A Vénissieux, l'extrême droite dissoute renaît aux municipales

A Vénissieux, l'extrême droite dissoute renaît aux municipales

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES 2017
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ELECTIONS - "Vénissieux fait front", liste d'extrême droite radicale, a récolté dimanche dernier les voix nécessaires pour se maintenir au second des municipales dans la ville du Rhône. A sa tête se trouvent pourtant Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac, qui l'été dernier avaient été contraints par le ministère de l'Intérieur à dissoudre leurs associations.

"Contre la dictature socialo-communiste, glissez une quenelle dans l'urne". Le slogan de Vénissieux fait front , liste d'extrême droite radicale, est aussi explicite que polémique. Il a néanmoins permis de séduire 11,5% des électeurs de la ville du Rhône dimanche dernier, assez pour se maintenir au second tour. Etonnant, à la lecture des noms de ses deux têtes de liste : Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac...

Tous deux étaient en effet il y a moins d'un an les dirigeants de l’Œuvre française et de Jeunesses nationalistes. Deux groupuscules de l’extrême droite radicale dissous à l’été 2013 par arrêté du ministère de l'Intérieur. Le Conseil d'Etat leur a ensuite interdit de constituer une nouvelle association ou parti politique ayant le même objet. Comment ont-ils donc pu présenter une liste validée par la préfecture ?

Une liste "semblable à Œuvre française"

L'astuce était simple. Pour que la justice ne puisse pas intervenir, les deux militants se sont d'abord attaché à recruter de nouvelles personnes. Surtout, Vénissieux fait front n'est pas constituée en parti politique, et ne comporte donc pas d'objet inscrit obligatoirement au Journal officiel. Mais au fond, le message de ses représentants reste le même. Les réseaux sociaux associés à leurs sites internet (Jeunesses nationalistes et Œuvre française), qui existent toujours, ne cessent d'ailleurs de promouvoir leur candidature. Et Yvan Benedetti reconnaît lui-même, auprès de metronews, que l'objet de sa liste est "semblable à celui d’Œuvre française". "Nous nous inscrivons dans le même combat nationaliste mais avec des spécificités locales", précise-t-il. 

Egalement joint par metronews, Alexandre Gabriac développe ces "spécificités". "Nous prônons la préférence nationale assumée, la lutte contre le mariage homosexuel et contre la théorie du genre", explique le jeune conseiller régional. Déjà épinglé après la diffusion d'un cliché le montrant faire un salut nazi , il continue d'ailleurs de revendiquer sa provocation : "Je fais ce salut et je pourrais le refaire car c'est un geste qui a toujours existé". Avant d'ajouter, dans une veine similaire : "Et si je dois faire une quenelle devant l'Hôtel de Ville, je le ferai". Vénissieux fait front ou l'hydre de l'extrême droite la plus radicale.

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