRIS (Institut des relations internationales et stratégiques) et conseiller spécial de l'Atlantic Council à Washington, "non seulement son investissement durant la campagne n'a servi à rien, mais il a également dit que Donald Trump n'était pas compétent pour devenir président. Que va-t-il faire maintenant ? Comment va se passer l'investiture ?"

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Si le 44e président a essuyé un revers après avoir sillonné son pays ces dernières semaines, la défaite est encore plus cuisante pour celui qui, après huit ans à la Maison-Blanche, semble s'être coupé de cette Amérique qui lui avait fait confiance en 2008. Une Amérique où une frange de la population semble effrayée par le tourbillon de la mondialisation et une société qui s'écarte de ses fondamentaux, si on en croit le discours de Donald Trump qui a fait mouche après de cette "silent majority" ("la majorité silencieuse").


"Le vote Trump est ce que j'appelle le "boomerang anti-Obama", nous explique Marie-Cécile Naves, politologue et chercheuse associée à l'IRIS. Il répond à une question : quelle société voulons-nous après Obama ? Réponse, une société blanche, qui n'aime pas qu'un noir puisse avoir accédé à la Maison-Blanche, qui n'aime pas que des droits soient accordés aux homosexuels, que la société soit ouverte sur le monde... C'est le contre-pied parfait de la politique de Barack Obama."

La conception de la politique entre les deux hommes semble en effet opposée à tout point de vue : la vision du monde, mais aussi la relation aux femmes, à la famille, à l'argent, aux institutions. Une opposition qui ne date pas d'hier : en 2011, celui qui n'était pas encore candidat à la Maison-Blanche avait alimenté une campagne visant à mettre en doute le fait que le premier président noir des Etats-Unis était né sur le territoire américain. Exaspéré, Barack Obama avait fini par organiser une conférence de presse pour publier son acte de naissance complet.


Un peu plus de cinq ans plus tard, Barack Obama s'apprête donc à céder sa place dans le Bureau ovale, "une fonction sérieuse", n'a-t-il eu de cesse de rappeler, à Donald Trump. Un ex-animateur de télé-réalité qui a alimenté, pendant des années, une campagne de rumeurs à connotation raciste à son encontre. On comprend mieux la sobriété du communiqué publié ce mercredi par la Maison-Blanche : "Le président fera une déclaration mercredi pour évoquer les résultats de l'élection et voir quelles mesures nous pouvons prendre en tant que pays pour nous rassembler après cette rude campagne".

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