A Fréjus, Marine Le Pen fait l'éloge du protectionnisme face à la mondialisation

A Fréjus, Marine Le Pen fait l'éloge du protectionnisme face à la mondialisation
Élections Municipales 2020

DÉBUT DE CAMPAGNE - Marine Le Pen a clos dimanche les "Estivales" du Front national à Fréjus, événement qui doit marquer son entrée en campagne, par un discours dirigé contre l'Union européenne et la mondialisation. Extraits.

Ni Front national, ni flamme tricolore. Débarrassée des oripeaux du parti qu'elle préside, c'est avec la mention "Au nom du peuple" inscrite sur son pupitre que Marine Le Pen a lancé sa campagne pour 2017, dimanche, en clôture des "Estivales" du FN à Fréjus (Var). Un discours déclinant le thème de la souveraineté française contre la mondialisation financière et l'Union européenne, thème récurrent de la candidate à la présidentielle, qui se pose en garante de la "souveraineté nationale". Voici ce que l'on peut en retenir de ce discours au cours duquel Marine Le Pen n'aura jamais mentionné ses adversaires politiques. 

L'Union européenne pour cible

Première cible de la présidente du FN, l'Union européenne, accusée d'avoir lié la France par "des traités absurdes qui empêchent tout patriotisme économique" et d'avoir rendu ainsi les dirigeants politiques "impuissants". "L'Europe, la vraie, est une évidence. L'Union européenne, c'est une ingérence.", a-t-elle lancé, estimant que "le peuple français n'est plus maître chez lui". 

Avant de saluer, comme elle l'a déjà fait par le passé, le "Brexit" britannique. "Nous avons hâte, nous aussi, de reprendre notre liberté", a explicité la candidate, en référence à sa proposition de lancer un référendum sur la sortie de la France de l'Union européenne. Marine Le Pen est allée plus loin, évoquant implicitement son souhait de faire sortir la France de l'euro, un sujet qui divise toujours certains responsables du Front national en raison de ses conséquences possibles sur l'économie.

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    Le protectionnisme contre la mondialisation

    Autre thème récurrent de Marine Le Pen : le protectionnisme, pas seulement contre l'Union européenne, mais plus largement contre l'économie mondiale et en particulier les États-Unis. Évoquant "la longue liste de nos entreprises qui passent sous pavillon étranger", ainsi que l'annonce récente de la fermeture d'un site d'Alstom, la présidente du FN a défendu le principe de la défense des intérêts économiques nationaux. 

    "J'engagerai la France auprès des Nations-Unies pour le renouvellement des accords de la Havane", a-t-elle notamment assuré, en référence à cette charte de 1948, non ratifiée par les États-Unis, qui prévoyait la création d'une Organisation internationale du commerce sous l'égide de l'ONU. Elle propose également de compléter la Déclaration universelle des droits de l'homme en ajoutant, notamment, le droit des peuples "à disposer de leurs ressources" et le droit "à l'intégrité morale et culturelle". 

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      En croisade contre "la religion immigrationniste"

      Pour lancer sa campagne, Marine Le Pen s'est enfin lancée dans une diatribe contre le "multiculturalisme" et la "religion immigrationniste, une insulte à la personne humaine", qu'elle voudrait faire de la France "un pays que nous ne reconnaîtrons plus, qui sera devenu étranger". "Nos codes et nos mœurs ne sont plus les nôtres", a-t-elle également accusé, estimant, là encore, que "l'immigration massive et le communautarisme sont les enfants de l'Union européenne" et décrivant un pays où "le droit des femmes s'efface derrière les victoires du fondamentalisme". 

      Si Marine Le Pen n'a détaillé aucun programme à l'occasion de cette mise en jambe, elle a bien donné le ton de sa campagne pour 2017.

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