Accusé de collusion avec Steve Bannon, le RN veut porter plainte pour diffamation

ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019
RIPOSTE - Suspecté par des parlementaires de collusion avec l'ancien stratège du président américain Donald Trump, le Rassemblement national veut porter plainte. Marine Le Pen a dénoncé une "manœuvre politicienne", assurant qu'il n'y avait "aucun financement américain organisé par Steve Bannon pour le Rassemblement national".

Le Rassemblement national a annoncé dimanche 12 mai son intention de porter "plainte en diffamation et en dénonciation calomnieuse dans les prochains jours", alors que plusieurs députés et sénateurs ont demandé une commission d'enquête parlementaire sur les liens entre le parti de Marine Le Pen et Steve Bannon, l'ancien stratège de Donald Trump.


Les sénateurs Rachid Temal (PS) et Nathalie Goulet (UDI), ainsi que les députés Jean-Michel Mis (LaREM), Vincent Ledoux (Agir) et Bertrand Pancher (Libertés et Territoires), contactés par l'AFP, ont confirmé avoir répondu à l'appel de l'ancien député et ministre sarkozyste Frédéric Lefebvre, allié à la majorité présidentielle via le parti de centre-droit Agir. Tous demandent la constitution d'une commission d'enquête sur les liens entre le RN et Bannon après la diffusion, jeudi 9 mai, d'un reportage d'Envoyé spécial dans lequel on voit, notamment, les dirigeants RN Louis Aliot et Jérôme Rivière proposer à Steve Bannon d'assister à des réunions régulières entre Marine Le Pen et des hauts fonctionnaires français. La séquence obtenue par France 2 est tirée de rushs non utilisés par la documentariste américaine Alison Klayman, auteure d'un film sur Steve Bannon.

Invitée à réagir, Marine Le Pen a dénoncé auprès de l'AFP "une pauvre petite manœuvre politicienne et électoraliste d'un mouvement qui est en train de perdre la première place dans les sondages", désignant ainsi LaREM, avec qui le RN est au  coude-à-coude en tête des intentions de vote aux élections européennes du 26 mai prochain. "Il n'y a strictement rien à nous reprocher", a-t-elle fustigé, expliquant que le groupe évoqué dans le reportage est celui des Horaces, un collectif de hauts fonctionnaires, chefs d'entreprise et anciens membres de cabinets ministériels qui conseillent anonymement le RN. Confirmant l'invitation à les rencontrer lancée à Steve Bannon, elle a indiqué que cette rencontre n'avait pas eu lieu.

Il n'y a aucun financement organisé par Steve Bannon pour le Rassemblement nationalMarine LE PEN, sur BFMTV

Une autre séquence tirée d'une réunion à Londres entre l'ancien stratège de Donald Trump, Aliot et Rivière montre le polémiste américain évoquer les besoins financiers du RN. Selon Marine Le Pen, "Bannon a proposé ses services pour tenter de trouver une banque européenne pour trouver un prêt (...) ce qu'il n'a d'ailleurs pas réussi à faire". "Il n'y a aucun financement américain organisé par Steve Bannon pour le Rassemblement national", a-t-elle précisé plus tard sur BFMTV, en rappelant que les financements de partis politiques issus de banques extérieures à l'UE étaient interdits par la loi : "En revanche, Steve Bannon est de très bon conseil pour faire des levées de fonds, qui sont nécessaires auprès des Français".

Dans un communiqué, le parti de Marine Le Pen a indiqué que "malgré le caractère tout à fait invraisemblable des accusations (...), le Rassemblement national ne peut pas laisser passer les élucubrations de MM. Lefebvre, Mis et Temal." "On ne peut imputer impunément au premier parti de France de commettre ces infractions", conclut le RN, en référence aux accusations du député LR Frédéric Lefebvre qui parle d'"intelligence avec une puissance étrangère avec la complicité de hauts fonctionnaires". Contacté dimanche après-midi par Le HuffPost, Frédéric Lefebvre s'est indigné de la future plainte du Rassemblement national.

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