Abstention, poussée de la droite : les enseignements des élections à Nantes

Abstention, poussée de la droite : les enseignements des élections à Nantes

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MUNICIPALES – Johanna Rolland, a remporté l’élection avec 56, 21% des voix, un des plus fort score de la gauche dans une grande ville française au second tour. Mais l’abstention reste élevée et la droite se fait sa place.

Une abstention plus élevée que jamais. A Nantes dimanche soir, 46,18 % des électeurs ne se sont pas déplacés pour voter, contre 45, 50 % au premier tour, et 44, 86 % en 2008. Cette moyenne, qui dépasse largement le taux national (36 %), atteint même des pics dans les quartiers populaires : 49,28% d’abstention aux Dervallières, 50,76 % à Nantes-Nord. La nouvelle élue, Johanna Rolland, n’a pas voulu commenter le chiffre préférant savourer sa "nette victoire" et évoquer une "fantastique campagne de terrain". Mais elle redit ses promesses de "changement de gouvernance" et de "renouvellement des pratiques politiques" pour remobiliser.

Quid de l’union PS-EELV à Nantes ? Johanna Rolland dit avoir gagné "grâce au rassemblement de la gauche" : "C’est cela, l’ADN nantais. Nantes est une ville de tolérance et de dialogue", a-t-elle estimé dimanche soir. Mais si les deux parties ont acté entre les deux tours leur "constat de désaccord" sur l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, le ton que va prendre leur "partenariat" reste flou. "On va faire bouger les choses", estime un militant EELV, dont le parti obtient 9 sièges au conseil municipal (contre 10 pour les Verts en 2008). Pour lui, "ce ne sera pas une union fragile, mais une vraie collaboration, dans laquelle les Verts et leur travail seront plus visibles". A droite, Guillaume Richard, colistier de Laurence Garnier, reste sceptique : "Personne ne sait sur quoi l’union du PS et d’EELV s’est faite. Ils ne seront d’accords sur aucun dossier. Car même Notre-Dame-des-Landes est lié à l’emploi, l’écologie." 


Une poussée de la droite. Au conseil municipal de Nantes, la droite grappille quelques postes d’élus, avec 14 sièges obtenus, contre 12 en 2008. Plusieurs villes de l'agglomération tombent toutefois dans l’escarcelle de la droite : après Sainte-Luce au premier tour, Thouaré-sur-Loire et Le Pellerin basculent. Le PS conserve ses fiefs : Rezé, Saint-Herblain, Bouguenais, ou La Chapelle-Sur-Erdre. La Ville de Nantes ayant la présidence de la métropole et le plus important nombre de sièges (48), le rapport de force ne change pas au sein du conseil communautaire. Mais les lignes bougent. L’opposition nantaise obtient ainsi 10 sièges, contre 7 en 2008. Mais au final, sur les 97 sièges de Nantes métropole, 67 seront pour la Gauche, et 30 pour la Droite. Soit "une majorité de gauche très solide", précise Nantes métropole dans un communiqué.

Au niveau du département, le PS prend Préfailles, mais perd Donges, La Turballe, Vigneux, Sucé-sur-Erdre Blain, Vallet ou encore Clisson. Au final, la droite s’implante désormais dans le Nord du département, le vignoble et le Pays de Retz, raflant 97 communes sur 221, contre 50 en 2008.

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