A Strasbourg, l'UMP Fabienne Keller veut sa revanche

A Strasbourg, l'UMP Fabienne Keller veut sa revanche

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES 2017
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LA CANDIDATE DU JOUR - Fabienne Keller repart dans la bataille pour la mairie de Strasbourg. Après sa défaite en 2008, la sénatrice souhaite changer son image auprès des Strasbourgeois et récupérer les clés de la ville.

On ne peut pas être et avoir été. Fabienne Keller, candidate UMP à la mairie de Strasbourg, veut faire mentir l’adage. Maire de la ville entre 2001 et 2008, battue sans ménagement avec 42 % des suffrages au deuxième tour par le socialiste Roland Ries , la polytechnicienne de 54 ans repart au combat sur le mode "je reviens mais j’ai beaucoup changé" consciente du rejet dont elle a été l’objet en 2008. Jugée trop techno, trop cassante, trop autoritaire... "Pas assez gentille ? Pas assez douce ? On dit d’un homme qu’il a de l’autorité, mais d’une femme forcément qu’elle est autoritaire" constate Fabienne Keller, grand-mère depuis peu.

Elle dit sa souffrance au lendemain de sa défaite et ses promenades en ville, tête baissée, sachant que parmi les personnes croisées, statistiquement plus de l’une sur d’eux ne voulait plus d’elle. La défaite a été pour elle une longue cure d’humilité. Jugée trop distante, elle joue à fond la carte de la proximité. Sa plaquette de campagne en dresse l’inventaire : plus de 3000 prises de contact, 7 300 contributions sur le Web, 170 commerçants rencontrés et 1700 parents consultés pour les nouveaux rythmes scolaires qu’elle pourfend.

Pas de ralliement de l'UDI

La personnalité a changé mais le casting politique est étrangement le même. Plus simple, mais toujours aussi déterminée, la candidate UMP retrouve Roland Ries, l’adversaire socialiste, mais aussi François Loos, UDI, issu de la même galaxie centriste qu’elle, polytechnicien comme elle et pourtant éternel concurrent. Elle l’a battu aux primaires en 2000, mais cette fois personne ne parvient à le convaincre de la rallier. Les états-majors parisiens enragent, conscients que la division est synonyme de défaite assurée.

Le paradoxe de la campagne de Fabienne Keller est qu’elle ne peut se livrer qu’avec prudence au dézingage du bilan de Roland Ries. Le sien est encore à portée de mémoire. Ce qu’ont parfaitement compris les conseillers du maire sortant. Ainsi Alain Fontanel, promis à être premier adjoint de ce dernier en cas de victoire, attaque frontalement Fabienne Keller sous cet angle. "Elle [la candidate UMP] promettait la stabilité fiscale, or elle a augmenté les impôts en 2002,2003 et 2004 ! Où est la crédibilité ?" martèle-t-il. En dépit de sondages qui la donnent perdante au second tour, Fabienne Keller affiche l’assurance de celle qui en a vu d’autres.

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