Il a multiplié les critiques sur la France : Donald Trump nous déteste-t-il ?

DANS LA TÊTE DE TRUMP - Que pense le futur président des Etats-Unis de notre pays ? Pendant la campagne, il s’est livré à quelques remarques, plutôt désobligeantes, sur la France.

Qu'est-ce que la France peut attendre de l’arrivée prochaine de Donald Trump à la Maison-Blanche ? Difficile à dire. Pendant la campagne, les relations entre les Etats-Unis et notre pays ont été peu abordées, aussi bien par le vainqueur que par sa rivale Hillary Clinton. Elles ont été plutôt englobées dans une réflexion plus générale sur l’Europe, continent lui-même largement mis à l’écart. Et jusqu’à présent, le futur président des Etats-Unis n’a jamais rencontré de dirigeants ou politiques français en activité.


En revanche, tout au long de sa campagne, celui qui n’était alors que le candidat républicain s’est livré à plusieurs réflexions, souvent approximatives ou exagérées, sur l’Hexagone. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles n’étaient pas flatteuses. En voici une sélection (non exhaustive).

"La France n'est plus ce qu'elle était"

En février dernier, Donald Trump donne sa première - et seule à ce jour - interview à un journal français, en l’occurrence Valeurs actuelles. Interrogé sur l’islam radical, il aborde le cas français et fait référence aux supposés quartiers qui seraient interdits aux non-musulmans. "Malheureusement, la France n’est plus ce qu’elle était, et Paris non plus. Il y a des quartiers dont on a l’impression qu’ils sont devenus hors la loi (…) Des amis français me disent qu’ils ont parfois le sentiment de n’être plus vraiment chez eux quand ils se promènent, çà et là, dans leur pays". "J’ai beaucoup d’amis musulmans avec qui je parle tout le temps et qui sont d’accord avec moi", ajoute-t-il. Il critique également notre législation sur les armes à feu, en assénant que si des spectateurs du Bataclan avaient été armés, ils auraient pu tuer des terroristes. 

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En juin, le candidat aborde la question de la sécurité autour de l’Euro de football. "lls (ndlr : les Français) ont cet énorme tournoi de football dont ils ne savent pas s’ils vont pouvoir assurer la sécurité. Ils ne savent pas quoi faire. Est-ce qu’il faut annuler ?", lance-t-il, déclenchant ainsi une mini-tempête diplomatique avec l’ambassadeur de France aux Etats-Unis.

"La France est infectée par le terrorisme"

Mi-juillet, Donald Trump donne une interview à NBC. Il évoque alors, entre autres, l’attentat de Nice et la fusillade de Munich, en Allemagne. "Je ne vois pas pourquoi nous devrions nous suicider en laissant entrer chez nous des ressortissants de pays infectés par le terrorisme. La France et l'Allemagne sont infectées par le terrorisme". "Et vous savez quoi ? C’est leur faute. Parce qu’ils ont laissé des personnes entrer sur leur territoire".  Reprenant ensuite son idée de suspendre l’immigration en provenance de "toute nation exposée au terrorisme", il laisse entendre que, oui, il pourrait mettre en place des "contrôles extrêmes" pour les Français qui veulent entrer aux Etats-Unis. "Quel ressortissant pourrait être interdit et pour quelle raison ? Il faudra être intelligents, vigilants et forts", prévient-il.


Quelques plus jours plus tard, après l’attentat de Saint-Etienne du Rouvray, il cite un "ami" qui devait se rendre en France : "Je l'ai vu hier. Je lui ai demandé : “Tu as aimé la France ?” Il m'a dit : “Je n'irai pas en France. Je n'irai pas en France'", dit-il. Avant de poursuivre : "Ils ne vont pas m'aimer pour dire ça, mais regardez ce qui s'est passé à Nice. Vous avez vu ce qui s'est passé hier avec le prêtre? (...) La France n'est plus la France (…) C’est catastrophique".

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Crise des réfugiés : "La France n'est plus la France", selon Donald Trump

Hollande critiqué

Fin 2015, au début de sa quête pour la Maison-Blanche, sans parler de la France proprement dite, Donald Trump s’était aussi livré à une réflexion sur François Hollande – dont il avait jugé, en 2012, l’élection "décevante". Alors qu’un journaliste lui demandait ce qu’il pensait du chef de l’Etat, sa réponse avait été très claire : "Il est contre l'entrepreneuriat, n'est-ce pas ?". Avant d’ajouter :  "Nous allons parler. Nous allons nous amuser. Tout va bien se passer". Il y a quelques semaines, François Hollande avait quant à lui ouvertement souhaité la victoire d’Hillary Clinton…


En remontant bien avant la campagne, on peut aussi trouver quelques critiques sévères, comme lorsque Donald Trump affirmait en 1986 qu’il souhaitait priver la France de l’arme nucléaire. Selon lui, l’"arrogant" François Mitterrand vendait en effet la technologie aux Etats honnis des Etats-Unis.

"Il est venu en France plus de 20 fois"

 A l'opposé de ces déclarations, l'historien André Bercoff, auteur de l'interview pour Valeurs actuelles en février et qui a consacré un livre au magnat de l'immobilier (Donald Trump, les raisons de la colère), dresse un portrait plus flatteur. Il y a quelques semaines, il avait ainsi indiqué sur notre antenne que le futur président américain "adorait" la France, où il est venu une vingtaine de fois.

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Selon l'historien André Bercoff, Trump "adore la France"

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