Le Syndicat national des journalistes demande à François Fillon de "se ressaisir"

Le Syndicat national des journalistes demande à François Fillon de "se ressaisir"

CLASH - Embourbé dans plusieurs affaires, François Fillon accuse la presse française d’acharnement médiatique. Une défense qui ne passe pas auprès du Syndicat national des journalistes (SNJ). La première organisation de la profession demande au candidat LR et à ses soutiens de "se ressaisir" et de "faire cesser ce ‘spectacle’ indigne d'une démocratie".

"Halte au feu Monsieur Fillon", demande le Syndicat National des journalistes. "Ces derniers jours,  (le candidat Les Républicains) et les principaux responsables de sa campagne s’en sont pris à plusieurs reprises à la presse, rendue responsable de ses difficultés actuelles, à la suite des révélations publiées notamment par le Canard Enchaîné et France 2", remarque la première organisation de la profession, dans un communiqué de presse.  Prenant la défense "des journalistes qui ont simplement fait leur travail d'enquêteurs au service des citoyens", elle appelle "François Fillon et ses soutiens à se ressaisir et à faire cesser ce 'spectacle' indigne d'une démocratie." 

L'ancien Premier ministre ne cesse en effet de pointer du doigt l'ensemble des médias, sa principale ligne de défense dans l'affaire des soupçons d'emplois fictifs de sa femme consistant à se dire victime d'un "lynchage médiatique". Lors de sa conférence lundi dernier, le candidat LR a estimé que la presse se montrait "violente" à son égard et qu'il ne "laisserait pas le tribunal médiatique le juger". Un terme réutilisé à plusieurs reprises : dans une interview au Journal du dimanche ou encore lors d'une réunion publique à Poitiers jeudi dernier. La formule plaît également à ses lieutenants qui n'hésite pas en user, mais elle n'est pas la seule utilisée. François Fillon estime également que la presse souhaite l"assassiner politiquement". 

Ses attaques peuvent aussi être plus personnelles. Il accuse notamment les journalistes d'Envoyé Spécial d'avoir utilisé une "ancienne" interview de sa femme, "sortie de son contexte" et qui déformerait de fait la réalité. Une attaque rapidement contrée par les journalistes de l'émission, qui ont mis à disposition l'intégralité de cette interview.

Toute l'info sur

L'affaire Penelope Fillon

Lire aussi

La vieille recette politicienne consistant à s'attaquer au messager pour détourner l'attention a toujours eu ses adeptes.- Le Syndicat national des journalistes

Le SNJ souligne que "la vieille recette politicienne consistant à s'attaquer au messager pour détourner l'attention" n'est pas nouvelle, mis elle s'inquiète de la violence des propos. Elle rappelle comment Jean-Pierre Raffarin a laissé les sympathisants de François Fillon siffler et huer copieusement les journalistes présents lors du meeting de Poitiers. "Désigner (...) à la vindicte des militants les journalistes présents dans la salle pour couvrir l’événement" n'est pas tolérable selon l'organisation, qui n'hésite pas à faire un parallèle avec la communication de Donald Trump. 

Durant la campagne présidentielle, le New-Yorkais n'a cessé de mettre en avant la "malhonnêté" des médias et depuis son élection, ses relations avec la presse restent très tendues. Donald Trump a ainsi taxé "de fausses informations" des propos diffusés sur la chaîne CNN ou dans des articles du New York Times. Son conseiller spécial, Stephen Bannon, considère de son côté que "les médias devraient fermer leur bouche et écouter un peu".

En vidéo

Jean-Pierre Raffarin fait siffler les journalistes au meeting de Fillon

Un appel au calme pour éviter "un grave accident"

Prendre un tel virage n'est pas sans conséquence, souligne le SNJ.  "La récente campagne électorale aux États-Unis (...) a démontré que les violences verbales du candidat et de son entourage pouvaient se traduire par des violences physiques de militants et sympathisants à l’encontre de journalistes", écrit-il. L'organisation demande donc à François Fillon de cesser ces attaques infondées "avant que ne survienne un grave incident dont ils porteraient alors l’entière responsabilité. Leur responsabilité ne serait pas moins grande que celle des incendiaires des cars régies de RTL et Europe 1, hier soir à Bobigny", conclut-elle. Il en est de la survie de la presse indépendante.

Lire aussi

En vidéo

Les militants et les soutiens pro-Fillon allument les médias

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Covid-19 : le nombre de patients hospitalisés repasse au-dessus de la barre des 7000

Renvoi du Premier ministre, accusation de "coup d'État", manifestations... Que se passe-t-il en Tunisie ?

Covid-19 : face à l'explosion des cas, la Haute-Corse prend de nouvelles mesures restrictives

EN DIRECT - L'Algérie supprime la quarantaine pour les voyageurs malgré un pic de cas de Covid-19

Pass sanitaire, terrasses, obligation vaccinale... Ce que prévoit le projet de loi adopté par le Parlement

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.