Affaire Fillon : plan "Attaque" et théorie du complot, le candidat remobilise ses troupes

MISE AU POINT - Devant les parlementaires de son parti réunis ce mardi matin à son QG, François Fillon a admis s'être fourvoyé en espérant compter sur une procédure judiciaire rapide. Il a rappelé qu'il ne comptait pas renoncer à l'élection présidentielle, et qu'il n'y aurait pas de plan B.

Ce mardi en fin de matinée, François Fillon a réuni les parlementaires LR à son quartier général du XVe arrondissement de Paris. Il les a remerciés pour leur "soutien sans faille" ces dernières heures, et a même expliqué ne pas en vouloir à ceux qui avaient douté. Il leur a aussi avoué avoir "compris", même s'il a toujours respecté la loi, que "ces pratiques ne sont plus acceptées par les Français". Ce qu'il faut retenir de son discours tient en quatre points :

"Jeté en pâture aux chiens"

Le candidat a avoué aux parlementaires avoir été "profondément déstabilisé" par ce qu'on appelle désormais "l'affaire Penelope Fillon" et a estimé que sa famille avait été traînée dans la boue. "J'ai mis du temps à retrouver ma respiration", leur a-t-il indiqué, expliquant peut-être pourquoi il avait mis autant de temps à réagir et à faire face à la situation.

Pas de plan B, il ira jusqu'au bout

François Fillon a avoué aux parlementaires avoir beaucoup réfléchi – et même avoir parlé avec Nicolas Sarkozy et Alain Juppé – avant de prendre la décision de ne pas abandonner. "Il n’y a pas de plan B, il y a juste un plan A comme Attaque". Il a expliqué ne pas vouloir décevoir les millions de votants à la primaire qui ont "certes choisi un candidat" mais "d’abord un projet de rupture qui est appelé par des millions de Français pour redresser le pays." Il publiera ce mercredi une lettre aux Français dans la presse quotidienne régionale.

François Fillon est déçu par la justice

"J'ai compris qu'il était naïf de croire que la justice serait rendue sereinement et rapidement", a déclaré François Fillon. Il a aussi réaffirmé ses doutes quant au travail du Parquet national financier (PNF). "Mes avocats viennent de démontrer qu'il n'était pas compétent pour" se saisir en 24 heures. En effet, ce dernier estime que le PNF ne peut pas contrôler la répartition de l'enveloppe allouée aux parlementaires, et qu'un parlementaire ne peut pas faire l'objet d'une incrimination pénale pour détournement de fond public.

Une campagne pour faire échouer la droite

L'ancien Premier ministre a parlé de "ficelle" et utilisé le pronom "ils" pour dénoncer ses détracteurs qui, selon lui, agissent en espérant un second tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. D'après lui, ce "calcul est criminel pour la France" et ouvrirait la voie à l'extrême-droite dans un contexte international dominé par Donald Trump et Vladimir Poutine. Une théorie du complot habituelle dans la défense filloniste, qui, lors de sa conférence de presse du 6 février, établissait comme stratégie "le retournement de l'opinion" contre les médias.

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