A Poissy, l'avenir de PSA Peugeot Citroën s'invite dans les élections

A Poissy, l'avenir de PSA Peugeot Citroën s'invite dans les élections

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES 2017
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MUNICIPALES 2014 – A Poissy (Yvelines) – plus de 37.000 habitants –, les menaces sur l'emploi à l'usine PSA, employeur historique de la commune, sont devenues un thème de campagne pour la droite, évincée en 2008. Le maire socialiste assure avoir œuvré pour le maintien du site et s'appuie sur les promesses de la direction du groupe.

Poissy et cette image de "ville de l'automobile" qui lui colle à la peau. Nombre de familles de cette commune des Yvelines ont en mémoire les Trente glorieuses, époque où la moitié de la population travaillait au centre de production Chrysler, devenu PSA Peugeot Citroën à la fin des années 1970. A commencer par le candidat de la droite, Karl Olive , journaliste sportif de 45 ans, qui rêve de reprendre au PS cette commune de 37.000 habitants perdue de justesse par l'UMP en 2008. Ce dernier raconte volontiers avoir grandi dans une famille nombreuse au sein d'un quartier populaire "construit par Simca en 1955", et dont "quatre frères ont été scolarisés à l'école Simca-Chrysler". Il en a fait un thème prioritaire de sa campagne. Pourquoi ?

A quelques jours du premier tour des élections municipales, 683 intérimaires travaillant sur le site de PSA vont se retrouver au chômage. La direction du groupe a en effet confirmé en février sa volonté de réduire la voilure en ne conservant qu'une seule des deux lignes de production, passant ainsi en "monoflux". En clair, la production de la 208 est délocalisée en Slovaquie, l'usine de Poissy ne devant conserver à terme qu'un modèle "haut de gamme".

"48% de la population impactée"

L'enjeu électoral est évident. Si la commune de Poissy ne compte que 400 emplois directs chez PSA sur les quelque 9.000 salariés, "48% de la population est indirectement impactée" par l'usine, assure Karl Olive, pour qui il existe toujours "un lien très fort" entre les habitants et le site automobile. Le candidat de la droite, qui compte sur sa liste un ancien syndicaliste de l'usine, n'a de cesse d'attaquer sur ce thème. Accusant le maire socialiste, Frédérik Bernard, de sous-estimer le sujet, et reprochant au passage à la municipalité de s'équiper en véhicules utilitaires "de marque étrangère" en lieu et place de Peugeot.

Toutefois, la droite refuse de se montrer catastrophiste. Au contraire. "L'entreprise a décidé de prendre un virage et les nouvelles ne sont pas si mauvaises, estime Karl Olive, qui se dit proactif sur le sujet avec le député de la circonscription, David Douillet, auprès de la direction de PSA. Nous devons accompagner les intérimaires en matière de formation."

"Débat des années 1970"

En face, le maire PS vitupère contre la "récupération" du sujet par la droite. "Mes opposants veulent faire de PSA un sujet central. Il faut s'extraire de ce débat des années 1970 et considérer d'autres aspects du développement économique de Poissy", réagit Frédérik Bernard , qui assure pour autant avoir œuvré "depuis longtemps" en faveur du maintien du site à Poissy. Le candidat socialiste, à l'instar de son challenger, se félicite que PSA envisage d'investir 173 millions d'euros pour moderniser l'usine et augmenter son niveau de production de 240.000 à 270.000 unités par an.

"Pas inquiet" pour l'avenir des salariés permanents, il reconnaît en revanche être "beaucoup plus inquiet" pour les intérimaires qui seront mis au chômage en mars. "Un élu local a peu de marges pour commenter les décisions d'un groupe industriel", admet l'élu. A Poissy, les candidats voient bien sûr d'un bon œil l'annonce récente de l'entrée de deux actionnaires dans le capital du groupe, le constructeur chinois Dongfeng et l'Etat français lui-même , des choix décisifs pour le maintien du site dans les Yvelines.

Scénario catastrophe

Mais les propos rassurants des élus ne satisfont pas les syndicats, qui brandissent la menace d'un scénario catastrophe similaire à celui de PSA à Aulnay et de ses 3.000 salariés fin 2013. "Ils prennent le même chemin que les élus d'Aulnay en croyant à toutes les promesses de la direction de PSA, accuse Jean-Pierre Mercier, délégué CGT chez PSA. En réalité, le maire de Poissy évite soigneusement le sujet de l'emploi. Avec le démontage complet d'une ligne de production en janvier 2015, on ne pas nous faire croire que les 5.800 CDI seront maintenus sur le site. On s'attend à ce que la direction annonce une nouvelle charrette." Pourvu que soit… Après les élections.

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