A Montpellier, la guerre à gauche aura bien lieu

A Montpellier, la guerre à gauche aura bien lieu

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MUNICIPALES - C’est une curiosité montpelliéraine que cette gauche éparpillée. Outre la liste PS-EELV, le Front de Gauche fait cavalier seul, sans Lutte Ouvrière, ni le NPA, ni le Parti ouvrier indépendant

On ne parle que du cas du dissident socialiste Philippe Saurel depuis le début de la campagne à Montpellier, mais le reste de la gauche locale est un nid de dissidents. Après avoir dénoncé "la mascarade" de la primaire interne militante, Philippe Saurel est donc parti seul à l’aventure avec une équipe de DVG-centre, ce qui lui a valu d’exclu du PS. Le candidat refuserait depuis c es derniers jours de se rapprocher de Jean-Pierre Moure, tête de liste PS-EELV avant le premier tour. "Aucune soumission" répète t-il. Avec 20% d’intentions de vote lors du dernier sondage Ifop, Saurel affole Paris.

Solferino tenterait de le faire changer d’avis. Une démarche du bureau national du PS qui a peur de perdre la huitième ville de France qui agacerait même le candidat Moure. Pourtant, le candidat du PS-EELV ne bénéficiera pas dimanche d’un plein réservoir de voix de la gauche, très –trop ?- éparpillée. Ce handicap sera-t-il surmonté au second tour ? Une certitude, la gauche est complètement éclatée.

Pas d’unité

Le Front de Gauche fait cavalier seul, ce qui a fait tiquer dans les rangs socialistes. Son leader national Jean-Luc Mélenchon a voulu faire de Montpellier "une vitrine" du parti et c’est Muriel Ressiguier, 36 ans qui a été l’heureuse élue pour conduite la liste, sans vraiment encore d’expérience politique. Elle est devenue une active militante du Front de Gauche depuis à peine février 2012, "après avoir été éblouie par Jean-Luc Mélenchon lors de son meeting des présidentielles au Zénith de Montpellier. Je suis montée à Paris quand Mélenchon a investi la Bastille".

Celle dont le père milite au Parti Communiste Français (PCF) s’est rapidement investie dans l’équipe montpelliéraine, au point d’être propulsée tête de la liste du Front de Gauche. Assistante à la direction régionale du service médical du Languedoc-Roussillon, cette jeune femme énergique, combattante et qui veut garder un esprit critique s’est mise en disponibilité pour pouvoir séduire les électeurs qui ne sont pas convaincus par le choix de Jean-Pierre Moure.

Mais, Muriel Ressiguier n’a pas réussi un coup de maître pour son départ en politique, car elle a été incapable de faire l’unité autour du Front de Gauche.Si la base du PCF "roule" pour elle, les partis satellitaires Lutte Ouvrière, le NPA et le Parti ouvrier indépendant alignent chacun une liste au premier tour. Ce qui fait un peu désordre.

Anti-Moure

Dans son programme, Muriel Ressiguier veut aider les populations défavorisées en offrant de véritables services utiles à améliorer leur quotidien, augmenter fortement le nombre de logements sociaux, améliorer l’accès aux transports publics, offrir des zones vertes grâce à des réalisations écologiques.

La tête de liste du Front de Gauche ne veut pas entendre parler de projets coûteux en ces temps de crise, comme le quartier urbain d’Oz qui va sortir de terre à la périphérie sud de Montpellier, entre doublement de l’autoroute et l’aéroport international, où des résidences, des bâtiments commerciaux et un pôle d’affaires vont s’étendre sur 350 hectares autour de la nouvelle gare TGV.Une grosse pique, car c’est le candidat Jean-Pierre Moure, président de l’Agglo qui porte le projet. La jeune Muriel sait faire du "Méluche" !

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