A Clamart, la transparence au coeur des enjeux

A Clamart, la transparence au coeur des enjeux

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POLITIQUE - À l'occasion des élections municipales de mars prochain, les étudiants du Celsa scrutent pour metronews le programme des candidats d'une dizaine de villes d'Île-de-France. Aujourd'hui, focus sur Clamart (Hauts-de-Seine).
À Clamart, l’alliance PS/PCF, conduite par Pierre Ramognino, veut conserver la majorité. Elle doit affronter la coalition UMP/UDI/Modem, menée par Jean-Didier Berger, ainsi que la liste "Clamart citoyenne", qui rassemble des écologistes, des membres du Front de gauche et des indépendants. Sofian Yousaf, candidat sans étiquette, s’est également lancé dans la bataille.
 
> Logement : priorité à la transparence après les polémiques autour du maire
"Transparence dans l’attribution des logements sociaux" : ce leitmotiv réunit tous les candidats, de Jean-Didier Berger à Vanessa Jérome (Clamart citoyenne), en passant par Sofian Yousaf et Pierre Ramognino. Il faut dire que Clamart a été très marqué par la diffusion d’une vidéo , où l’on voit le maire actuel, Philippe Kaltenbach, toucher une grosse somme d’argent liquide - vraisemblablement en échange de facilités dans l’attribution d’un logement social.
   
Mais Jean-Didier Berger souhaite aussi réduire la proportion de logements sociaux : il propose de voter un nouveau Plan Local d’Urbanisme (PLU), afin de sauvegarder les zones pavillonnaires et de permettre la construction de quartiers mixtes. Et de stopper ce qu’il voit comme le "bétonnage" de la ville. Il rejoint là "Clamart citoyenne", qui veut aussi réviser le PLU, et garder des espaces verts et des zones de respiration.
Lors d’un meeting, Pierre Ramognino a lui déclaré vouloir construire 200 logements par an, dont la moitié de logements sociaux. Ce qui permettrait, selon lui, d’atteindre les 30% de logements sociaux d’ici 2030, tout en diversifiant l’offre de logement.
 
> Sécurité : la vidéo-protection divise, la police municipale rassemble
C’est d’abord le système de vidéo-protection qui divise les candidats. La majorité a installé quatre caméras en 2013. Pour Jean-Didier Berger, ce n’est pas assez : il souhaite mettre en place un "réseau complet" , mais sans indiquer le nombre de caméras que cela représente. A l’opposé, la coalition “Clamart citoyenne”, veut toutes les supprimer. Au PS, on choisit l’entre-deux, avec "une vidéo-protection limitée aux zones sensibles" (gare, rues piétonnes…)
Tous les candidats se retrouvent, en revanche, sur la police municipale : les quatre têtes de liste souhaitent augmenter les effectifs de l’actuelle "garde municipale", pour en faire "une véritable police de proximité".
Plus précisément, Sofian Yousaf tient à ce qu’elle soit présente dans le Haut et le Bas-Clamart, et au sein de commissariats accessibles même en dehors des heures de bureau. "Clamart citoyenne", quant à elle, veut améliorer ses moyens et sa formation ; tout en demandant des fonds supplémentaires à la police nationale.
 
> Fiscalité : ne pas dépenser un centime de plus
Les candidats n’ont au sujet des impôts qu’un seul mot d’ordre : pas d’augmentation. Pour Jean-Didier Berger, c’est possible , tout en augmentant les recettes de la ville . Le secret : ne plus gaspiller, ni faire du "tout-social". Pierre Ramognino insiste quant à lui sur la rentabilité : il veut faire plus avec autant de moyen, "chaque euro dépensé est un euro utile", écrit-il dans ses premières propositions.
Quant à Vanessa Jérome, c’est pour elle une question d’éthique, car "les impôts locaux sont établis sur des bases socialement injustes".
 
> Emploi : créer des pépinières
"Hôtel d’entreprises", pour le candidat PS ou " pépinière d’entreprises" pour Jean-Didier Berger, tous deux ont le même type de structure dans leur programme : un "équipement" (Jean-Didier Berger) "avec des surfaces et services modulables" (Pierre Ramognino), dédié aux petites entreprises. Vanessa Jérome propose quant à elle un "Guichet Clamart Entreprises", pour " promouvoir les infrastructures" et services existants, explique-t-elle dans son programme.
Le candidat de l’UMP insiste sur le dynamisme à rendre à la ville pour attirer les entreprises, notamment en promettant de "se battre auprès de la Métropole et de la Région" pour réduire "la fiscalité qui pèse sur l’emploi", écrit-il, bien que cette question ne dépende plutôt du gouvernement. Tandis que Pierre Ramognino met en avant la maison de l’Emploi , qui continuera à "favoriser l’embauche des Clamartois", selon lui.
Mais pour ces trois candidats, l’emploi se fait avant tout par le retour du commerce local.
Sofian Youssaf, le candidat sans étiquette, insiste de son côté sur l’emploi municipal. "Stop au clientélisme", annonce-t-il. Il veut aussi favoriser les emplois d’avenir.
 
> Cadre de vie : la droite veut donner la priorité à la voiture
Jean-Didier Berger, Vanessa Jérome ou Pierre Ramognino promettent de se battre, une fois élus, pour faire enfouir la ligne à très haute tension qui parcourt la ville. À EDF de payer pour Pierre Ramognino, et pas question de "vendre les terrains boisés [...] comme le propose l’UMP", dit-il dans ses propositions. Sur son site web , Jean-Didier Berger parle de "valorisation des terrains", et non directement de vente, pour ne pas faire dépenser "1 centime au contribuable" .
Côté transports, la liste UMP/UDI/Modem favorise la voiture : de nouvelles places de parking, le "système Scoot" aux feux tricolores pour fluidifier le trafic et des subventions aux voitures électriques. Il propose aussi d’augmenter le trafic du Clamibus, le réseau de bus local, tout comme le candidat PS. Places de parking pour ce dernier aussi, mais également une ville à parcourir à vélo : pistes cyclables, garages sécurisés et ateliers de réparation.
Même chose pour Clamart Citoyenne, qui favorisera en plus du vélo le déplacement à pied, en étendant les "zones 30", et le co-voiturage.
 
> Démocratie locale : le PS veut développer l'opendata et lancer une webTV
Clamart veut encourager, depuis 2003, la démocratie locale , principalement à travers les conseils de quartier. "Clamart citoyenne" trouve ce bilan insuffisant , et fait de ce point sa priorité. Ses propositions : mettre en place un premier adjoint dédié à la question, et introduire un volet “concertation” dans tous les projets municipaux importants. La liste évoque aussi la possibilité de recourir à des conférences citoyennes (dispositif réunissant citoyens et experts) et à des commissions extra-municipales.
Pierre Ramognino souhaite d’abord "généraliser la consultation des habitants sur les projets municipaux". Il propose aussi de développer une plateforme open data et une webTV. Cette dernière devra à la fois relayer les séances du conseil municipal, et donner la parole "aux Clamartois et aux associations".
Le programme de Jean-Didier Berger ne contient en revanche aucune rubrique spécifique à la démocratie locale. Il propose tout de même, dans ses mesures économiques, de mettre en place un "comité économique et social" . Celui-ci rassemblerait des associations, des commerçants et des entrepreneurs, qui pourraient donner leur avis sur les projets économiques de la mairie.

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