La droite républicaine divisée à propos du rassemblement de dimanche au Trocadéro

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES 2017
RUPTURES - Alors que François Fillon a exhorté ses militants à se déplacer en nombre sur l'esplanade du Trocadéro ce dimanche à Paris, le rassemblement organisé pour le soutenir ne fait pas l'unanimité dans son camp. Beaucoup de ses anciens soutiens mettent d'ailleurs cet argument en avant pour prendre leurs distances.

Ce dimanche sur l'esplanade du Trocadéro à Paris, les fidèles de François Fillon sont invités à manifester massivement leur soutien au candidat. "Ne vous laissez pas faire, ne laissez personne vous priver de votre choix, je vous demande de résister. Je vous attends nombreux, très nombreux, pour montrer aux yeux de tous ce qu’est la volonté populaire des militants de la France" a déclaré le candidat ce vendredi dans un message vidéo posté sur Twitter. 


Mais, présenté en premier lieu par Valeurs actuelles comme une manifestation "contre les juges", ce rendez-vous, auquel s’est associé 'Sens commun' (émanation de la 'Manif pour Tous'), a précipité les défections autour du candidat, qui a donné l’impression de se rapprocher de la base conservatrice et catholique du parti.

Estrosi : " Je ne veux pas que les idées portées par notre famille politique soient dévoyées"

Ainsi, Virginie Calmels, première adjointe d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux, a annoncé sa prise de distance avec François Fillon en expliquant qu'il "n’est plus le candidat du rassemblement". "La manifestation de dimanche, organisée en réalité par les équipes de 'Sens commun', ne peut que risquer de confirmer cet état de fait, voire entraîner des réactions qui conduiront à des débordements." Christian Estrosi a mis en avant les mêmes arguments pour demander à François Fillon d'annuler cette manifestation. "Il apparaît clairement que 'La Manif pour Tous' et 'Sens commun' sont en première ligne dans l’organisation de cette manifestation, et cela me gêne." "A l’heure où je me bats de toutes mes forces contre le Front national, je ne veux pas que les idées portées par notre famille politique soient dévoyées", a déclaré le président de la région PACA au quotidien Nice-Matin.

Jean-Frédéric Poisson : "On ne fait pas campagne contre les juges"

Jean-Frédéric Poisson, ancien candidat à la primaire de la droite, a désapprouvé le motif initial du rassemblement. "On ne fait pas campagne contre les juges" a-t-il dit jeudi sur Sud Radio. Philippe Gosselin, député de la Manche et pourtant proche, comme le président du Parti chrétien-démocrate, des réseaux de la Manif pour tous, a déclaré : "Je n'irai pas au Trocadéro m'associer à une forme de manifestation contre les juges et la justice. Ce sont des institutions nécessaires à l'Etat de droit […] Méfions-nous d'instrumentaliser et de chauffer à blanc un public." Franck Riester, député de Seine-et-Marne, estime que "ce n'est pas en faisant venir des cars qu'on va changer le destin du pays".

D'autres, comme les élus UDI, mettent en avant les risques de débordements possibles. Nadine Morano a jugé cet appel à la manifestation "irresponsable" et Jean-François Copé n'en approuve "pas le mot d'ordre".

Certains poids lourds du parti et soutiens de François Fillon, même s'ils n'ont pas communiqué à ce sujet, ne seront pas présents au Trocadéro ce dimanche, à l'instar de Gérard Larcher et Nathalie Kosciusko-Morizet. 

En vidéo

"Avec lui je sais où va la France" : Florence Portelli, porte-parole de François Fillon, continue de le soutenir

Tout savoir sur

Tout savoir sur

L'affaire Penelope Fillon

Plus d'articles

Lire et commenter