5 exemples pour juger si le FN pratique des "chasses aux sorcières" une fois élu

5 exemples pour juger si le FN pratique des "chasses aux sorcières" une fois élu

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ELECTIONS - Après avoir menacé de représailles "La Voix du Nord" qui a pris position contre elle, Marine Le Pen a promis que d'éventuelles victoires du FN aux régionales ne seraient pas suivies d'une "chasse aux sorcières". Une promesse déjà faite lors d'élections précédentes, mais dont l'interprétation reste pour le moins large…

La menace, comme un réflexe. En découvrant lundi la une de La Voix du Nord prenant position contre le FN, sa présidente et tête de liste dans la région Marine Le Pen a aussitôt promis qu'en cas de victoire, elle couperait immédiatement les subventions qu'elle accuse - à tort - le quotidien de toucher. Avant de se radoucir le soir même, lors d'un meeting à Lille… Faisant la promesse d'une "gestion équitable, d'un traitement égal, de décisions respectueuses des intérêts politiques et individuels de tous", Marine Le Pen a alors martelé : "Il n'y aura pas de chasse aux sorcières". Une promesse devenue un leitmotiv rassurant avant chaque élection : la présidente du FN l'avait déjà faite, dans les mêmes termes, en mars 2014 avant le second tour des municipales. "Nous ne sommes pas des gens sectaires", appuyait-elle. Entre-temps, plusieurs polémiques nées parmi les 11 villes que gère le parti ont pourtant montré que les notions de "sectarisme" et de "chasse aux sorcières" peuvent être librement interprétées par les élus FN. La preuve en cinq exemples.

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 Béziers (Hérault)
En tant qu'ancien président de Reporters sans frontières, Robert Ménard est pour la liberté d'expression… dans certaines limites. En avril dernier, Midi Libre rapportait que le maire apparenté FN avait décidé de couper les subventions de la ville à l'association Arc-en-Ciel, qui portait des actions sociales dans le quartier sensible de La Devèze. Trop "politique" au goût du maire. En cause, explique le quotidien, une déclaration tenue dans ses colonnes par le président de l'association à l'heure de faire le bilan de la première année de Robert Ménard à la mairie. Jean-Marie Malric avait alors déclaré ceci : "Lors des vœux aux associations, le maire s’était engagé à ne pas toucher aux subventions, nous avons tout de même eu une coupe sombre de plus de 10%. La mairie justifie la baisse par une diminution des dotations de l’État. On peut espérer que c’est vrai. J’espère qu’il n’y a pas de raison cachée derrière". "Inacceptable" pour Robert Ménard. "Ces gens-là mélangent tout, la politique et le social. On ne fait pas de politique avec l'argent de la Ville". Et alors qu'on lui demandait si sa réaction n'était pas disproportionnée au vu des propos reprochés, il a rétorqué : "C'est le maire qui décide".

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► Fréjus (Var)
Sénateur, David Rachline aime la politique. Mais comme Robert Ménard, il a ses frontières. En septembre 2014, relatait Var Matin , lui aussi a donc coupé les vivres de l'association qui gérait le récent centre social de Villeneuve, pour cause d'une "hostilité publique et manifeste à l'égard de la nouvelle municipalité". La directrice du centre, Sandrine Montagard s'était en effet exprimée dans les colonnes du Monde. Au journal qui lui demandait son sentiment sur ce que changeait l'arrivée du FN à la tête de la ville, elle avait notamment relaté l'augmentation des actes racistes qu'elle avait perçue depuis l'élection de David Rachline. Verdict de l'intéressé : "Un centre social n'a pas vocation à être un centre socialiste". Et pour s'assurer que les conseils de quartier ne soient pas non plus tenus par des socialistes, L'Express signalait par ailleurs en mai dernier que le maire a changé le mode de désignation de leurs présidents : ceux qui étaient jusqu'alors élus par les habitants sont désormais désignés par le conseil municipal. Une certaine vision de la démocratie.

► Beaucaire (Gard)
Même méthode, mêmes motifs. En coupant, fin janvier dernier, les subventions de la "Maison du vivre ensemble", le nouveau maire FN de Beaucaire avouait : "Je ne suis pas maso, donner une subvention à des gens qui font des déclarations politiques contre nous et leur faire cadeau d’un joli local de 150 m2 estimé à 10.000 euros de revenus locatifs par an, ça me pose problème". Un franc-parler, qui a par ailleurs valu à Julien Sanchez d'être condamné en septembre dernier à 1500 euros d'amende (il a fait appel de cette condamnation) pour injures, après avoir déclaré au sujet d'une syndicaliste de la CGT, enseignante dans un lycée de sa ville, que son "comportement n'a rien à envier à celui de racailles".

► Mantes-la-Ville (Yvelines)
Dans la seule cité FN d'Ile-de-France, le maire Cyril Nauth est à l'unisson de ses pairs du Sud. En mars dernier, quand la Ligue des droits de l'homme (LDH) locale a signalé au Parisien qu'elle se voyait retirer le local municipal qu'elle occupait gratuitement ainsi que ses permanences dans un centre social, l'édile avait tenu à préciser son mobile : "La LDH ne défend pas l'intérêt général, l'antenne de Mantes est très politisée, s'en prend régulièrement au FN".

► Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais)
La LDH est une victime collatérale régulière du passage des collectivités au bleu marine. A Hénin-Beaumont , le maire Steeve Briois a également mis fin, peu après son élection, à la subvention et à l'usage gratuit d'un local municipal dont bénéficiait l'association. Le tort de la LDH ? avoir, au cours de la campagne municipale, diffusé des tracts appelant à "faire barrage" au FN, dont le président de l'antenne locale avait pointé "la dangerosité".

EN SAVOIR + >> Notre page spéciale pour les régionales

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