A Lille, Martine Aubry au centre du jeu

A Lille, Martine Aubry au centre du jeu

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES 2017
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ELECTIONS – En attendant le second tour de dimanche, plusieurs enjeux se profilent pour la ville de Lille. Le taux de participation, l’ancrage du FN dans l’opposition, les accords à gauche ou encore le poids politique du PS à Lille métropole.

La gauche serre les rangs
Martine Aubry (34,86 %) rappelle que le rapport entre la gauche et la droite est de 60/40 à Lille. Forte de ses 11 %, Lise Daleux (EELV) était en mesure de se présenter au second tour. Au lieu de cela, les Verts ont commencé à négocier ce lundi avec les socialistes, autour d’un contrat de gestion comportant notamment des revendications sur la gouvernance interne ou sur la mobilité. Ils réclament un tiers des places de la gauche au conseil municipal. De son côté, le score modeste du Front de gauche (6,17 %) emmené par Hugo Vandamme va lui permettre de fusionner au second tour avec Martine Aubry, mais sans avoir un poids politique déterminant.

A qui profitera l’abstention ?
Avec un score record de 52,56 %, l’abstention aura un rôle important à jouer pour ce second tour. Martine Aubry a déjà lancé un appel à la mobilisation des électeurs et Jean-René Lecerf affirme de son côté qu’il y possède un "réservoir de voix". "L’enjeu du taux de participation est important, car il peut faire évoluer les résultats, rappelle à metronews Pierre Mathiot, directeur de Sciences Po Lille. Il sera intéressant de voir si Martine Aubry franchit ou non la barre symbolique des 50 %."

Le FN s’ancre dans l’opposition
Le Front national fait son retour dans le paysage politique lillois. Avec son score de 17,15 %, il est largement au-dessus des élections de 1995 et 2001 (autour de 11 %) et a triplé son score de 2008. "Pour appréhender son poids à Lille, il faudra observer l’écart entre le FN et l’UMP-UDI, qui est six points au premier tour, analyse Pierre Mathiot. Si le FN augmente un peu son score, il peut espérer 5 ou 6 sièges au conseil municipal."

Le rapport de force bouge à la métropole
Le PS conservera-t-il les mêmes marges de manœuvre à la communauté urbaine ? A Tourcoing, le maire-sortant (PS, 39,25 %) participera à une triangulaire serrée avec l’UMP (37,69 %) et le FN (17,52 %). A Roubaix, c’est l’UMP qui est en tête d’un point (21 %) face au maire-sortant (PS) qui possède une importante réserve de voix, et un FN en embuscade (19,31 %). Le résultat d’Halluin est aussi incertain. "Le second tour permettra de savoir si le rapport de force de Martine Aubry est maintenu en sa faveur ou si elle devra négocier notamment avec les maires indépendants des petites villes", note Pierre Mathiot.
 

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