A Montreuil, les projets s'opposent moins que les candidats

A Montreuil, les projets s'opposent moins que les candidats

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES 2017
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POLITIQUE - À l'occasion des élections municipales, les étudiants du Celsa scrutent pour metronews le programme des candidats d'une dizaine de villes d'Île-de-France. Aujourd'hui, focus sur Montreuil (Seine-Saint-Denis).
Avec 8 listes sur 9 au total, les partis de gauche se livrent une compétition sans merci à Montreuil. Une "guerre des gauches" qui prend le plus souvent la forme d'une "guerre d'egos". Car, sur le papier, les programmes des différents candidats à la mairie de Montreuil se révèlent étonnamment proches*.
 
> Sécurité : Hammadi demande la ZSP, Brard veut une police montée
Montreuil est la deuxième plus grande ville de Seine-Saint-Denis (93), un département où le taux de criminalité est particulièrement élevé. La sécurité est donc un thème fort de cette campagne, y compris à gauche. Là où tous les candidats souhaitent renforcer la police municipale et améliorer sa coordination avec la police nationale, d'autres vont plus loin.
 
Ainsi, Mouna Viprey (dissidente PS) et Jean-Pierre Brard (apparenté communiste), proposent de développer le réseau de médiateurs - de jour et de nuit - dans les quartiers sensibles de la ville. Ce dernier aimerait également rétablir la police à cheval, supprimée en 2008, notamment pour surveiller les parcs.
 
Patrice Bessac (FDG) et Ibrahim Dufriche (EELV) mettent l'accent sur l'extension du réseau de vidéosurveillance, qui vient de voir le jour à Montreuil dans la rue du Capitaine Dreyfus. Enfin, Razzy Hammadi (PS) demande le classement de Montreuil en Zone de sécurité prioritaire (ZSP).
 
> Logement : à qui construira le plus
Sur la question du logement, tous affichent une forme de volontarisme. Razzy Hammadi (PS), par exemple, entend construire 4.000 nouveaux logements pendant son éventuel mandat, quand Mouna Viprey (dissidente PS) en promet 3.000  (dont 25 à 30% de logements sociaux).
 
Jean-Pierre Brard (apparenté communiste) a pour objectif de promouvoir l’accès à la propriété à prix coûtant, et Aline Cottereau (NPA) de réquisitionner des bureaux vides pour les transformer en logements. L'ensemble des candidats s'accordent sur la nécessité de réhabiliter les logements sociaux de la ville.
 
> Emploi : un mandat pour séduire les entreprises
Dans l'ensemble, les candidats à la mairie de Montreuil souhaitent dynamiser l'économie montreuilloise en adoptant des politiques locales incitatives. Le plus ambitieux de tous : Jean-Pierre Brard. L'ex-maire de Montreuil annnonce 10.000 nouveaux emplois en six ans, dont 2 000 par la création d’un "laboratoire du numérique" de 25.000 m2 axé sur "la recherche fondamentale, la formation et l’application industrielle".
 
Mouna Viprey aimerait voir la mairie se doter de chargés de mission dédiés à l'attractivité de la Ville auprès des entreprises. Razzy Hammadi propose, lui, de créer 300 emplois d'avenir (emplois subventionnés à destination des 16-25 ans) d'ici 2015. Autre stratégie : le développement de l'économie sociale et solidaire devrait permettre de créer 1.000 emplois, selon Patrice Bessac (FDG).
 
> Cadre de vie : tous pour davantage de transports à Montreuil
Sur le transport, tous les candidats partagent des idées similaires. Ils défendent d'une seule voix le développement du réseau de navettes inter-quartiers, le prolongement du T1 et et de la ligne 11 du métro (déjà actés par le Syndicat des transports d'Ile-de-France), le rattachement de toute la ville à la zone 2 de la RATP ou encore l'arrivée d'Autolib'.
 
Razzy Hammadi  promet aussi d'engager un plan de rattrapage pour la rénovation des bâtiments scolaires, de même qu'un plan de rénovation pour les cinq centres municipaux de santé. 
 
Jean-Pierre Brard souhaite, lui, engager la ville sur la voie du "zéro déchets" en développant les écofilières. A la droite de l'échiquier politique montreuillois, Manon Laporte (UMP) voudrait créer un chèque culture et sport pour chaque enfant en âge d’effectuer une activité, et valable dans n’importe quelle association de la ville. Enfin Aline Cottereau (NPA), prône le retour à la régie publique de l'eau, actuellement gérée par le Syndicat des Eaux D'Île de France (SEDIF) qui en sous-traite la distribution à Véolia.
 
> Fiscalité : pas d'augmentation des impôts
C'est sans doute sur ce point que les candidats tombent le plus d'accord : tous s'engagent à ne pas alourdir les impôts locaux. Manon Laporte (UMP) s'est même engagée à réduire le montant de la taxe d’habitation pour les familles nombreuses. Patrice Bessac (Front de Gauche) reste, lui, plus prudent. Le candidat précise en effet qu'il n'augmentera pas les impôts "au-delà de l'inflation".
 
Il annonce toutefois qu'il nommera un représentant de l’opposition à la tête de la commission des finances de la ville, et qu'il compte réaliser quatre millions d'euros d'économies en regroupant les services municipaux en un seul bâtiment.
 
 
* La candidate de Lutte Ouvrière, Aurélie Jochaud, n'a pas été en mesure de nous fournir un programme pour la ville.

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